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Cirque - Quand Dalí rencontre Fellini

18 janvier 2013 20h27 | Isabelle Paré | Cirque
La Verità, de la compagnie Finzi Pasca.
Photo : Annik MH De Carufel - Le Devoir La Verità, de la compagnie Finzi Pasca.

La Verità

De la compagnie Finzi Pasca. Au théâtre Maisonneuve de la Place des Arts jusqu’au 3 février.
Onirisme, beauté et tourbillons créatifs: l’univers de Salvador Dalí revu et corrigé par la Compagnie Finzi Pasca (CFP) dans La Verità accouche d’un tableau insolite où le surréalisme entre en collision avec la touche fellinienne, devenue la signature de la troupe de cirque italo-québécoise.

Rappelons que l’immense tulle de scène, conçu à New York par Dalí en 1940 pour le ballet Tristan fou, et prêté par une fondation d’art anonyme, est le point d’ancrage de cette nouvelle création présentée vendredi en première mondiale à Montréal.

Le rideau s’ouvre d’abord sur une revue musicale campée par des femmes coiffées de plumes, clin d’oeil au New York de l’époque où Dalí créa son oeuvre démesurée. Le fameux tulle est vite dévoilé (trop vite), et s’enchaîne une série de tableaux plus somptueux les uns que les autres, où l’on voit poindre l’esprit fou et paranoïaque du peintre andalou. Matador sur béquille, bouffons lubriques se moquant du régime franquiste, têtes de rhinocéros et autres obsessions daliniennes squattent la scène.


En première partie, un numéro de main à main et un duo aérien sur un carré métallique donnent lieu à des performances inspirées. Dans une scène de contorsion inouïe, les membres d’un acrobate se désarticulent comme ceux qui peuplent les toiles de Dalí. La beauté côtoie l’absurde et la dérision.


Les irruptions répétées de deux bouffons, costumés en commissaires-priseurs et en généraux de pacotille, trop bavards et parfois inintelligibles, se perdent en longueur. Une armée de ballerines en tutu portant les masques de Dalí (trop peu visibles) et les acrobaties menées sur des rubans d’ADN géants continuent de fouiller la boîte à symboles chère au peintre à moustache.


Après l’entracte, l’entrée en scène de la Zig, un engin acrobatique magistral actionné par le contrepoids de plusieurs acrobates, et la pièce musicale livrée du bout des doigts par la multi-instrumentiste Andrée-Anne Gingras-Roy sur des verres remplis d’eau volent la vedette à d’autres numéros d’intérêt inégal.


Si les échos au monde de Dalí se bousculent au portillon, ils sont parfois amenés sans fil narratif, rendant ce bric-à-brac de codes surréalistes ardu à décoder pour le spectateur néophyte. L’interaction espérée entre les artistes et cette toile percutante de Tristan et Yseult, cadeau géant tombé du ciel, aurait pu être poussée plus loin.


Reste que tout du long, La Verità, portée par les costumes éblouissants de Giovanni Buzzi, la musique onirique de Maria Bongiovanni et les subtils jeux d’éclairages d’Alexis Bowes, demeure un enchantement pour les yeux et les oreilles. Notamment lors du crescendo final, où les acrobates, drapés de robes noires et écarlates, tourbillonnent à deux et à trois sur des roues Cyr.


Bien que parfois plus proche de Fellini que de Dalí, cette création inédite porte à n’en pas douter une signature et un esthétisme puissamment inspirants. Une pierre précieuse qu’il ne reste qu’à polir lentement… au fil des tournées.

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