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Montréal complètement cirque - Undermän : Trois gars su’l divan

11 juillet 2012 | Isabelle Paré | Cirque
Photo : Undermän

Une critique du spectacle
Undermän

Présenté du 9 au 14 juillet

Au National, rue Sainte-Catherine

Difficile de ne pas tomber sous le charme maladroit de trois gars un peu balourds, abandonnés par leurs ex, qui mettent leurs tripes sur la table pour se réinventer une carrière. C’est la petite histoire derrière Undermän, le portrait intimiste de trois acrobates porteurs qui jonglent avec émotion et autodérision.

Armés de vestes à carreaux et de poids lourds, les trois éconduits (au moins deux d’entre eux le sont) font irruption sur scène, derrière un accordéon, une guitare et une batterie. Le spectacle débute par la confession un peu fleur bleue de Mattias Anderson, ex-star de Las Vegas qui raconte son coup de foudre avec sa belle, ses voyages, sa gloire américaine. On se demande si on va tomber dans le pathos, mais quand retentit un singulier «tabarnac», suivi de «We got to do something with our lives!», on comprend qu’on ne va pas s’ennuyer.

 

Autodérision

Comment réinventer sa vie quand on a été le faire-valoir, la moitié d’une paire, le piédestal de l’autre, le gars dans l’ombre ? Les trois protagonistes — un petit, un moyen et un gros costaud — composent à leur manière avec ce grand vide, cette absence qui a fait d’eux des moitiés d’artistes. 
 

L’autodérision règne en maître quand le plus gros des trois, Matias Salmenaho, une masse d’homme à la barbe hirsute réinvente avec ses comparses, un numéro un peu gauche truffé de chorégraphies complètement nunuches. Pour Peter Aberg, l’auto-guérison passe plutôt par la manipulation à vitesse grand V du cube Rubik, exercice hautement acrobatique lorsqu’exécuté avec une paille en équilibre sur le nez. L’autre Mattias, lui, noie son désarroi en dansant avec une partenaire invisible, ou avec un cerceau au-dessus duquel plane une plume insaisissable.
 

Petit à petit, les masques tombent. Les costauds de 95 kilos se font jongleurs, se portent les uns les autres, tout cela enrobé par la musique planante de Andreas Tengblad, qui parsème de poésie ce trio hautement loufoque. Le moyen porte le petit, le petit porte le gros qui, pour une fois, joue les starlettes du haut des airs. À défaut de grâce et d’agilité, les trois complices, touchants de sincérité, mettent rapidement le public dans leur poche.
 

Undermän est une création parrainée par Cirkus Cirkör, la plus importante des troupes de cirque suédoises,  dont on n’avait malheureusement pas encore pu voir une des audacieuses créations. Chez Cirkus Cirkör, le cirque se doit d’être autant une prouesse du corps que de l’esprit, et Undermän en fait la démonstration. Annoncer une création avec trois porteurs privés de voltigeuses, c’était comme promettre une salade sans vinaigrette. Et pourtant, les trois éclopés y parviennent, le cœur bien accroché sous la chemise à carreaux, avec à la clé un immense pied de nez aux stéréotypes masculins. 



Cirkus Cirkor - Underman

Annoncer une création avec trois porteurs privés de voltigeuses, c’était comme promettre une salade sans vinaigrette. Et pourtant, les trois costauds d'Undermän y parviennent.
 
 
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