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Le rideau tombe sur Iris à Los Angeles

Le Cirque du Soleil met fin à un spectacle peu populaire sur lequel la Ville avait misé 30 millions de dollars

3 décembre 2012 | Bahador Zabihiyan | Cirque
Le Cirque du Soleil avait lancé Iris en grande pompe en septembre 2011. La Ville de Los Angeles avait accordé un prêt de 30 millions de dollars pour rénover la salle qui accueille le spectacle. Ci-dessus, le metteur en scène d’Iris, Philippe Decouflé, entouré de quelques artistes.
Photo : Agence France-Presse Valérie Macon Le Cirque du Soleil avait lancé Iris en grande pompe en septembre 2011. La Ville de Los Angeles avait accordé un prêt de 30 millions de dollars pour rénover la salle qui accueille le spectacle. Ci-dessus, le metteur en scène d’Iris, Philippe Decouflé, entouré de quelques artistes.
Après avoir dépensé 50 millions de dollars pour créer le spectacle Iris à Hollywood, le Cirque du Soleil a décidé d’arrêter les représentations, car le public n’a pas répondu à l’appel. La situation risque de faire grincer des dents au conseil municipal de Los Angeles, car la ville avait investi 30 millions de dollars pour attirer le cirque.

À l’origine, le Cirque du Soleil prévoyait de donner le spectacle sur une période de « 5 à 10 ans », indique la porte-parole de l’entreprise, Renée-Claude Ménard. Mais l’aventure californienne aura seulement duré 15 mois, le dernier spectacle se donnera le 19 janvier 2013, a annoncé la compagnie. Lors de son lancement en septembre 2011, Iris, qui explore l’univers du cinéma, avait pourtant été bien accueilli par la critique.


Le cirque avait tenté de sauver le spectacle en cours de route, notamment en changeant le format, afin d’attirer le public. « Nous avons mis en place une série de mesures pour redresser la situation, comme l’adoption de stratégies marketing plus énergiques ou les changements récents faits au spectacle, dont le nouveau format de 90 minutes », écrit le président du Cirque du Soleil, Daniel Lamarre, dans une note interne destinée aux employés et dont Le Devoir a obtenu une copie. « Force est d’admettre que ces actions n’ont pas eu l’impact désiré afin d’assurer la pérennité du projet », conclut M. Lamarre.

 

Insuccès étonnant


C’est une surprise pour la compagnie québécoise, qui avait soigneusement étudié le marché avant de s’implanter à Los Angeles. Le Cirque du Soleil n’a pas réussi à attirer les touristes étrangers en visite dans la métropole américaine, indique Mme Ménard. Un autre « facteur atténuant » est la morosité de l’économie américaine. « Les gens voyagent moins, sont plus soucieux de leur choix pour le divertissement et les loisirs », indique-t-elle.


Mais le succès d’un spectacle est très difficile à prévoir, selon la porte-parole. Par exemple, le spectacle du Cirque du Soleil en Espagne, un pays faisant face à d’importantes difficultés économiques, marche « très bien ». Alors qu’en Allemagne, où la situation économique est meilleure, la dernière création du cirque fonctionne « moins bien », selon Mme Ménard.

 

Un prêt de 30 millions de dollars pour la salle


La Ville de Los Angeles avait beaucoup misé sur l’arrivée du Cirque du Soleil. Le Service du développement communautaire de Los Angeles avait établi un partenariat avec CIM Group, l’entreprise qui possède la salle où se donne le spectacle. Elle avait dû être rénovée, et la Ville avait octroyé un prêt de 30 millions de dollars à CIM Group, explique le Los Angeles Times.


L’octroi d’un tel prêt avait été critiqué à l’époque, notamment par le conseiller Dennis Zine. Ce dernier a indiqué au Los Angeles Times qu’il voulait savoir si la Ville allait devoir essuyer des pertes financières, à la suite du départ du Cirque. Le bureau du maire de Los Angeles, Antonio Villaraigosa, indique que celui-ci va réagir à la décision, en début de semaine. La Ville de Los Angeles n’a pas rappelé Le Devoir


Du côté du Cirque du Soleil, on rejette une partie de l’échec d’Iris, sur les élus californiens. « Les élus locaux avaient rassuré le cirque, en disant qu’il existait un marché […] Force est de constater que le marché que l’on nous avait décrit n’est pas celui qui existe », indique la porte-parole du cirque. Iris emploie 120 personnes ; le cirque dit qu’il tentera de « réaffecter » son personnel à la production d’autres spectacles. Les employés locaux perdront toutefois leur emploi, selon Mme Ménard. Mais, l’aventure d’Iris n’est peut-être pas tout à fait terminée. La compagnie n’écarte pas la possibilité de l’implanter ailleurs dans le monde.

 
 
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