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Danse - Danse, mon moine, danse!

Catherine Lalonde   5 novembre 2009  Danse

À retenir

    • Sutra, de Sidi Larbi Cherkaoui
    • À la Place des Arts, jusqu'au 8 novembre
Seize moines bouddhistes maîtres de kung-fu, un apprenti de 12 ans attachant et habile comme un singe et Sidi Larbi Cherkaoui, chorégraphe chouchou pour lier le tout. Sutra, amené par Danse Danse, est un bonbon de spectacle.

La lumière monte sur Cherkaoui et le gamin, face à face. Devant eux, 20 caisses de bois, miniatures. Sur scène, 20 boîtes grandeur d'hommes, signées Antony Gormley, qui bougent comme bouge la maquette. Tour à tour bateau, dortoir, dominos, pont-levis, ces simples caissons transforment l'espace d'étonnantes façons. Dans ces paysages, les moines donnent leurs katas. Solos, canons, batailles chorégraphiées, la gestuelle est pur art martial. Et éblouissante. Les corps virevoltent comme des étincelles. Sabres et bâtons, sauts et roulades, tigres et scorpions: ces moines shaolins réveillent les souvenirs de films de kung-fu et Bruce Lee n'aurait qu'à bien se tenir. Excellents sauteurs, magnifiques dans les unissons et les éclats, ce sont là des virtuoses et c'est un régal de les voir bouger.

Mais Sutra ne joue pas seulement d'épate physique. Architecte et maître-d'oeuvre, le chorégraphe reste isolé avec son caisson métallique, si ce n'est du gamin qui vient parfois le rejoindre. Les solos de Cherkaoui sont articulés avec finesse, certains construits dans les règles de la comédie mais livrés avec une sensibilité telle qu'on en est tout retourné. Par son regard, la pièce devient récit d'initiation et d'appartenance, récit sur les remous qui motivent la quête intérieure. Récit sur la solitude de l'individualité, aussi. Et sur la rencontre.

Sutra met en relief les différences entre la façon de bouger du danseur et celle des moines. La fluidité, les attaques, distinctes. Et si le danseur se fond dans la masse lors du kata final, on ne verra toutefois pas les moines adopter la musicalité propre à la danse. Les cinq instrumentistes live - cachés - nourrissent la pièce, mais leur musique reste superposée, sauf lorsque Cherkaoui l'incarne. Une pièce bien écrite et bien construite, avec ce qu'il faut de spectaculaire, d'humain et de touches d'humour pour plaire à tous. Vraiment.

***
Collaboratrice du Devoir

 
 
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