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École nationale de cirque - Du paradis virtuel à l’éden post nucléaire

31 mai 2012 | Isabelle Paré | Cirque
Dans cet univers de je-me-moi, la performance de l’équilibriste sur canne, Jordan Clark, un éphèbe à l’égo surdimensionné, rive le dernier clou de ce portrait de groupe centré sur son nombril.
Photo : Roland Lorente Dans cet univers de je-me-moi, la performance de l’équilibriste sur canne, Jordan Clark, un éphèbe à l’égo surdimensionné, rive le dernier clou de ce portrait de groupe centré sur son nombril.

Spectacles de la 30e promotion de l’École nationale de cirque

Du 29 mai au 10 juin à la TOHU

C’est littéralement dans deux univers opposés que nous télé-transporte la double prestation offerte par l’École nationale de cirque dans #génér@tion_2.0/et La Flèche au coeur, levant le voile sur une trentième fournée de finissants tous plus surdoués les uns que les autres.

Présentée en alternance jusqu’au 10 juin, les deux créations logent aux pôles. L’une souligne à grand trait les déboires factices du monde virtuel, alors que l’autre s’articule autour des liens, bien réels, qui donnent un sens à la vie quand tout le reste fout le camp.


Sur fond de musique techno, #génér@tion_2.0, mis en scène par Anthony Venisse, trace un portrait glauque de la génération Facebook, hyperbranchée, vissée à son cellulaire, enfermée dans sa bulle virtuelle.


Dans ce monde numérique, les acrobates sont tous affublés d’une lumière bleue, greffée en permanence dans la paume. Les artistes s’échauffent, s’admirent, prennent la pose devant les flashes et paradent comme sur des passerelles. En constante promotion d’eux-mêmes.


Zombies obnubilés par leur image, tous restent de glace en dépit des numéros de trapèze double et d’équilibre sur canne qui s’exécutent à deux pas. Entre les corps emportés dans un rave, les numéros de corde lisse et de trapèze dansant, énergiques et rapides, tentent de briser l’indifférence générale. Dans la cacophonie des cellulaires, s’élèvent des airs d’opéra.


Dans cet univers de je-me-moi, la performance de l’équilibriste sur canne, Jordan Clark, un éphèbe à l’égo surdimensionné, rive le dernier clou de ce portrait de groupe centré sur son nombril.


Si on finit par se lasser de cet univers de clones en série au rythme trop égal, la prestation prend du mieux en fin de course lors du numéro offert par le tandem formé par Maude Arsenault, et Mikaël Bruyère-L’Abbé. Exit les texto, on nous sert une vraie chicane de couple sur mât chinois. Très belle envolée aussi de Bridie Hooper aux sangles, d’une grâce et d’une souplesse surréelles. Samuel Charlton et Reuben Hosler détonnent dans un numéro de main à main masculin, superbement chorégraphié par Manuel Roque, mêlant avec intelligence la danse à l’acrobatie.


Mis en scène par Estelle Clareton et Howard Richard, La Flèche au coeur, conte campé aux lendemains d’une catastrophe, est d’une toute autre eau. Truffée de parenthèses poétiques, de textures multiples et de personnages felliniens, la deuxième prestation, transpire l’espoir. Cadencée à souhait, cette flèche vise au droit au but, exploitant à fond la personnalité des acrobates. Sur des airs de Barbara, de Bach ou de Philip Glass, plusieurs performances rivalisent d’originalité.


On s’étonne devant les numéros de Jonathan Perez et Kevin Beverley, qui manient avec souplesse et sensualité le trapèze danse et la corde lisse, des disciplines d’ordinaire massivement féminines. Les filles elles, se démènent au mât chinois, longtemps chasse gardée des hommes. Bref, on interchange les rôles avec brio.


Le clou de cette deuxième création reste le duo de trapèze fixe, servi au final comme un pas de deux aérien par Guilhem Cauchois et Sarah Tessier, époustouflants de beauté et de technique. Assurément, une des plus belles choses vues lors de cette 30e cuvée.

 
 
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