Cirque - Dans le ventre du dragon
- À la Tohu jusqu'au 8 octobre.
Avec ses héritiers de la tradition monastique du qi gong, ses combats explosifs, ses acrobates délirants, Chi of Shaolin: Tale of the Dragon tente de marier sur la piste de la Tohu traditions chinoises et cirque nouveau.
Défi de taille pour Yan Yan Zhao, ex-acrobate au Cirque du Soleil, formée dans la plus pure tradition impériale. Après un premier passage au Québec en 2007 avec Jungua, une stricte démonstration d'art martial, l'acrobate devenue metteure en scène souhaitait insuffler un peu d'âme et de modernité aux prestations de ces comparses chinois.
Avec l'aide de Guy Caron, ex-directeur de création au Cirque du Soleil, Tale of the Dragon a donc choisi de prendre la forme d'un conte onirique, où un jeune voleur retrouve le droit chemin après un séjour prolongé chez les moines shaolin. Tigre, cigogne, grenouille et serpent, autant d'archétypes de la mythologie chinoise, participeront à sa réhabilitation. Grosse morale, au menu.
Sorte de version circassienne de Tigre et Dragon d'Ang Lee, Chi of Shaolin se trouve donc à cheval entre kung-fu et cirque théâtralisé, servi à grand renfort de décors, costumes et musique «modernes». La question est de savoir si ces maîtres ès arts martiaux avaient besoin d'un tel suremballage. Dans Sutra, présenté il y a deux ans à Montréal, un chorégraphe de talent comme Sidi Larbi Cherkaoui, inspiré par leur mode de vie minimaliste, avait réussi à tirer le pur jus de leur gestuelle unique. Rien de tout cela dans Tale of the Dragon, où les costumes criards portent ombrage aux prouesses vertigineuses des acrobates de la troupe impériale de Chine. La prestation d'une contorsionniste, qui tient en équilibre sur chaque membre d'immenses chandeliers tout en pivotant est, en soi, à couper le souffle. Même chose pour les guerriers qui bondissent comme des chats, fracassent des plaques de pierre ou pivotent sur des pointes effilées.
C'est dans les moments épurés, marqués par le seul son des tambours chinois, que l'on apprécie le plus l'essence de ces gestes séculaires. En cherchant à tout prix à flirter avec la modernité, le dragon chinois a peut-être perdu une partie de son âme et de ses racines.
Défi de taille pour Yan Yan Zhao, ex-acrobate au Cirque du Soleil, formée dans la plus pure tradition impériale. Après un premier passage au Québec en 2007 avec Jungua, une stricte démonstration d'art martial, l'acrobate devenue metteure en scène souhaitait insuffler un peu d'âme et de modernité aux prestations de ces comparses chinois.
Avec l'aide de Guy Caron, ex-directeur de création au Cirque du Soleil, Tale of the Dragon a donc choisi de prendre la forme d'un conte onirique, où un jeune voleur retrouve le droit chemin après un séjour prolongé chez les moines shaolin. Tigre, cigogne, grenouille et serpent, autant d'archétypes de la mythologie chinoise, participeront à sa réhabilitation. Grosse morale, au menu.
Sorte de version circassienne de Tigre et Dragon d'Ang Lee, Chi of Shaolin se trouve donc à cheval entre kung-fu et cirque théâtralisé, servi à grand renfort de décors, costumes et musique «modernes». La question est de savoir si ces maîtres ès arts martiaux avaient besoin d'un tel suremballage. Dans Sutra, présenté il y a deux ans à Montréal, un chorégraphe de talent comme Sidi Larbi Cherkaoui, inspiré par leur mode de vie minimaliste, avait réussi à tirer le pur jus de leur gestuelle unique. Rien de tout cela dans Tale of the Dragon, où les costumes criards portent ombrage aux prouesses vertigineuses des acrobates de la troupe impériale de Chine. La prestation d'une contorsionniste, qui tient en équilibre sur chaque membre d'immenses chandeliers tout en pivotant est, en soi, à couper le souffle. Même chose pour les guerriers qui bondissent comme des chats, fracassent des plaques de pierre ou pivotent sur des pointes effilées.
C'est dans les moments épurés, marqués par le seul son des tambours chinois, que l'on apprécie le plus l'essence de ces gestes séculaires. En cherchant à tout prix à flirter avec la modernité, le dragon chinois a peut-être perdu une partie de son âme et de ses racines.








