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Première mondiale de Michael Jackson - The Immortal Tour au Centre Bell - Sparages autour d'un cadavre

Sylvain Cormier   3 octobre 2011  Cirque
Coïncidence? C'est curieusement maintenant, alors que le procès du médecin de feu Michael Jackson nous renvoie des détails pénibles sur ses derniers moments et jusqu'à des images troublantes du chanteur à peine décédé, que le Cirque du Soleil dévoile à Montréal son spectacle Michael Jackson - The Immortal Tour. S'opposent et s'interpellent malgré nous le cadavre ainsi cruellement offert au cirque médiatique et la tentative d'évoquer Michael Jackson, son œuvre, son cœur et son âme à travers le cirque du Cirque. Résulte un malaise, que le spectacle ne résout jamais en dépit des moyens déployés et l'habituelle maestria de la machine de Guy Laliberté: Michael n'est décidément pas là, et ce n'est pas en extrapolant de plus complexes chorégraphies et des sparages acrobatiques à partir du contenu de ses divers clips — le numéro de gangsters des années 30 distillé de Dangerous, par exemple — qu'il nous est rendu.

Au contraire, son absence n'est que plus triste. La cadavre plus nu, tellement il y a d'habillage. Le problème est que l'imaginaire de Michael Jackson nous intéresse nettement moins que lui-même. Réinventer l'ambiance Thriller en la mêlant à l'ambiance de Bad, manière grand déploiement confus de morts-vivants tout de blanc vêtus, ne nous avance en rien: le meilleur se trouve déjà et à jamais dans le clip. Voir Michael se transformer, voilà qui était fascinant: faire du Cirque du Soleil avec le petit cirque de Michael sans Michael donne du mauvais Cirque du Soleil, car l'imaginaire de Michael était a priori pauvre, premier degré, du piètre Halloween. Sa présence, son charisme donnait à ses morts-vivants de la couleur, nous y croyions à travers son regard.

L'évocation de Neverland, le Disneyland privé de Jackson, pâtissait le plus de cette pauvreté: on était invariablement ramené à des images d'une naïveté bien plus artificielle que la candeur vraie de l'homme: apparition d'une marionnette géante à la Fusée XL-5 dans un firmament de danseurs en lumières, ou alors un petit Michael à bord d'une mongolfière sur l'air de Have You Seen My Childhood... Affligeants tableaux.

Le spectacle qui attirait hier au Centre Bell la planète médiatique — j'ai croisé l'ami Coljon, envoyé par le quotidien belge Le Soir —, roulait spectaculairement à vide, malgré la présence de vrais de vrais musiciens (dont quelques vétérans des spectacles de Jackson), et toute la bonne volonté du monde: la vérité est que tout spectacle conçu autour de Michael Jackson ne peut offrir que des avatars. Avatars de luxe, façon Cirque du Soleil, mais avatars quand même. La vérité est que le sujet contraint, au lieu d'inspirer. Comment montrer les Jackson Five? On n'a rien trouvé de mieux que le ridicule, afros géants et gros Tito, de toute évidence parce que l'univers plus normal de la première époque s'intègre mal à l'imaginaire fêlé du Michael Jackson superstar. Se perd en chemin ce qui fait que nous avons un jour aimé un petit garçon appelé Michael Jackson, et non le monstre qu'il a ensuite créé pour se protéger du monde. Il ne nous reste à la fin qu'un cadavre encore mort et beaucoup d'argent dépensé en vain.
 
 
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  • Jam17 - Inscrite
    3 octobre 2011 02 h 51
    Que de la suffisance...
    Si je me souviens bien, c'est vous qui écriviez juste après la mort de MJ que celui-ci ne valait pas grand-chose et je passe sur les détails...

    Que vous n'aimiez pas MJ est une chose, que sa musique n'est pas votre tasse de thé est encore une chose mais que vous saisissiez le spectacle du cirque pour encore une fois sortir votre hargne, suffisance, arrogance, ignorance, c'en est une autre ! Je parie que vous vous retenez...

    Le spectacle du cirque ne rend pas justice au génial artiste qu'est Michael Jackson parce que l'émotion ne passe pas. Le rendez-vous est manqué. Il y a de très bons moments mais l'ensemble manque de cohérence et de cohésion. Vous deviez en tant que journaliste nous parler de cela. Mais votre opinion sur MJ est si hautain et dévié que vous n'avez pas fait votre travail.
    Votre article est bon pour les tabloids.
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  • Frederic Blair - Inscrit
    3 octobre 2011 08 h 32
    "votre hargne, suffisance, arrogance, ignorance, c'en est une autre !"
    Mais quel manque de vision de la part du journaliste. Aucune ouverture sur ce que cela représente pour les fans où ceux qui aimait Michael.

    Pour le reste Jam17 exprime bien ma pensée
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  • Michel Mongeau - Inscrit
    3 octobre 2011 08 h 56
    La culture Xerox
    La culture populaire en est une de la répétition. Répétition à excès, tellement la machine à représenter est plus lourde que l'intelligence à produire. L'industrie, comme on la nomme à juste titre, excède à diffuser remakes, suites, ré-interprétations, transpositions, copies avouées ou non, que cela en est dégoûtant et démotivant.
    De nos jours, il faut mettre un peu plus de temps pour dénicher des réalisations qui s'écartent de cette culture incestueuse. Et oui, le cadavre du pauvre Jackson est encore chaud et la machine médiatique le dévore encore et toujours. Monsieur Laliberté et son cirque semblent s'enliser dans cette optique et succomber à la tentation de gonfler de gros ballons colorés mais vides. En passant, Sylvain Cormier ne s'en prend pas à Jackson, mais à la grande parade qui le célèbre en le tuant pour au moins la cinquantième fois.
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  • Frédéric Jeanbart - Inscrit
    3 octobre 2011 13 h 13
    Opportunisme? Postiche culturel?
    De l'opportunisme pécunier pas mal déplacé à mon humble avis. Encore du postiche? On serait en mesure de se demander où sont passées la formidable imagination et la créatrivité du Québec ces dernières années.
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  • Claire Brassard - Inscrit
    4 octobre 2011 09 h 28
    Opportunisme? Pastiche culturel?
    Ma réaction appuie monsieur Fréderic Jeanbart. Au lieu de pasticher à l'infini un supposé artiste pourquoi ne pas encourager les créateurs canadiens et québecois du passé et encourager l'éveil de nouveaux talents présentement méconnus du public. Où est la culture, la vraie?
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  • le_chialeux - Inscrite
    4 octobre 2011 12 h 39
    Faire plaisir à tout le monde
    J'ai assisité à la première du spectacle Immortal, et comme plusieurs j'ai été très décu. Un très mauvais spectacle. Mais ne cherchez pas si loin les raisons de cet échec de luxe, à mon avis, elles sont très simples: vouloir faire plaisir à trop de monde. Les créateurs de ce spectacle devaient jongler avec les critiques de: Guy Laliberté ayant toujours son petit mot à dire; la famille de Jackson qui voulait un spectacle à son image, genre de biographie posthume; des anciens créateurs de l'équipe de Jackson qui voulaient de la danse partout et des costumes bling bling; les fans de jackson qui voulaient quelque chose de BIG; les créateurs du cirque, qui ont essayé de ploguer quelques acrobaties pas rapport. Avec tout ces intérêts divergeants dans la balance, c'est normal de se retrouver avec un spectacle sans fil conducteur, une espèce de grosse salade de fruits/légumes/tartare indigeste. Le spectacle, trop fort et aveuglant avec ses lumières blanches aveuglantes, j'avais juste hâte de sortir de la salle.
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  • Jean Le May - Inscrit
    5 octobre 2011 08 h 57
    Commentaires
    @jam 17 Relisez un peu l'article de monsieur Cormier, puis relisez votre commentaire. Vous verrez.
    @Michel Mongeaud: Vous avez eu cette phrase heureuse et grandiose pour décrire la situation: "Répétition à l'excès, tellement la machine à représenter est plus lourde que l'intelligence à produire. Tout est dit.
    Un jour, j'aimerais vous citer...
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