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    Critique spectacle

    «Chambre de verre» de la compagnie Nord Nord Est: ondes de chair

    16 novembre 2017 |Isabelle Paré | Cirque
    Dans cette «prison» de verre, la beauté étouffante du lieu est constamment exacerbée par les éclairages qui rasent les corps et subliment les reliefs.
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Dans cette «prison» de verre, la beauté étouffante du lieu est constamment exacerbée par les éclairages qui rasent les corps et subliment les reliefs.

    Ils sont deux. D’abord soudés et imbriqués en un seul corps, déboulant sur la scène en vagues de chairs et d’étreintes, liés par un cordon quasi ombilical.

     

    C’est sur un plateau nu, nimbé d’ombres et de fumerolles, que la Chambre de verre de la compagnie Nord Nord Est déploie cette poésie clair-obscur, une ode à la fragilité et à la force des corps, ballotés par les éléments.

     

    Sous un plafond de verre, c’est la danse qui embrasse ici le cirque plus que l’inverse dans cette proposition résolument contemporaine où la lumière et la musique, tout en bruissements et syncopes, jouent un rôle de premier plan.

     

    Le metteur en scène Benoit Landry a su tirer le pur jus de l’extrême virtuosité de l’artiste, danseuse et contorsionniste Valérie Doucet dans cette prestation qui navigue très loin des lieux convenus de sa discipline.

     

    D’abord fétu de paille en apesanteur, puis soudain assez puissante pour soutenir son partenaire sur ses hanches, l’artiste porte d’ailleurs sur ses épaules la majeure partie de cette proposition audacieuse, dominée par sa très grande présence scénique.

     

    Le corps tour à tour en transe, puis liquéfié dans une chorégraphie subaquatique, Valérie Doucet se révèle une interprète éblouissante dans ces variations qui mettent en relief la fluidité de son corps et le très grand registre de ses capacités tant physiques qu’émotives. Toujours subtile, la performance est omniprésente, notamment quand l’artiste glisse comme un serpent entre les barreaux d’une échelle tendue vers le ciel.

     

    Dans le détail du geste, on devine en filigrane l’influence du théâtre physique de James Thierrée et la performance extrême propre au cirque australien Circa, avec lesquels l’interprète a eu la chance de travailler.

     

    Dans cette « prison » de verre, la beauté étouffante du lieu est constamment exacerbée par les éclairages qui rasent les corps et subliment les reliefs.

     

    Même si Julius Bitterling reste le plus souvent en retrait, la complicité des deux interprètes donne naissance à des portées audacieuses, où Doucet échappe à toute gravité. Les souffles, bruissements et ressacs de la trame sonore, comme un mantra, donnent à cette cage de verre un aspect presque méditatif. Parfaitement poli par Benoit Landry, l’objet demeure purement insolite, mais habité par une respiration contagieuse.

    Une chambre de verre
    Par Nord Nord Est, à la Tohu jusqu’au 25 novembre.












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