Montréal complètement cirque - En attendant le train
Critique du spectacle Odotustila
Présenté jusqu’au 15 juillet
À l’Espace libre
Odotustila, qui veut dire salle d’attente, est tout à fait bien nommé. On passe beaucoup de minutes à tuer le temps dans cette création mi-cirque, mi-cinématographique, qui prend place dans une gare de train où le temps semble avoir suspendu son vol.
Née de la rencontre d’un magicien et d’un jongleur, la proposition de cirque contemporain signe la rencontre de la jonglerie et de la prestidigitation, sur fond de projections vidéos mêlant réalité et virtualité.
Le rideau s’ouvre sur deux gros ballons blancs portés par les deux artistes. S’impriment alors deux gros yeux, témoins de ce qui semble être le début d’un long rêve éveillé. Puis un des ballons de dégonfle et prend la forme d’une balle. Sur trois écrans, un quidam apparaît en attente dans un hall de gare, une immense salle des pas perdus.
S’amorce le début de nombreux aller-retour entre fiction et réalité, où les acteurs de chair et d’os se dématérialisent pour prolonger leur action sous forme d’images sur les trois écrans qui forment l’arrière-scène. Ce mécanisme de substitution sera repris sous diverses formes tout au long du spectacle.
Ville Kalo, décrit comme l’instigateur de la jonglerie moderne, s’amène en piste avec une forme de jonglerie dansée ou de chorégraphies d’objets –on ne sait trop- tout en lenteur et sans prouesse. L’exercice, hautement abstrait, prend davantage la forme d’une étude pour jonglerie qu’une performance, puisque rien ici n’a de quoi faire lever l’assistance.
Le magicien Kalle Hakkarainen fait ensuite irruption dans un grand par-dessus qui sert de prétexte à faire apparaître et disparaître une balle blanche. Dans un banc, transformé ensuite en valise, des images apparaissent et permettent, encore une fois, ce jeu de yo-yo entre fiction et réalité. Le magicien déjoue les sens en faisant tomber des quilles virtuelles avec une vraie balle.
Le meilleur moment du spectacle est sans contexte celui où Ville Kalo se dédouble sur les écrans et se mets à jongler avec son avatar. Quilles réelles et virtuelles s’entremêlent dans un ballet visuel tout à fait convaincant. L’image est encore plus forte quand, dans une sorte de parodie de l’apprenti-sorcier, les écrans donnent naissance à toute une série de clones incontrôlables qui poussent le jongleur hors de scène, lui piquent ses quilles.
On se désole que cet usage astucieux du processus ne soit pas exploité plus longuement. Car à ce moment, l’intermède du jongleur qui revient pour une nouvelle séance de manipulation cubiste avec des carrés devient tout simplement un exercice formel purement redondant. Le spectacle se termine par un duel imaginaire, où l’image d’un train qui entre en gare vient s’imprimer sur le manteau du magicien transformé en cape de toréador.
Malgré quelques bons filons et quelques belles images, cette salle d’attente imaginaire où l’on jongle avec l’image manque cruellement de tempo. Temps morts, intervalles longuets, aiguillage qui laisse à désirer : la production met un bail à entrer en gare.
La création expérimentale des Finlandais de la micro-troupe WHS, produite pour la première fois en 2004, accuse malheureusement son âge. La production semble s’être empoussiérée au fil des ans, notamment au plan technique, puisque le synchronisme et la qualité des images font parfois défaut.
On peut vraiment parler de cirque antiperformatif pour cet Odotustila, comme pour Ro-Pu, une autre création finlandaise contemplative présentée plus tôt cette semaine à l’Usine C, cette fois par Circo Aereo.
Difficile de dire si les deux productions sont représentatives de la production actuelle du cirque finlandais. Mais elles portent une marque expérimentale qui situe le cirque plus du côté du théâtre physique et des arts visuels que de la prouesse physique. Novateur, soit. Mais dans un festival tout jeune qui cherche encore à se faire connaître du public, pas si sûr qu’autant de propositions à la marge réussissent à convaincre les foules de l’attrait du cirque contemporain.
Née de la rencontre d’un magicien et d’un jongleur, la proposition de cirque contemporain signe la rencontre de la jonglerie et de la prestidigitation, sur fond de projections vidéos mêlant réalité et virtualité.
Le rideau s’ouvre sur deux gros ballons blancs portés par les deux artistes. S’impriment alors deux gros yeux, témoins de ce qui semble être le début d’un long rêve éveillé. Puis un des ballons de dégonfle et prend la forme d’une balle. Sur trois écrans, un quidam apparaît en attente dans un hall de gare, une immense salle des pas perdus.
S’amorce le début de nombreux aller-retour entre fiction et réalité, où les acteurs de chair et d’os se dématérialisent pour prolonger leur action sous forme d’images sur les trois écrans qui forment l’arrière-scène. Ce mécanisme de substitution sera repris sous diverses formes tout au long du spectacle.
Ville Kalo, décrit comme l’instigateur de la jonglerie moderne, s’amène en piste avec une forme de jonglerie dansée ou de chorégraphies d’objets –on ne sait trop- tout en lenteur et sans prouesse. L’exercice, hautement abstrait, prend davantage la forme d’une étude pour jonglerie qu’une performance, puisque rien ici n’a de quoi faire lever l’assistance.
Le magicien Kalle Hakkarainen fait ensuite irruption dans un grand par-dessus qui sert de prétexte à faire apparaître et disparaître une balle blanche. Dans un banc, transformé ensuite en valise, des images apparaissent et permettent, encore une fois, ce jeu de yo-yo entre fiction et réalité. Le magicien déjoue les sens en faisant tomber des quilles virtuelles avec une vraie balle.
Le meilleur moment du spectacle est sans contexte celui où Ville Kalo se dédouble sur les écrans et se mets à jongler avec son avatar. Quilles réelles et virtuelles s’entremêlent dans un ballet visuel tout à fait convaincant. L’image est encore plus forte quand, dans une sorte de parodie de l’apprenti-sorcier, les écrans donnent naissance à toute une série de clones incontrôlables qui poussent le jongleur hors de scène, lui piquent ses quilles.
On se désole que cet usage astucieux du processus ne soit pas exploité plus longuement. Car à ce moment, l’intermède du jongleur qui revient pour une nouvelle séance de manipulation cubiste avec des carrés devient tout simplement un exercice formel purement redondant. Le spectacle se termine par un duel imaginaire, où l’image d’un train qui entre en gare vient s’imprimer sur le manteau du magicien transformé en cape de toréador.
Malgré quelques bons filons et quelques belles images, cette salle d’attente imaginaire où l’on jongle avec l’image manque cruellement de tempo. Temps morts, intervalles longuets, aiguillage qui laisse à désirer : la production met un bail à entrer en gare.
La création expérimentale des Finlandais de la micro-troupe WHS, produite pour la première fois en 2004, accuse malheureusement son âge. La production semble s’être empoussiérée au fil des ans, notamment au plan technique, puisque le synchronisme et la qualité des images font parfois défaut.
On peut vraiment parler de cirque antiperformatif pour cet Odotustila, comme pour Ro-Pu, une autre création finlandaise contemplative présentée plus tôt cette semaine à l’Usine C, cette fois par Circo Aereo.
Difficile de dire si les deux productions sont représentatives de la production actuelle du cirque finlandais. Mais elles portent une marque expérimentale qui situe le cirque plus du côté du théâtre physique et des arts visuels que de la prouesse physique. Novateur, soit. Mais dans un festival tout jeune qui cherche encore à se faire connaître du public, pas si sûr qu’autant de propositions à la marge réussissent à convaincre les foules de l’attrait du cirque contemporain.











