Danse - Très bien gonflé
Pour son premier passage à l'Agora en tant que chorégraphe, George Stamos donne au studio de la rue Cherrier une atmosphère de boîte de nuit, DJ, seins nus, tapis poilus blancs et miroir sur le sol inclus. C'est que, non seulement a-t-il auparavant dansé pour les Navas, Desnoyers et Sinha, mais il a également exercé son métier dans des établissements qui ferment un peu plus tard.
Cette expérience imprègne reservoir-pneumatic, une version évoluée de la pièce Reservoir, bien reçue un peu partout en 2006. L'oeuvre présentée à Montréal, après avoir tenu l'affiche du Dancemakers Studio de Toronto, du 25 au 27 septembre dernier, ne se résume cependant pas à une jolie évocation de ce monde nocturne. Riche et inspirée, elle explore différents territoires, de l'intime à celui du spectacle, du sensuel au ludique.
Si les éléments de décor rappellent vaguement l'ambiance du film Exotica, la magnifique Clara Furey en simple slip fait inévitablement penser au long métrage La Mort d'un bûcheron, dans lequel Carole Laure se retrouvait à travailler dans un cabaret. L'univers de George Stamos est toutefois plus lumineux que ceux d'Atom Egoyan et de Gilles Carle, et la fille ne joue pas la candeur qu'affectait la mère.
Pleinement consciente de sa parfaite maîtrise technique, elle a ce qu'il faut pour se frotter à la toujours excellente Sarah Williams, avec qui elle exécute deux beaux duos, un topless et un habillé. La chorégraphie, stylisée, s'avère une version post-modernisée du spectacle érotique.
La danse ici vole très haut, exigeant des interprètes une grande précision et un rare abandon. Les corps ondulent ou se convulsent, sont agités de brèves petites secousses. Il y a quelque chose d'africain dans la bascule du bassin et dans l'ouverture de la cage thoracique, qui donne lieu à un intéressant travail sur le souffle. On dissocie avec virtuosité le haut et le bas, mais on colle au rythme avec le mouvement.
Créée en direct, la trame sonore intègre des amplifications de sons que font les danseurs sur le sol ou dans une flaque d'eau, ainsi qu'un peu d'échantillonnage. La musique accroît le plaisir, de même que les projections vidéo, hypnotiques au début et comiques à la fin.
Reservoir-pneumatic éclabousse — au premier rang, littéralement! —, et ne se limite pas à faire des ronds dans l'eau: on a des bulles, qui éclatent de manière jouissive.
***
Collaboratrice du Devoir
***
reservoir-pneumatic
Chorégraphie: George Stamos. Interprétation: Owen Chapman, Clara Furey, Jackie Gallant,
Luciane Pinto, George Stamos
et Sarah Williams.
Éclairages: Lee Anholt.
Musique: Owen Chapman,
avec Jackie Gallant.
Vidéo: Owen Chapman, Jonathan Inksetter et George Stamos.
Direction technique: Karine
Gauthier. À l'Agora de la danse, jusqu'au 18 octobre.
Cette expérience imprègne reservoir-pneumatic, une version évoluée de la pièce Reservoir, bien reçue un peu partout en 2006. L'oeuvre présentée à Montréal, après avoir tenu l'affiche du Dancemakers Studio de Toronto, du 25 au 27 septembre dernier, ne se résume cependant pas à une jolie évocation de ce monde nocturne. Riche et inspirée, elle explore différents territoires, de l'intime à celui du spectacle, du sensuel au ludique.
Si les éléments de décor rappellent vaguement l'ambiance du film Exotica, la magnifique Clara Furey en simple slip fait inévitablement penser au long métrage La Mort d'un bûcheron, dans lequel Carole Laure se retrouvait à travailler dans un cabaret. L'univers de George Stamos est toutefois plus lumineux que ceux d'Atom Egoyan et de Gilles Carle, et la fille ne joue pas la candeur qu'affectait la mère.
Pleinement consciente de sa parfaite maîtrise technique, elle a ce qu'il faut pour se frotter à la toujours excellente Sarah Williams, avec qui elle exécute deux beaux duos, un topless et un habillé. La chorégraphie, stylisée, s'avère une version post-modernisée du spectacle érotique.
La danse ici vole très haut, exigeant des interprètes une grande précision et un rare abandon. Les corps ondulent ou se convulsent, sont agités de brèves petites secousses. Il y a quelque chose d'africain dans la bascule du bassin et dans l'ouverture de la cage thoracique, qui donne lieu à un intéressant travail sur le souffle. On dissocie avec virtuosité le haut et le bas, mais on colle au rythme avec le mouvement.
Créée en direct, la trame sonore intègre des amplifications de sons que font les danseurs sur le sol ou dans une flaque d'eau, ainsi qu'un peu d'échantillonnage. La musique accroît le plaisir, de même que les projections vidéo, hypnotiques au début et comiques à la fin.
Reservoir-pneumatic éclabousse — au premier rang, littéralement! —, et ne se limite pas à faire des ronds dans l'eau: on a des bulles, qui éclatent de manière jouissive.
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Collaboratrice du Devoir
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Chorégraphie: George Stamos. Interprétation: Owen Chapman, Clara Furey, Jackie Gallant,
Luciane Pinto, George Stamos
et Sarah Williams.
Éclairages: Lee Anholt.
Musique: Owen Chapman,
avec Jackie Gallant.
Vidéo: Owen Chapman, Jonathan Inksetter et George Stamos.
Direction technique: Karine
Gauthier. À l'Agora de la danse, jusqu'au 18 octobre.
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