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OKIDOK au festival Montréal complètement cirque - Les éternels inséparables troquent le nez rouge contre le slip

19 juillet 2011 | Isabelle Paré | Cirque
Un petit maigre à lunettes et un trapu à casque d’aviateur forment la paire d’as de pique de ce Slips Inside, de la troupe OKIDOK.<br />
Photo : Leo Mauger Un petit maigre à lunettes et un trapu à casque d’aviateur forment la paire d’as de pique de ce Slips Inside, de la troupe OKIDOK.
Slips Inside. De la troupe OKIDOK, de Belgique.
À la Tohu du 20 au 23 juillet.
Depuis l'enfance, ils avaient presque les pieds dans la même bottine. Mais aujourd'hui ils ont troqué leur nez rouge contre des slips trop grands. Depuis leur dernier passage à Montréal, les clowns belges d'OKIDOK se sont trouvé une nouvelle âme absurde. Portrait de clowns qui se cherchaient et se sont trouvés.

Selon les grands préceptes de l'art clownesque, repris par le maître français Jacques Lecoq, chaque comédien doit trouver «son clown intérieur». À l'opposé du comédien qui joue un personnage, le clown doit trouver en lui la nature intrinsèque de son propre bouffon pour n'en plus changer.

N'en déplaise à Lecoq, après plus de 20 ans de métier et une carrière lancée par leurs personnages de clowns poétiques, les OKIDOK se sont découvert une deuxième âme, cette fois bêtement absurde. En fouillant leur for intérieur, ils n'ont pas mis de temps à balancer leurs nez rouges et leurs grands souliers à claque. Un genre de coming-out peu commun dans ce métier.

«Dans notre précédent spectacle, Ha Ha Ha, on était dans l'esthétique des clowns classiques mais avec des numéros modernes. Dans Slips Inside, on a changé totalement de look pour explorer une autre image, moins poétique et beaucoup plus ridicule», explique Xavier Bouvier, un des deux pitres en caleçons.

Clown un jour, clown toujours

Les deux histrions n'en sont pas à leurs premiers tours de piste. En tandem depuis l'âge de 12 ans, ils ont appris leur métier sur le tas et sont passés par Tournai, en participant à La Piste d'espoir, un rendez-vous circassien très reconnu en Belgique. À leur sortie de l'École nationale de théâtre belge, ils sont venus parfaire leur formation à l'École nationale de cirque de Montréal (ÉNC) en 1995. Depuis, leur première création, Ha Ha Ha, remarquée par la légendaire troupe de clowns russes des Licedei, a tourné dans plus de 29 pays, du Japon à la Nouvelle-Calédonie, en passant par Tahiti et Montréal (en 2006).

Malgré ce succès, les deux loustics avaient le goût d'aller voir ailleurs si d'autres comiques ne se cachaient sous l'attirail de leurs clowns classiques de cirque. «Ce qu'on fait va à l'encontre des théories de l'art clownesque, mais on cherchait à s'inscrire dans l'absurde, de façon actuelle et un peu plus punk», dit-il.

Ces nouveaux clowns, ce sont Albert et Baudouin (noms des deux derniers rois de Belgique), deux ratés qui tentent de présenter une revue de music-hall dans les caleçons relâchés de leur grand-père. Sans texte, les personnages multiplient les rendez-vous avec l'absurde dans une suite de numéros foireux d'acrobatie, de magie, de mime, de danse et de cascades. Du nombre, le très fameux «saut dans la bobette», inventé par la paire de toqués. «L'idée du slip trop grand, c'est d'être en contraste total avec les images actuelles d'hommes très sexy en slip, du genre footballeur parfait en Armani», explique Xavier Bouvier.

Un petit maigre à lunettes et un trapu à casque d'aviateur forment la paire d'as de pique de ce Slips Inside, présenté comme l'un des spectacles familiaux de Montréal complètement cirque.

Malgré le virage à 180 degrés amorcé dans ce dernier spectacle, les compères belges continueront à cohabiter avec leurs anciennes têtes à claques, de sorte que les clowns poétiques de Ha Ha Ha seront de retour à Montréal sur la piste de la Tohu pour les Fêtes. Bienheureuse schizophrénie? «Au contraire des théoriciens, nous pensons que plusieurs clowns peuvent cohabiter chez le même individu, insiste le porte-parole du duo. Nos personnages se nourrissent les uns les autres et font croître leurs univers respectifs. En fait, ils vivent en parfaite harmonie!»
 
 
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