Danse - Voir en rayons X: révéler tout ou presque rien
Photo : Julie Taxil
Scène tirée de Rayon X: un true decory story, de Marie Béland.
Avec Twis-manivelle et Dieu ne t'a pas créé juste pour danser, ses premières chorégraphies faites à la sortie de ses études, Marie Béland s'est construit tôt une crédibilité et un public. Et pas le public habituel de la danse. Elle revient, vise cette fois, avec Rayon X: a true decoy story, les ados.
Deux nouvelles créations, d'un coup. D'abord Rayon X: a true decoy story, pour les quatorze ans et plus. Un public très, très spécifique. «Je le fais, explique la jeune chorégraphe en entrevue téléphonique, parce que la question de la relation au spectateur m'intéresse et pour parler des codes de la danse contemporaine. L'ado en est un spectateur néophyte: il connaît le hip-hop, les vidéoclips, So you think you can dance, mais c'est tout. On s'attarde à la gestuelle, à la façon de créer le spectacle, aux traces de la création qui restent dans les représentations.» Rayon X, comme l'indique le titre, dévoile: «On joue sur l'envers du décor: les éléments nécessaires au spectacle, la préparation des interprètes, l'après show, etc.»
Beau sur scène
Pour la créatrice de la compagnie «maribé — sors de ce corps», le maillage du thème et des enjeux adolescents s'est fait de façon naturelle, à travers l'idéalisation que donne la scène. «On est comme artiste, par défaut sur ce terrain des préoccupations adolescentes, explique Béland. Parce que le défaut des interprètes et de la représentation, c'est de se préoccuper de ce dont on a l'air sur une scène, d'être dans l'inquiétude: «De quoi j'ai l'air, qu'est-ce que je révèle, qu'est-ce que je fronte?» De la même façon que sur Facebook on met la photo où on est beau, sur scène on se maquille, on cache nos cernes.» Les artistes seraient des éternels adolescents? Marie Béland rigole: «Disons qu'on gère à notre façon le spectacle qu'est notre vie!»
Comme dans Dieu ne t'a pas créé juste pour danser, les danseurs dans Rayon X s'adressent au public, expliquent et commentent ce qu'ils font. Une façon de faire, mi-maître de cérémonie et mi-conférence chorégraphique, partagée dans d'autres styles par Fred Gravel et même par Dave St-Pierre. Une méthode qui insuffle une dose de pédagogie. «Ça permet d'amener le spectateur à être complice de ce qu'on développe. J'ai une approche très pop de la danse,» précise Marie Béland. Pop comme l'esthétique ou populaire en terme d'accessibilité? «Un peu des deux. Là, je travaille avec les chansons folk de Philippe B., d'Avec pas d'casque, j'ai utilisé déjà la musique de MC Gilles. J'aime ce tissage entre la culture populaire et la danse contemporaine, et ce souci entraîne peut-être le désir d'y faire adhérer les gens, par l'éducation. Il y a quelque chose de très pointu, parfois hermétique en danse contemporaine, dont je n'ai pas envie de m'approcher. Je préfère chercher l'énergie que je sens quand je sors d'un bon show rock.»
Épier les voisins
Pourtant, la courte étude, vingt-cinq minutes, Behind: une danse dont vous êtes le héros que Marie Béland propose en complément semble se rapprocher de ces recherches pointues. Des panneaux couvrent l'avant-scène, cachent l'action. «On perçoit la danse par le son, le reflet des corps, les traces qu'ils laissent sur le plancher.» Le jeu est en partie caché. «Comme si on mettait un suit de ski-doo sur le squelette de la pièce. C'est captivant de voir qu'à partir de simples indices, la lumière, des parties de corps morcelés, notre cerveau de spectateur remplissent les trous. C'est comme voir une relation se construire dans la cour des voisins.» La chorégraphe questionne là aussi les codes de la représentation, veut voir «comment on peut en donner au spectateur juste assez pour qu'il se passe quelque chose.» Et la conclusion lui est étonnante: «en donner le moins possible, c'est déjà en masse!»
***
Raxon X: a true decoy story, De Marie Béland. Avec Anne Thériault, Andrew Turner, Marilyne St-Sauveur, Zoey Gauld et Simon Xavier-Lefebvre. À Tangente les 24,25, 26 et 28 novembre, dans le cadre de Coups de théâtre et du 1er au 5 décembre.
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Behind: une danse dont vous êtes le héros
De Marie Béland. Avec Peter Troszmer et Rachel Harris. À Tangente du 1er au 5 décembre.
Deux nouvelles créations, d'un coup. D'abord Rayon X: a true decoy story, pour les quatorze ans et plus. Un public très, très spécifique. «Je le fais, explique la jeune chorégraphe en entrevue téléphonique, parce que la question de la relation au spectateur m'intéresse et pour parler des codes de la danse contemporaine. L'ado en est un spectateur néophyte: il connaît le hip-hop, les vidéoclips, So you think you can dance, mais c'est tout. On s'attarde à la gestuelle, à la façon de créer le spectacle, aux traces de la création qui restent dans les représentations.» Rayon X, comme l'indique le titre, dévoile: «On joue sur l'envers du décor: les éléments nécessaires au spectacle, la préparation des interprètes, l'après show, etc.»
Beau sur scène
Pour la créatrice de la compagnie «maribé — sors de ce corps», le maillage du thème et des enjeux adolescents s'est fait de façon naturelle, à travers l'idéalisation que donne la scène. «On est comme artiste, par défaut sur ce terrain des préoccupations adolescentes, explique Béland. Parce que le défaut des interprètes et de la représentation, c'est de se préoccuper de ce dont on a l'air sur une scène, d'être dans l'inquiétude: «De quoi j'ai l'air, qu'est-ce que je révèle, qu'est-ce que je fronte?» De la même façon que sur Facebook on met la photo où on est beau, sur scène on se maquille, on cache nos cernes.» Les artistes seraient des éternels adolescents? Marie Béland rigole: «Disons qu'on gère à notre façon le spectacle qu'est notre vie!»
Comme dans Dieu ne t'a pas créé juste pour danser, les danseurs dans Rayon X s'adressent au public, expliquent et commentent ce qu'ils font. Une façon de faire, mi-maître de cérémonie et mi-conférence chorégraphique, partagée dans d'autres styles par Fred Gravel et même par Dave St-Pierre. Une méthode qui insuffle une dose de pédagogie. «Ça permet d'amener le spectateur à être complice de ce qu'on développe. J'ai une approche très pop de la danse,» précise Marie Béland. Pop comme l'esthétique ou populaire en terme d'accessibilité? «Un peu des deux. Là, je travaille avec les chansons folk de Philippe B., d'Avec pas d'casque, j'ai utilisé déjà la musique de MC Gilles. J'aime ce tissage entre la culture populaire et la danse contemporaine, et ce souci entraîne peut-être le désir d'y faire adhérer les gens, par l'éducation. Il y a quelque chose de très pointu, parfois hermétique en danse contemporaine, dont je n'ai pas envie de m'approcher. Je préfère chercher l'énergie que je sens quand je sors d'un bon show rock.»
Épier les voisins
Pourtant, la courte étude, vingt-cinq minutes, Behind: une danse dont vous êtes le héros que Marie Béland propose en complément semble se rapprocher de ces recherches pointues. Des panneaux couvrent l'avant-scène, cachent l'action. «On perçoit la danse par le son, le reflet des corps, les traces qu'ils laissent sur le plancher.» Le jeu est en partie caché. «Comme si on mettait un suit de ski-doo sur le squelette de la pièce. C'est captivant de voir qu'à partir de simples indices, la lumière, des parties de corps morcelés, notre cerveau de spectateur remplissent les trous. C'est comme voir une relation se construire dans la cour des voisins.» La chorégraphe questionne là aussi les codes de la représentation, veut voir «comment on peut en donner au spectateur juste assez pour qu'il se passe quelque chose.» Et la conclusion lui est étonnante: «en donner le moins possible, c'est déjà en masse!»
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Raxon X: a true decoy story, De Marie Béland. Avec Anne Thériault, Andrew Turner, Marilyne St-Sauveur, Zoey Gauld et Simon Xavier-Lefebvre. À Tangente les 24,25, 26 et 28 novembre, dans le cadre de Coups de théâtre et du 1er au 5 décembre.
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Behind: une danse dont vous êtes le héros
De Marie Béland. Avec Peter Troszmer et Rachel Harris. À Tangente du 1er au 5 décembre.
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