Danse - Le zoo humain
À retenir
- Le Zoo «Chaleurhumaine»
- De Michaël Cros / La Méta-Carpe.
- Avec, en première partie, Peau d'Or, sors de l'Ombre, d'Emmanuelle Calvé.
- À Tangente, jusqu'au 31 janvier.
Un zoo humain à Montréal, oui m'ssieurs-dames. Le fantôme du vieux P.T. Barnum hante Tangente via Le Zoo «Chaleurhumaine», du français Michael Cros. Une installation chorégraphique pour corps, pantins et caméra, troublante et délicieusement perverse.
On entre par l'entrée des artistes. Une traversée du miroir vers un monde où des poupées sans traits sont pendues au plafond et où les écrans se multiplient. Où mannequins et danseurs se confondent, où l'image est démultipliée et renversée, où les perspectives changent constamment. À la générale hier, la machine technique que requiert Le Zoo était bien domptée. Poulies, vidéo manipulée en direct, son ambiophonique, le tout au doigt et à l'oeil. Et le tout à vue: la régie, les changements de costumes, les manipulations. Le plateau où circulent les spectateurs est divisé en îlots. La zone trois, séparée par un tulle, est en soi une petite scène. Les autres lieux accueillent des interventions plus performatives. L'alternance est efficace et les moments de flottement nécéssaires pour pousser le public à se déplacer. Stéphane Gladyszewski et Julie Desrosiers, d'une parfaite impassibilité, explorent ou s'exhibent dans ce laboratoire pour savant fou. Ensachés de la tête aux pieds dans une peau de tissu noir ou torses nus, à manipuler et bouger avec des poupées de chiffon grandeur nature. À voir ces mannequins humanisés et ces danseurs pantins, le spectateur finit par ne plus savoir où porter son affect. À qui, dans ce bazar, à quoi s'identifier? Et Cros, magicien tordu, joue à fond ce trouble, surtout dans une hallucinante scène de cul, qui, sans dévoiler un milimètre de peau, outrepasse les tabous. Malaise garanti. Le zoo «Chaleurhumaine» est une autopsie du vivant, une plongée en psyché profonde, bien sombre. Une demie heure qui file en un clin d'oeil. Un départ en lion pour la série Corps plastiques de Tangente, où le mouvement se marie aux disciplines visuelles et plastiques.
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Collaboratrice du Devoir
On entre par l'entrée des artistes. Une traversée du miroir vers un monde où des poupées sans traits sont pendues au plafond et où les écrans se multiplient. Où mannequins et danseurs se confondent, où l'image est démultipliée et renversée, où les perspectives changent constamment. À la générale hier, la machine technique que requiert Le Zoo était bien domptée. Poulies, vidéo manipulée en direct, son ambiophonique, le tout au doigt et à l'oeil. Et le tout à vue: la régie, les changements de costumes, les manipulations. Le plateau où circulent les spectateurs est divisé en îlots. La zone trois, séparée par un tulle, est en soi une petite scène. Les autres lieux accueillent des interventions plus performatives. L'alternance est efficace et les moments de flottement nécéssaires pour pousser le public à se déplacer. Stéphane Gladyszewski et Julie Desrosiers, d'une parfaite impassibilité, explorent ou s'exhibent dans ce laboratoire pour savant fou. Ensachés de la tête aux pieds dans une peau de tissu noir ou torses nus, à manipuler et bouger avec des poupées de chiffon grandeur nature. À voir ces mannequins humanisés et ces danseurs pantins, le spectateur finit par ne plus savoir où porter son affect. À qui, dans ce bazar, à quoi s'identifier? Et Cros, magicien tordu, joue à fond ce trouble, surtout dans une hallucinante scène de cul, qui, sans dévoiler un milimètre de peau, outrepasse les tabous. Malaise garanti. Le zoo «Chaleurhumaine» est une autopsie du vivant, une plongée en psyché profonde, bien sombre. Une demie heure qui file en un clin d'oeil. Un départ en lion pour la série Corps plastiques de Tangente, où le mouvement se marie aux disciplines visuelles et plastiques.
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