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Pas de miettes pour la mouette

27 septembre 2012 | Isabelle Paré | Cirque
Au sein de cette smala sympathique, sept gars qui roulent des mécaniques se disputent une fille tombée des nues.
Photo : Alain Buick Au sein de cette smala sympathique, sept gars qui roulent des mécaniques se disputent une fille tombée des nues.

Pfffffff


Cirque Akoreacro. À la Tohu jusqu’au 6 octobre.



Ça souriait et riait ferme mardi soir sous le petit chapiteau oblong et tout mignon dressé à deux pas de la Tohu pour la venue d’Akoreacro, troupe acrobato-musicale française qui a ravi avec son genre hybride.


Sous la tente, ça transpirait la grande réunion de famille, avec les cascades de rires d’enfants qui fusaient ça et là, et l’impression d’un cirque sans prétention, avec un petit côté fait maison. Tous cousins, quoi !


Pourtant, ce Pfffffff au nom énigmatique n’est pas d’emblée classable dans la catégorie « spectacle pour enfants », même si la salle était à moitié remplie de petits spectateurs. Au contraire, il y a beaucoup de second degré et de parenthèses dans cette prestation finement calibrée et entièrement mise en musique, où les notes squattent la piste au même titre que les prouesses physiques.


Des exemples ? Un acrobate s’exécute au piano avec un violon en équilibre sur le nez. Porté par ses compères de pistes, un violoniste fait aller son archet en plein numéro de banquine. Bref, la musique ne décore jamais. Elle joue les premiers rôles dans de jolis tableaux : une lampe oscille au même rythme que le trapèze, soulignée par une mélodie chaloupée.


Au sein de cette smala sympathique, sept gars qui roulent des mécaniques se disputent une fille tombée des nues. En filigrane, on devine l’histoire d’une mouette prise en chasse par sept matous qui tentent d’avoir sa peau. Et c’est cette mouette rieuse, incarnée par Claire Aldaya, qui mène la barque tout du long, avec une présence qui fend la scène et un humour salace.


Le mélange des rythmes klezmer et de percussions vocales est particulièrement savoureux et réussi. D’ailleurs, le duel d’onomatopées livré au micro par deux acrobates du groupe est un des moments forts de cette course à huit. Au final, c’est lorsque la mouette frondeuse, pleinement épanouie, vole de ses propres ailes que Pfffffff livre son meilleur cru. Plume lancée en l’air, Aldaya volette du banquine au trapèze, plonge du haut des airs et relègue ses partenaires dans l’ombre.


Les envolées de jazz, de musique manouche et les airs de musette battent la mesure de ce spectacle dont la mise en scène est autrement éparpillée par moments. C’est vraiment la musique qui fait le miel de ce conte acrobatique musical, foncièrement charmant, où la mouette, finalement, suspend son vol.


 
 
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