Danse - Douceurs hivernales et autres curiosités
Photo : YCAM
Holistic Strata d’Hiroaki Umeda, que l’on pourra voir à l’Usine C en avril
La saison de danse 2012, comme l'hiver, s'annonce en douceur. Moins de «provocs» qu'à l'automne, s'amuse à pronostiquer ma collègue Catherine Lalonde. Mais quelques incontournables, une poignée d'illustres inconnus et des figures attendues, au talent naissant ou affirmé, nous tiendront sûrement en haleine jusqu'au printemps. Voici donc quelques morceaux choisis.
Les incontournables: deux fois plutôt qu'une Dans la catégorie des gros-ses pointures internationales, les compagnies Käfig et Akram Khan se disputent le titre d'incontournable en 2012. La première fait la fête au hip-hop, au capoeira et à la samba deux fois plutôt qu'une avec Correria et Agwa. Cette dernière pièce est née de la rencontre entre le chorégraphe lyonnais Mouarad Merzouki et de jeunes danseurs des favelas brésiliennes. Merzouki est réputé pour son invention gestuelle et son engagement à renverser les stéréotypes des cultures de banlieue et des danses urbaines. Du 12 au 14 a-vril, au Théâtre Maisonneuve.
On n'aura pas le bonheur de voir le travail soliste du second, récemment blessé au talon d'Achille. Mais le génie du chorégraphe Akram Khan, qui mêle gestuelle contemporaine au kathak indien de ses racines, s'annonce décuplé par ses huit danseurs dans Vertical Road. «Périple de la gravité à la grâ-ce», selon le chorégraphe, la pièce est inspirée de l'oeuvre du poète persan Rumi. Sur la musique envoûtante du compositeur londonien de l'heure, Nitin Sawhney. Du 25 au 28 janvier, au Théâtre Maisonneuve.
Montréal compte aussi ses must. Peut-être la moins con-nue des plus «vieilles» compagnies de danse contemporaine d'ici, Montréal Danse fête ses 25 ans avec deux signatures audacieuses plutôt qu'une. Trois peaux, de Jean-Sébastien Lourdais, plonge dans les pulsions et répulsions des danseurs-performeurs. Husk, de Georges Stamos, brouille la frontière des genres, naviguant entre l'artificiel et l'authentique. Née en 1986 de l'ébullition de la danse montréalaise, la compagnie sans chorégraphe fixe s'est faite plus discrète ces dernières années, adoptant un volet de recherche plus affirmé. Est-ce le signe que la danse montréalaise se cherche? Allez donc voir, les 1er, 2, 3 et les 8, 9, 10 février, à l'Agora de la danse.
Ses chorégraphies déploient l'énergie débridée du concert doublé d'un théâtre déclamé, spontané. De la danse «slammée», en quelque sorte. Physique, verbale et un brin virile. Après Gravel Works et Tout se pète la gueule, chérie, voici le Cabaret Gravel cabaret. Frédérick Gravel y convie comme toujours une poignée de collaborateurs aux allégeances diverses, dont Philippe B., Francis Ducharme, Catherine Gaudet, Jérémie Niel et Anne Thériault. Du 1er au 4 mai, au Théâtre La Chapelle.
Des (quasi) inconnus à zieuter
De presque inconnus, ils pourraient se hisser au rang des moments marquants de la saison. À surveiller, donc. Ghislaine Doté, qui a jusqu'ici fréquenté les petites salles du MAI (Montréal arts interculturels) et de Tangente, passe à l'Agora de la danse, qui renouvelle depuis quelques années son «écurie» d'artistes. La chorégraphe, originaire de l'Afrique centrale, présente Merry Age, une pièce en forme de comédie musicale contemporaine pour six interprètes, sur l'enchantement et la désillusion du mariage. Du 15 au 18 février, à l'Agora de la danse.
Le Théâtre La Chapelle a un parti pris pour les pièces inclassables, aux images fortes. Entre danse théâtralisée et théâtre de mouvement, Love, Death and the Devil, de la Ben J. Riepe Kompanie, ne fait pas exception. Les extraits vidéo de l'oeuvre annoncent un curieux bestiaire contemporain baigné dans une atmosphère baroque, mi-inquiétante, mi-délirante. Le jeune artiste allemand vient de recevoir le prix des arts de la scène de la ville de Düsseldorf. Du 6 au 10 mars, au Théâtre La Chapelle.
Vu à Montréal en 2003, le jeune artiste de l'avant-garde japonaise Hiroaki Umeda sera du festival Temps d'image. Tout jeune à l'époque, l'émule de Saburo Teshigawara avait déjà un parti pris pour la technodanse, où son, lumière et mouvement évoluent en totale fusion. Son corps-flux se retrouvera plongé dans une nuit de pixels, dans Holistic Strata. Du 19 au 21 avril, à l'Usine C.
Les (in)espérés et les (in)attendus
Ils arrivent, pleins de promesses esthétiques, et on les attend, plein d'espoir. Dans la série Corps sonore, de Tangente, on pourra voir ou revoir Derrière le rideau (extrait seulement), du duo Martin Messier et Anne Thériault, qui a ravi au dernier FTA. En plat de résistance de la soirée, Messier croise ses compositions sonores et lumineuses avec le travail de la chorégraphe Caroline Laurin-Beaucage dans Soak. Du 26 au 29 janvier, au Monument-National (Studio Hydro-Québec).
Ses récits dansés font toujours mouche (ou presque). Son petit génie fait main est né de la simplicité, d'une candeur féconde. La soliste Sarah Chase revient déclamer sa danse, pour la première fois en mode trio. 1001/Train/Flower/Night fait écho aux biographies du compositeur russe Nikolaï Rimski-Korsakov et de l'écrivain anglais John Bunyan. Du 2 au 5 mai, à l'Agora de la danse.
Le travail des soeurs Schmutt est vif d'esprit et de corps. Witty, dit-on en anglais. Pour la 30e saison de Danse-Cité, elles concoctent Petite pièces de poche: grandeur nature, deuxième volet d'un diptyque où le spectateur évolue, guidé par les corps et la lumière, dans un dédale de capsules chorégraphiques. Du 7 au 17 mars, à l'Usine C.
Bonne saison!
***
Lisez tous les articles de la rentrée culturelle de l'hiver 2012
Les incontournables: deux fois plutôt qu'une Dans la catégorie des gros-ses pointures internationales, les compagnies Käfig et Akram Khan se disputent le titre d'incontournable en 2012. La première fait la fête au hip-hop, au capoeira et à la samba deux fois plutôt qu'une avec Correria et Agwa. Cette dernière pièce est née de la rencontre entre le chorégraphe lyonnais Mouarad Merzouki et de jeunes danseurs des favelas brésiliennes. Merzouki est réputé pour son invention gestuelle et son engagement à renverser les stéréotypes des cultures de banlieue et des danses urbaines. Du 12 au 14 a-vril, au Théâtre Maisonneuve.
On n'aura pas le bonheur de voir le travail soliste du second, récemment blessé au talon d'Achille. Mais le génie du chorégraphe Akram Khan, qui mêle gestuelle contemporaine au kathak indien de ses racines, s'annonce décuplé par ses huit danseurs dans Vertical Road. «Périple de la gravité à la grâ-ce», selon le chorégraphe, la pièce est inspirée de l'oeuvre du poète persan Rumi. Sur la musique envoûtante du compositeur londonien de l'heure, Nitin Sawhney. Du 25 au 28 janvier, au Théâtre Maisonneuve.
Montréal compte aussi ses must. Peut-être la moins con-nue des plus «vieilles» compagnies de danse contemporaine d'ici, Montréal Danse fête ses 25 ans avec deux signatures audacieuses plutôt qu'une. Trois peaux, de Jean-Sébastien Lourdais, plonge dans les pulsions et répulsions des danseurs-performeurs. Husk, de Georges Stamos, brouille la frontière des genres, naviguant entre l'artificiel et l'authentique. Née en 1986 de l'ébullition de la danse montréalaise, la compagnie sans chorégraphe fixe s'est faite plus discrète ces dernières années, adoptant un volet de recherche plus affirmé. Est-ce le signe que la danse montréalaise se cherche? Allez donc voir, les 1er, 2, 3 et les 8, 9, 10 février, à l'Agora de la danse.
Ses chorégraphies déploient l'énergie débridée du concert doublé d'un théâtre déclamé, spontané. De la danse «slammée», en quelque sorte. Physique, verbale et un brin virile. Après Gravel Works et Tout se pète la gueule, chérie, voici le Cabaret Gravel cabaret. Frédérick Gravel y convie comme toujours une poignée de collaborateurs aux allégeances diverses, dont Philippe B., Francis Ducharme, Catherine Gaudet, Jérémie Niel et Anne Thériault. Du 1er au 4 mai, au Théâtre La Chapelle.
Des (quasi) inconnus à zieuter
De presque inconnus, ils pourraient se hisser au rang des moments marquants de la saison. À surveiller, donc. Ghislaine Doté, qui a jusqu'ici fréquenté les petites salles du MAI (Montréal arts interculturels) et de Tangente, passe à l'Agora de la danse, qui renouvelle depuis quelques années son «écurie» d'artistes. La chorégraphe, originaire de l'Afrique centrale, présente Merry Age, une pièce en forme de comédie musicale contemporaine pour six interprètes, sur l'enchantement et la désillusion du mariage. Du 15 au 18 février, à l'Agora de la danse.
Le Théâtre La Chapelle a un parti pris pour les pièces inclassables, aux images fortes. Entre danse théâtralisée et théâtre de mouvement, Love, Death and the Devil, de la Ben J. Riepe Kompanie, ne fait pas exception. Les extraits vidéo de l'oeuvre annoncent un curieux bestiaire contemporain baigné dans une atmosphère baroque, mi-inquiétante, mi-délirante. Le jeune artiste allemand vient de recevoir le prix des arts de la scène de la ville de Düsseldorf. Du 6 au 10 mars, au Théâtre La Chapelle.
Vu à Montréal en 2003, le jeune artiste de l'avant-garde japonaise Hiroaki Umeda sera du festival Temps d'image. Tout jeune à l'époque, l'émule de Saburo Teshigawara avait déjà un parti pris pour la technodanse, où son, lumière et mouvement évoluent en totale fusion. Son corps-flux se retrouvera plongé dans une nuit de pixels, dans Holistic Strata. Du 19 au 21 avril, à l'Usine C.
Les (in)espérés et les (in)attendus
Ils arrivent, pleins de promesses esthétiques, et on les attend, plein d'espoir. Dans la série Corps sonore, de Tangente, on pourra voir ou revoir Derrière le rideau (extrait seulement), du duo Martin Messier et Anne Thériault, qui a ravi au dernier FTA. En plat de résistance de la soirée, Messier croise ses compositions sonores et lumineuses avec le travail de la chorégraphe Caroline Laurin-Beaucage dans Soak. Du 26 au 29 janvier, au Monument-National (Studio Hydro-Québec).
Ses récits dansés font toujours mouche (ou presque). Son petit génie fait main est né de la simplicité, d'une candeur féconde. La soliste Sarah Chase revient déclamer sa danse, pour la première fois en mode trio. 1001/Train/Flower/Night fait écho aux biographies du compositeur russe Nikolaï Rimski-Korsakov et de l'écrivain anglais John Bunyan. Du 2 au 5 mai, à l'Agora de la danse.
Le travail des soeurs Schmutt est vif d'esprit et de corps. Witty, dit-on en anglais. Pour la 30e saison de Danse-Cité, elles concoctent Petite pièces de poche: grandeur nature, deuxième volet d'un diptyque où le spectateur évolue, guidé par les corps et la lumière, dans un dédale de capsules chorégraphiques. Du 7 au 17 mars, à l'Usine C.
Bonne saison!
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