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    Danse - L'école de la scène

    19 janvier 2012 |Catherine Lalonde | Danse
    Bijoux, de Mandala Sitù. Avec Geneviève Bolla, Milan Gervais, Émilie Gratton, Karina Iraola, Marie-Gabrielle Ménard. À l'Agora de la danse, jusqu'au 21 janvier.
    Les chorégraphes ont droit à la recherche, aux essais-erreurs qui leur permettent, parfois, de pondre une grand'œuvre. Les interprètes, qui par définition portent les spectacles, peuvent-ils, eux, se permettre le laboratoire en représentations? La question se pose devant la démarche, sur papier logique et intègre, de la compagnie Mandala Sitù, et devant leur petit dernier, Bijoux, qui débutait hier à l'Agora de la danse.

    C'est une soirée X 5. Cinq chorégraphes masculins - Louis-Martin Charest, Pierre Lecours, Normand Marcy, Brice Noeser, David Rancourt - signent cinq solos pour cinq danseuses. Sur scène, cinq sculptures d'ampoules et de métal récupéré - passoires, bols, tôles à pizza - signées Lampi Lampa. Au plan artistique, double défi. D'abord, une soirée de solos, une forme qui pardonne peu, ici portée par des danseuses encore jeunes de métier. Ensuite, une volonté de poser ces danseuses en contre-emploi. Les plus expressives se retrouvent dans du presque rien, les théâtrales dans le senti organique, et vice-versa, chacune hors de son champ de forces.

    Là pourrait naître la vulnérabilité. Y pousse plutôt une soirée en porte-à-faux. Les danseuses n'arrivent pas, dans ce risque, à porter intimement, viscéralement les solos et restent, toutes, de présences gênées. Elles manquent d'enracinement- sont-ce ces socquettes qui surfent sur le sol? - et d'affirmation physique. Les costumes, pourtant signés Marie Saint Pierre, siéent mal à des corps qui bougent tant, la gestion des perles et pendants entravant le mouvement agace. Gaële, qu'on a vu ailleurs comme chanteuse fofolle et un brin sauvage, sert ici de liant, et derrière son piano demeure trop sage. Ses thèmes manquent de variations et font peu voyager. Le travail sonore - silences, couteaux, bouilloire, musique enregistrée - qui vient avec la pièce de Normand Marcy apporte, en contrepoint, une nécessaire respiration. Les chorégraphies de Brice Noeser et Pierre Lecours sont toutes d'eux d'une eau semblable, plus attendues et, ceci explique peut-être cela, mieux maîtrisées par leurs interprètes. Le duo des roulades, chez Lecours, est intéressant, mais les trios manquent de tiraillements et d'impulsions-réactions pour prendre réellement vie. Louis-Martin Charest risque le rôle de caractère, rare en contemporain, qui se marie malheureusement ici mal au tout. La soirée, dans son ensemble, manque de simplicité, se prend fort au sérieux jusqu'à en devenir corsetée, engoncée. Ce n'est que dans «le choeur des commères-chèvres», signé David Rancourt, qu'une magie et une folie apparaissent et que chacune brille et respire, entière. C'est peu.

    Les interprètes peuvent-ils se permettre le laboratoire? Bien sûr, absolument. Mais comment faire alors, dans un processus qui devient pédagogique pour le danseur, pour que le résultat ne semble pas scolaire?
     
     
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