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Montréal complètement cirque - Une soirée sexy qui carbure aux pectoraux

9 juillet 2012 11h58 | Isabelle Paré | Cirque
<em>La Soirée<br />
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Photo : François Pesant - Le Devoir La Soirée
Critique du spectacle
La Soirée
Quand s’amène sous les projecteurs le très adipeux Gâteau au chocolat, une Drag Queen noire et obèse croulant sous les froufrous pour entonner des airs d’opéra, on se dit qu’on aura droit à une soirée pas comme les autres. Le ton est donné, la troupe britannique La Soirée s’alimente à la culture gaie, alternative, et à partir de là, on s’attend à tout et à plus encore.

Sous sa traîne dorée, le tonitruant baryton - une version XXL de Guilda - dont la puissante voix n’a d’égale que la taille, est tout simplement bidonnant avec ses faux cils et son catsuit hyper moulant. Un botéro version gaie.

S’amènent ensuite deux hommes d’affaires sortis de la City, en complets rayés et chapeaux melon. Les deux sbires défient les lois de l’apesanteur sans perdre une once de leur flegme, 100% british. Pipe au bec, Financial Times dans une main,  un sosie de Hugh Grant et son comparse se surpassent dans une suite d’équilibres en main à main, pas piqués des verts. Puis ceux qu’on surnomme les English gents abandonnent leur air coincé pour dévoiler leur musculeuse anatomie, gardant pour tout costume un caleçon moulant aux couleurs de l’Union Jack. Dans la salle au charme suranné de l’Olympia, les deux Adonis ont fait un tabac hier soir, faisant monter le thermomètre et la clameur de l’assistance.

Puis suit un numéro clownesque, celui d’un pantin désarticulé à chapeau haut de forme, incapable de tenir debout sur ses patins à roulettes pour faire son numéro de jonglerie. L’affaire se gâte quand l’hurluberlu sort ses couteaux, joue les effeuilleuses, pour finir en Drag Queen, sautillant sur ses souliers plate-forme.

Après le vol au cerceau aérien du jeune éphèbe Bret Pfister, qui s’adonne à toutes les versions possibles du grand écart (grand écart étant ici un euphémisme), on a déjà eu droit à toute une galerie de mâles caoutchouteux.

Arrive juste à point l’effeuilleuse Ursula Martinez, prestidigitatrice rigolote sorti d’un film d’Almodovar qui réussit à faire disparaître et réapparaître un carré rouge (eh oui!), en laissant tomber une à une les pièces de son tailleur moulant, pour finir totalement à poil. Même nue, l’illusionniste réussit son tour de magie. Cherchez l’erreur.

La deuxième partie de ce cabaret sexy s’essouffle et s’étire en longueur. Le retour de Martinez à la guitare, en lesbienne macho étoffant sa thèse sur la stimulation clitoridienne sauve la mise. Idem pour le retour d’un English Gents, qui marche à l’horizontale dans une variation hautement athlétique du pole dancing. Mais les numéros de deux Irlandais qui tapochent sur une table entre deux gifles et le numéro de cerceau de l’ukrainienne Yulia Pikhtina ne lèvent pas vraiment. Le tout se termine avec l’arrivée d’un apollon en denim dans une baignoire qui se contorsionne au bout de ses sangles, éclaboussant le public au passage comme une otarie.

Au bout du énième boy toy qui débarque pour nous faire cadeau de son six pack et rouler des mécaniques, on commence à en avoir plus que sa dose. Mais visiblement, certains en auraient pris davantage.

Dans la plus pure tradition du cabaret, La Soirée trouve tout à fait sa place dans le village gai sur Sainte-Catherine, à deux pas d’où Lili Saint-Cyr a fait les nuits chaudes de Montréal. Divertissant, le spectacle manque toutefois de cohérence et surtout, de variétés. Le groupe, qui revendique pourtant haut et fort sa marginalité, sombre facilement dans les stéréotypes et les clichés. So déjà vu! Mais l’atmosphère est résolument à la fête, et la foule, lors de la première, a visiblement pris son pied.

<em>La Soirée<br />
</em> La Soirée<br />
<em>La Soirée<br />
</em> <em>La Soirée<br />
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