Montréal complètement cirque - La soirée, un cabaret délinquant et excentrique aux frontières du cirque
de la troupe La soirée Ltd., de Grande-Bretagne.
Au théâtre Olympia du 6 au 15 juillet.
Après avoir galéré sur le globe avec sa galerie de personnages à coucher dehors, la bande de La soirée, autrefois appelée La clique, est de retour à Montréal pour présenter en première nord-américaine une nouvelle mouture de son cabaret fou. Devenu un spectacle culte dans l’univers du cabaret, le groupe de performeurs, vu à Juste pour rire en 2006 et en 2007, a poursuivi depuis sa cabale dans les festivals fringe et sur les scènes underground du monde avant d’accoucher, en 2010, d’une nouvelle création.
Auréolé de quatre étoiles par le quotidien The Guardian, le nouveau cru de la troupe british flirte encore une fois avec l’étrange et l’absurde, pour livrer un pur divertissement où excentricité et kitsch font bon ménage. « Notre signature, c’est avant tout l’énergie et le rythme qui se dégagent tout au long du spectacle, doublés d’une vision artistique unique », soutient Brett Haylock, le directeur artistique de cette troupe hors norme qui réunit des artistes indépendants du monde entier.
Véritable ovni théâtral, la troupe livre un condensé de sensations fortes, décochées à un rythme d’enfer sur une scène circulaire de 2,5 mètres de diamètre. Alors, cirque ou pas ? Haylock refuse d’être catalogué dans la stricte filière du cirque. « Nous avons des acrobates de niveau mondial, mais plusieurs artistes proviennent de milieux gais et de la scène alternative. Leurs personnalités sont mises de l’avant dans la plus totale excentricité », avance Haylock.
Dans cette faune bigarrée, on découvrira l’effeuilleuse Ursula Martinez, le gargantuesque baryton Gâteau au chocolat, l’experte du hula-hoop, Yulia Pykhtina, des gentlemen acrobates et l’éphèbe David O’Mer, dans une prestation humide livrée au-dessus d’une baignoire. D’ex-artistes du Cirque du Soleil se joindront au lot, dont Bret Pfister aux cerceaux aériens, le Québécois Hugo Desmarais dans une performance inédite intitulée La cage, et l’as du patin à roulettes, Nate Cooper. Les trois derniers soirs, les Québécois Serge Deslauriers et Énock Turcotte enfileront leurs impudiques marionnettes. Beaucoup de chair et de testostérone, donc, dans ce spectacle classé « adulte », mais rien de déplacé, assure Haylock. « Ce n’est pas un freak show. Nous célébrons seulement la différence et l’underground, dit-il. Au-delà de l’éclectisme, c’est une prestation intimiste d’où transpire la vulnérabilité des artistes. »








