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    Cirque - L'homme qui voulait parler

    Le Circus incognitus de Jaimie Adkins s'installe à la Tohu durant la période de relâche scolaire

    25 février 2012 |Isabelle Paré | Cirque
    Jongleur et équilibriste éprouvé de la corde lâche, Jaimie Adkins carbure pourtant au dérapage: l’in-connu est sa tasse de thé.<br />
    Photo: Amanda Russel Jongleur et équilibriste éprouvé de la corde lâche, Jaimie Adkins carbure pourtant au dérapage: l’in-connu est sa tasse de thé.
    Circus incognitus
    De et avec Jaimie Adkins.
    À la Tohu, du 5 au 11 mars
    Les clowns se suivent et ne se ressemblent pas. Celui de Circus incognitus, attendu à la Tohu à la semaine de relâche, est celui du quidam sans cloche ni paillettes, qui porte la naïveté en bandoulière tout au long d'une course contre des mots... qui ne viennent jamais.

    Pas étonnant que l'auguste de Jaimie Adkins ait des airs de cinéma muet, sans le noir et le blanc. Tombé à 13 ans dans la potion circassienne, le clown multiplie depuis ses prestations aux allures de comédie physique sans paroles, nimbées d'une aura vieillotte.

    Accro

    «Tout le monde dit que je suis influencé par Buster Keaton et Charlie Chaplin. C'est vrai, même si je n'ai pas nécessairement vu tous leurs films. Je le suis indirectement par les films d'animation, qui ont tous repiqué les gags de ces grands artistes du cinéma muet», soutient Adkins, un amuseur de rue globe-trotter qui a roulé sa bosse partout sur la planète avant d'atterrir au Québec, il y a 15 ans, et d'y trouver son clown intérieur.

    Né à San Diego, Jaimie Adkins est devenu «accro» du cirque en assistant, jeune adolescent, à son premier spectacle de rue. Conquis par un jongleur, le jeune Adkins serait — c'était décidé — amuseur public. «En fait, j'ai pris la plus importante décision de ma vie à 13 ans! J'ai fait mon premier spectacle à 16 ans et je ne me suis jamais arrêté depuis», confie l'autodidacte, joint à Whitehorse, au Yukon, où s'arrêtait cette semaine la tournée de Circus incognitus.

    L'auguste clown de Jaimie Adkins se nourrit en fait de la poésie des objets du quotidien: boîte de carton, grappe de raisins, balles de ping-pong, fourchette, échelles rebelles et oranges à la douzaine. Un attirail loufoque qui partage la scène de cet histrion et l'empêche d'articuler le moindre vocable. L'objet devient prétexte à une série de ratages en série, où acrobatie et comédie se disputent l'avant-scène.

    «En fait, c'est la poésie qui m'inspire avant tout. J'essaie d'insuffler la poésie à tout ce qui m'entoure. Chaque objet offre le prétexte à un numéro et me distrait de ce que je tente de dire. Donc, tout va toujours mal, ce qui, en fait, est fantastique pour un clown», affirme le curieux loustic, dont le personnage redoute plus que tout de prendre la parole en public.

    Un autodidacte, mordu d'improvisation

    Formé sur le tas, au hasard de ses rencontres avec le Pickle Family Circus, avec le Cirque du Soleil (Wintuk) et le Cirque Éloize (Excentricus), Adkins n'a jamais cessé de travailler depuis 25 ans, même s'il n'a pas traîné plus de trois mois à l'École nationale de cirque (ENC). Un vrai mordu du terrain, réfractaire aux bancs d'école, avoue-t-il. Jongleur et équilibriste éprouvé de la corde lâche, Adkins carbure pourtant au dérapage: l'inconnu est sa tasse de thé. Rien de plus stimulant pour lui qu'une échappée imprévue ou une quille partie en folie, pour titiller sa fibre créatrice sur scène.

    «Pour un jongleur, laisser échapper une quille est un drame. Mais pour un clown comme moi, c'est une occasion formidable pour aller dans la salle, se frotter au public et obtenir des réactions inattendues», dixit l'artiste.

    Médaillé de bronze au Festival de cirque de demain de Paris en 2006, l'hurluberlu sympathique d'Adkins a fait craquer Paris en janvier dernier, lors de son passage au Théâtre de la Cité. «Un petit bijou de fraîcheur burlesque», titrait Le Monde. L'an dernier, Circus incognitus a été invité dans les salles prestigieuses que sont le New Victory Theater de Broadway à New York, le Festival d'Édimbourg, la Sydney Opera House en Australie, et a tourné en 2011 dans douze pays, dont la Russie, le Mexique, la Nouvelle-Calédonie, la Nouvelle-Zélande et l'Italie.

    Durant la semaine de relâche, le Montréalais d'adoption, qui habite depuis un an à Ottawa, présentera son spectacle solo pour la première fois dans la métropole, devant petits et grands.
    Jongleur et équilibriste éprouvé de la corde lâche, Jaimie Adkins carbure pourtant au dérapage: l’in-connu est sa tasse de thé.<br />
L’auguste clown de Jaimie Adkins se nourrit de la poésie des objets du quotidien.<br />
     
     
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