Danse - Poésies de la théorique
À retenir
-
Tangente présente
Dans les plis de et avec Sarah Dell'Ava; et Everything Was Beautiful And Nothing Hurt, de Dorian Nuskind-Oder, avec Rose-Marie Thériault, Ashlea Watkin et Dorian Nuskind-Oder. Au Monument-National, jusqu'au 12 février.
Tangente, avec sa série Idéodanses, met de l'avant des approches chorégraphiques plus théoriques. Étrangement, c'est la poésie, ou le désir poétique, qui émane de cette soirée partagée par les toutes jeunes chorégraphes Sarah Dell'Ava et Dorian Nuskind-Oder.
Dans les plis de Sarah Dell'Ava était de Danses Buissonnières 2010. La pièce a bien mûri depuis. Dell'Ava y est seule avec une très grande feuille blanche plissée, dont les nervures reflètent la lumière. Ce papier est partenaire, instrument de bruitage, décor ou costume évolutif. Passent, dans ce maxi-origami, des images de chrysalide, iceberg, poulpe, fantôme, alors que Dell'Ava s'accouche et s'enterre elle-même. Le geste naît d'une plongée intérieure. Mais la danseuse n'a pas encore la puissance poétique, la porosité pour rendre cette profondeur indéniable au spectateur. Le jeu de pliage-dépliage/cachée-dévoilée rend le rythme prévisible. La fin à brûle-pourpoint semble le symptôme d'une pièce pas encore achevée.
Dorion Nuskind-Oder avait épaté au même Danses Buissonnières avec No Light Thing. Elle livre cette fois le trio Everything Was Beautiful And Nothing Hurt, basé sur le déséquilibre. Demi-pointes fragiles, tête lancée jusqu'à l'étourdissement, poids constamment débalancé, solo sur talons hauts bancals: la chorégraphe alterne entre petites performances et moments dansés, le tout livré avec une vraie belle vulnérabilité par Rose-Marie Thériault, Ashlea Watkin et la chorégraphe. Nuskind-Oder a une force sûre pour composer des ambiances. Ses usages du temps, ruptures, éclairages, répétitions et variations dans le geste et la musique - un Prélude de Chopin écrasé de bruits, ici version musak, plus loin façon latine crée un leitmotiv - s'ajoutent aux images simples, très évocatrices.
Prenez ce tableau magnifique où une bande miroir en fond de scène, aqueuse, reflète la danse d'une Thériault en robe lamée. Le flou la change en poissons ou feu St-Elm, avant de révéler aussi la présence du spectateur. L'influence est cinématographique - David Lynch n'est pas loin - l'intelligence évidente, la sensibilité aussi, l'émotion au rendez-vous. La poésie émane. À voir. Et à suivre.
Dans les plis de Sarah Dell'Ava était de Danses Buissonnières 2010. La pièce a bien mûri depuis. Dell'Ava y est seule avec une très grande feuille blanche plissée, dont les nervures reflètent la lumière. Ce papier est partenaire, instrument de bruitage, décor ou costume évolutif. Passent, dans ce maxi-origami, des images de chrysalide, iceberg, poulpe, fantôme, alors que Dell'Ava s'accouche et s'enterre elle-même. Le geste naît d'une plongée intérieure. Mais la danseuse n'a pas encore la puissance poétique, la porosité pour rendre cette profondeur indéniable au spectateur. Le jeu de pliage-dépliage/cachée-dévoilée rend le rythme prévisible. La fin à brûle-pourpoint semble le symptôme d'une pièce pas encore achevée.
Dorion Nuskind-Oder avait épaté au même Danses Buissonnières avec No Light Thing. Elle livre cette fois le trio Everything Was Beautiful And Nothing Hurt, basé sur le déséquilibre. Demi-pointes fragiles, tête lancée jusqu'à l'étourdissement, poids constamment débalancé, solo sur talons hauts bancals: la chorégraphe alterne entre petites performances et moments dansés, le tout livré avec une vraie belle vulnérabilité par Rose-Marie Thériault, Ashlea Watkin et la chorégraphe. Nuskind-Oder a une force sûre pour composer des ambiances. Ses usages du temps, ruptures, éclairages, répétitions et variations dans le geste et la musique - un Prélude de Chopin écrasé de bruits, ici version musak, plus loin façon latine crée un leitmotiv - s'ajoutent aux images simples, très évocatrices.
Prenez ce tableau magnifique où une bande miroir en fond de scène, aqueuse, reflète la danse d'une Thériault en robe lamée. Le flou la change en poissons ou feu St-Elm, avant de révéler aussi la présence du spectateur. L'influence est cinématographique - David Lynch n'est pas loin - l'intelligence évidente, la sensibilité aussi, l'émotion au rendez-vous. La poésie émane. À voir. Et à suivre.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

