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Cirque - Danser dans son assiette

7 juillet 2012 | Isabelle Paré | Cirque
Cuisine de Pan mitonne un cirque à la sauce break dance et danse de rue.
Photo : Stéphane Tassé Cuisine de Pan mitonne un cirque à la sauce break dance et danse de rue.

Cuisine de Pan

Chute libre

À l’Usine C

Du 7 au 9 juillet, 16h et 19h

Après un printemps auréolé de casseroles, Montréal complètement cirque ajoute au tintamarre avec Cuisine de Pan, un objet curieusement hybride où hip-hop et cirque s’insinuent entre poêle et frigo. Entre la pomme et la poire, six danseurs et acrobates sont aux fourneaux pour faire lever la sauce, mettre la cuisine sens dessus dessous et faire sauter la marmite.

Toute une allégorie culinaire, que cette Cuisine de Pan, servie sur lit de break dance par la compagnie française Chute libre, abonnée aux prestations livrées dans des lieux incongrus, inspirés du quotidien. Pour sa première visite à Montréal, la bande fera feu de tout bois en propulsant sa danse échevelée sur le plancher et les murs de la cuisine, là où se touille la bouffe et se préparent les agapes.


Au Québec, s’ajoute une énième dimension au choix de ce lieu iconique, puisque c’est en cuisine que naissent ici les partys, les assemblées où l’on refait le monde, et où mijotent les microrévolutions, tranquilles ou pas.


Née de la rencontre de Pierre Bolo, danseur hip-hop depuis 1995, et d’Anabelle Loiseau, la compagnie nantaise Chute libre en est à sa cinquième création avec cette chorégraphie qui rapatrie le cirque dans son giron. « Nous aimons pirater l’ordinaire dans des chorégraphies décalées. Quatre de nos créations se passaient dans des lieux du quotidien. Pour nous, la cuisine, c’est l’intériorité et l’expression de la diversité des personnages. C’est l’exploration d’un monde intérieur. Ce lieu parle à tout le monde, mais chacun peut y voir sa propre symbolique », explique Pierre Bolo, un friand de cirque qui a recruté pour l’occasion un spécialiste du mât chinois.


Le premier opus du groupe était planté dans un salon, le second, dans un jardin. Cette fois, la cuisine est le lieu d’une joyeuse tambouille qui tiendra plus de la ripaille festive et du combat des chefs que de la nouvelle gastronomie.


Comme un cheveu sur la soupe


L’action démarre, pépère, lors d’un déjeuner, simulacre du train-train ennuyant de la routine quotidienne. Mais rapidement la danse et le jeu vont mettre le feu aux fourneaux et insuffler un joyeux bordel dans cette bulle. Ultimement, on met la table pour que le presto éclate, et les graffitis et les explosions font office d’éclaboussures. Bref, on brasse, ça mijote, puis ça bout, jusqu’à l’obtention d’une ratatouille bien piquante. « C’est un spectacle complètement chorégraphié avec une toile de fond assez théâtrale. On joue sur les différentes surfaces d’appui, les murs obliques, les tables à plat », explique Pierre Bolo.


La gestuelle, empruntée au break dance et à la danse de rue, mime aussi les gestes et rituels culinaires, essuyant une table au passage, hachant menu le plat du jour. Le mât chinois viendra faire incursion dans cette tablée où l’on passe sur et sous la table, où on débarque comme un cheveu sur la soupe, s’éjectant du frigo, sans demander son reste. Le plat du jour se mitonne au rythme d’une macédoine musicale assez hétéroclite, mêlant bruits de friture, murmures radiophoniques et échantillonnages de chansons de Jacques Brel et d’airs d’opéra. « Au départ, c’est plus un spectacle de danse, auquel le cirque vient donner un relief », de dire le chorégraphe.


L’inclusion de Chute libre dans la programmation de Montréal complètement cirque traduit tout à fait le vent qui souffle depuis quelques années sur les arts de la piste, de plus en plus poreux aux autres formes d’art, que ce soit la danse contemporaine, les arts visuels ou le théâtre. L’inverse est aussi vrai, puisque plusieurs formes d’art, dont la danse, invitent désormais le cirque à leur table. Avec Cuisine de Pan, le couvert est mis, sans menu définitif, dans le but avoué que chacun y ajoute son grain de sel et sa folie.


***

Cette fin de semaine à Montréal complètement cirque

LÉO atterrit à Montréal samedi et jusqu’à lundi, au théâtre Outremont. Le spectacle mis en scène par le comédien québécois Daniel Brière a été encensé lors de son passage au Carrefour de théâtre de Québec, début juin.

Vague de cirque présente Carrousel et corde à linge aujourd’hui (16 h et 19 h) et demain à la Tohu. La Bande artistique, duo formé d’une chanteuse d’opéra et d’un clown, propose à l’Espace libre Parfois dans la vie les choses changent, aujourd’hui (14 h et 19 h) et demain.

 Événements extérieurs : Carpe Diem offre au public (14 h et 20 h) des envolées quotidiennes au trapèze dans le Vieux-Port de Montréal.

 
 
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