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    Arts multidisciplinaires - Edgy Women: la fiesta des femmes flyées

    20 mars 2010 |Catherine Lalonde | Danse
    La danseuse de buto Yumiko Yoshioka
    Photo: Edgy women La danseuse de buto Yumiko Yoshioka
    • Edgy Women
    • Une production du Studio 303 présentée à Tangente, jusqu'au 28 mars.
    • www.edgywomen.ca
    Attachez vos tuques, et avec de la broche: jusqu'au 28 mars, le Studio 303 présente son 17e festival Edgy Women. Une fiesta artistique pour femmes flyées. Et un vaste échantillon de courtes formes en performances, en installations, en danse et en «arts indisciplinés».

    Edgy Women est un festival artistique féministe. Mais d'un féminisme fou et festif, comme l'indique la directrice artistique Miriam Ginestier. La programmation éclatée reflète ce désir de montrer «que le féminisme n'est pas une pensée unidimensionnelle, périmée et plate. On peut être politique, frivole, ridicule même, et s'amuser!»

    Un exemple? Edgy Women a débuté mercredi dernier avec Neon Nightz, une soirée où The Scandelles se sont emparées de l'univers des bars de strip-tease pour en détourner la danseuse exotique et les salons privés. Féministe, ça?

    «Edgy Women n'est pas un festival de revendications. C'est une célébration. C'est un lieu où l'on montre des propositions différentes sur une même scène: des artistes émergents autant que des artistes établis, des pièces intellectuelles ou des parodies, du travail expérimental et des choses plus facilement accessibles. Je ne veux surtout pas que les artistes se sentent pris dans un ghetto ou dans une cage, que ce soit celle du féminisme ou une autre. Et je ne leur demande pas de défendre une cause. Le but, c'est de montrer du travail innovateur et multidisciplinaire qui repousse les limites.»

    On retrouve cette année les soirées partagées, où trois artistes se divisent le programme. Primordial vaudeville met en scène samedi et dimanche l'artiste de cirque montréalaise Krin Haglund, la performeuse torontoise Shannon Cochrane et La Zampa, un duo elle-lui de danseurs marseillais que la presse qualifie d'insolite et de chaotique. Jeudi et vendredi, des habituées d'Edgy Women: la danseuse de buto de Berlin Yumiko Yoshioka, la performeuse Lise Vigneault de Montréal et la danseuse Karen Sherman, de Minneapolis, réunies pour En On. Et mercredi, Everything I've Got, soirée solo pour la performeuse Jess Dobkin, de Toronto.

    Remises en question

    «Le public d'Edgy Women est extraordinaire», explique en anglais l'artiste Karen Sherman, à quelques jours d'atterrir à Montréal pour y participer. «Fou, sauvage, réfléchi et intelligent.» Sherman vient montrer Demolition Boy, un faux solo avec des personnages vidéo — «à la fin, c'est même un quatuor» — où l'artiste cherche... son gai intérieur. «L'idée est venue d'un de mes amis, homosexuel, qui s'affiche dans toute la splendeur des préjugés gais: efféminé, fashionata et formidable. Alors qu'il est pour moi la quintessence de l'homosexuel affirmé, il m'a dit un jour qu'il se sentait comme une lesbienne prise dans un corps d'homme. Et moi qui suis lesbienne, même si je n'ai aucune envie de devenir transgenre, je me suis demandé ce que ce serait que de me connecter avec mon gai intérieur...» En résulte, dit Sherman, une performance qui remet aussi en question la notion d'art par rapport au divertissement. Et qui oscille entre les deux, s'inspirant autant des artistes Gilbert & George que de la mannequin internationale Tyra Banks. Son plus grand défi? «Disons que j'ai encore du mal avec le côté victime de la mode», dit-elle en rigolant.

    Pour la directrice artistique Miriam Ginestier, ce questionnement des genres est tout à fait dans l'esprit d'Edgy Women. «Je veux illustrer la complexité du féminisme avec des idées qui dépassent la bataille pour les droits ou pour le niveau de vie. On va trouver de grands thèmes féminins, comme l'identité sexuelle, la maternité, le travail sexuel ou le lesbianisme.» Et Ginestier se réjouit de recevoir pour la première fois cette année la directrice du festival slovène Mesto Zensk / City of Women, «un festival âme soeur» qui pourrait se mettre à accueillir les artistes d'ici.

    «Souvent, sous la bannière du féminisme, on retrouve des festivals qui présentent des pièces seulement revendicatrices ou politiques, où l'artistique compte peu.» Une vision que Ginestier et sa programmation de folles femmes ne partagent certes pas.

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    Edgy Women
    Une production du Studio 303 présentée à Tangente, jusqu'au 28 mars. www.edgywomen.ca

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    Collaboratrice du Devoir












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