Montréal complètement cirque - La vie, c’est les autres
Critique du spectacle
Séquence 8
De la troupe Les 7 doigts de la main. À la Tohu jusqu’au 15 juillet.
Après avoir joué les psychanalystes dans PSY et les juges du purgatoire dans La vie, Les 7 doigts se présentent de nouveau à nu, sans artifices et sans masques, dans un portrait de famille qui rappelle leurs premiers pas dans Loft et Traces. Quand on a l’habitude de mettre les tripes sur la table, chassez le naturel, il revient au galop !
Dans une suite de variations sur le thème du rapport à l’autre, Séquence 8, malgré son titre sans âme, en regorge doublement. La connivence et la complicité transpirent de cette bande soudée jusqu’à la moelle, pour le meilleur et pour le pire.
Cette huitième création des 7 doigts où s’invite la danse est chorégraphiée au millimètre près. Tu me tiens, je te soutiens, sinon je tombe, tu chutes. Du pouce au petit doigt, tout tient dans une main, et l’on se marche parfois sur les pieds dans cette valse des relations humaines.
Cet effet domino est habilement exploité dans les numéros de main à main, les portées à plusieurs et le numéro de barre russe où voltige allègrement Alexandra Royer, agile comme un chat.
Moins verbeux que dans leurs spectacles précédents, le dernier opus des 7 doigts troque la parole pour le geste dans une suite de tableaux plus éloquents que bien des discours, où les corps s’épousent ou s’entrechoquent. L’humour se pointe aussi au détour, à travers le micro ingénu du jeune maître de cérémonie, Colin Davis. Les huit jeunes recrutés par les 7 doigts sont tout simplement déroutants de prouesse et d’agilité.
Éric Bates épate la foule dans un numéro exécuté avec des boîtes de cigares qui mute la jonglerie en gymnastique aérienne. Devin Henderson, formé à l’acrobatie chinoise par le maître Yu Li, bondit à travers les anneaux et le mât chinois comme un félin sur ses pattes. Tout aussi puissants, Ugo Dario et Maxim Laurin, jumeaux siamois soudés à leur planche coréenne, livrent une performance théâtrale, presque poétique, allégorie de l’équilibre fragile qui unit deux âmes soeurs. Même frisson lors du tableau aérien offert par Alexandra Royer, qui virevolte dans son cerceau comme un papillon cherchant la lumière.
Au-delà de ses prouesses acrobatiques épatantes, Séquence 8 respire l’humour, la tendresse et la sincérité. Une performance crue, livrée la main sur le coeur, jusqu’à la toute fin. Un pari remporté haut la main.








