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Spectacle - Cas Public présente son Barbe Bleue à l'Opéra Bastille

18 décembre 2006  Danse
Paris — C'est incontestablement une sorte de consécration: après 225 représentations au Québec, en France, en Espagne et ailleurs dans le monde, la compagnie de danse québécoise Cas public a présenté ce week-end son spectacle pour enfants Barbe bleue dans l'amphithéâtre de l'Opéra Bastille.

Imaginé par la chorégraphe Hélène Blackburn, Barbe bleue est un petit bijou d'intelligence et de poésie, une «oeuvre utile et splendide», comme l'a souligné Le Figaroscope.

«Cette expérience théâtrale est une occasion rare, pour les enfants, d'accepter avec sérénité leur doute et leur fragilité, éléments essentiels dans l'apprentissage de la vie», a écrit le supplément culturel du quotidien Le Figaro.

Mêlant théâtre et danse contemporaine, Barbe bleue, qui dure une heure à peine, explore la légende de Barbe Bleue, avant de proposer sur ce terrifiant personnage le point de vue diamétralement opposé de l'écrivain Anatole France.

Dans un premier temps, les six jeunes danseurs (trois femmes, trois hommes), assis sur des chaises pliantes en plastique, racontent l'histoire que connaissent tous les petits Français, celle d'un homme méchant à cruel qui a tué ses six premières femmes, dont la septième découvre les restes dans le cabinet qu'elle avait pourtant promis de ne jamais ouvrir.

Dans un deuxième temps, la troupe montréalaise livre dans le désordre, à travers une succession de tableaux finement chorégraphiés, enrichis de projections vidéo, la relecture d'Anatole France: Barbe Bleue n'est pas un tueur en série, mais une sorte d'amant magnifique, veuf multiple et malchanceux, victime d'un crime crapuleux fomenté par sa dernière épouse et ses deux frères, qui en avaient après sa fortune.

Plein d'humour et de clins d'oeil, le spectacle s'interroge aussi, avec subtilité, sur la cruauté des contes et sur ce qu'on peut dire ou ne pas dire aux enfants, le mot «sang», en particulier, offrant aux comédiens le prétexte à un amusant débat.

Les jeunes enfants, qui se voient proposer une sorte «d'apprentissage du doute», goûtent la subtilité du propos et le renversement de situation proposé par Cas Public. «C'est intéressant de penser que ce n'était pas Barbe Bleue le méchant», disait une fillette de sept ans après la représentation.

«Ici, le spectacle peut être proposé à des enfants plus jeunes qu'au Québec, parce que les petits Français connaissent encore le conte de Perreault. C'est une histoire qui est encore très présente», a souligné Hélène Blackburn.

Agnès de Jacquelot, la responsable de programmation jeune public de l'Opéra Bastille, a découvert Barbe Bleue à Montréal. Elle a expliqué qu'elle avait été séduite par la «grande qualité» du spectacle et par la richesse des niveaux de lecture qu'il propose.

Barbe Bleue sera de nouveau à l'affiche à l'Opéra Bastille cinq jours avant Noël, un moment idéal. Il continuera ensuite sa route, pendant encore une année au moins, en France, au Pays de Galles, au Québec et ailleurs sans doute.
 
 
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