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    Cirque Alfonse au festival Montréal complètement cirque

    Rigodon pour cirque en bois brut, taillé à la hache

    15 juillet 2011 |Isabelle Paré | Cirque
    Les haches virevoltaient en pleine répétition...<br />
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Les haches virevoltaient en pleine répétition...
    Au théâtre Espace Go, du 15 au 18 juillet.

    Avec son lot de «billes» de bois, ses turluttes des années dures et son camp de bûcheron taillé à la hache, le Cirque Alfonse sort de la brousse pour présenter son cirque trad, droit sorti du terroir.


    Fondé à Saint-Alphonse-Rodriguez en 2005, l'histoire du Cirque Alfonse, c'est avant tout celle d'une famille tricotée serrée, qui rêvait d'une vie de saltimbanques et de spectacles branchés sur le folklore traditionnel de leur coin de pays.

    Le patriarche, Alain Carabinier, Suisse d'origine et fondateur de ce clan unique, rêvait déjà de cabanes au Canada avant de rencontrer, il y a 30 ans, sa future lors d'un voyage en Équateur. Le couple a atterri dans le petit village lanaudois de Saint-Alphonse-Rodriguez, et ne l'a plus quitté depuis.

    Depuis leur première oeuvre, La Brunante, ancrée dans le folklore québécois, la famille lanaudoise s'affiche comme l'alter ego acrobatique de La Bottine souriante, le «Mes Aïeux» du monde circassien.

    Pour Timber!, leur deuxième création, le clan a élargi ses rangs. En plus du fils Antoine, ex-acrobate pour Éloize et Les 7 doigts de la main, et de sa soeur Julie, danseuse et chanteuse, le Cirque Alfonse réunit Jonathan Casaubon (le «beauf»), Guillaume Saladin (un grand six pieds) et Josiane Laporte, ex-acrobate pour Éloize, devenue pour la cause experte en maniement de la hache.

    Tout le printemps, le clan s'est réuni dans la grange familiale à Saint-Alphonse-Rodriguez pour pondre cette dernière création, quatre jours après la naissance d'Arthur, le p'tit dernier de la lignée Carabinier, à qui l'on prédit une carrière précoce. «Après des années de tournée, nous voulions retourner dans notre village natal et retrouver nos racines. On a vécu toute notre enfance à un kilomètre du plus proche voisin, nous sommes encore très attachés à cette vie un peu sauvage», explique Antoine.

    Naît alors l'idée d'exploiter le bois comme matériau brut et d'en faire le moteur d'un spectacle intitulé Timber!, dépourvu des agrès traditionnels de cirque.

    «On testait nos idées dans la grange, puis on allait trouver dans le bois les accessoires dont on avait besoin. Toute la recherche s'est faite là-bas», ajoute le fils Carabinier.

    Même le plancher de la grange y est passé, transformé par le père en une authentique bécosse, qui trônera dans le camp de bûcheron recréé à Espace Go.

    Sur le plateau du Cirque Alfonse, les haches volent en lieu et place des quilles de jongleur, les roues de charrette se prennent pour des roues Cyr et les billots de bois jouent les rola bola. La barre russe: une planche de bois brut. Un billot sert de bascule à la planche sautoir, et les acrobates voltigent au-dessus de godendarts, ces monstrueuses scies à deux poignées utilisées jadis par les bûcherons.

    Au son des violoneux et des tapeux de pieds, la table sera mise pour le retour des hommes au camp, suivi d'une nuit dans la forêt boréale. Bref, le tout prend des airs de veillée d'antan, avec la soupe qui mijote sur un vieux poêle. Ne manque plus que Jos Montferrand et Jack Monoloy pour compléter la tablée.

    Tous les circassiens ont dû se rompre au maniement de la hache et d'autres appareils non traditionnels. «Le but, c'était d'être vrais. Il n'y a pas de tricherie. Pour faire réussir cette relecture des disciplines classiques de cirque, il faut des artistes qui ont beaucoup de maîtrise et d'expérience. Et en plus, ce sont tous des casse-gueule, alors je ne les retiens pas!» insiste Alain Francoeur, le metteur en scène de cette virée forestière.

    Y compris le paternel qui, en plus de jouer les figurants, vivra son baptême circassien du haut d'une colonne à trois, à 65 ans bien sonnés! La musique, dominée par les guitares, violons et banjos, est signée David Boulanger, violoniste pour La Bottine souriante.

    Pendant que les haches virevoltaient en pleine répétition, Antoine se félicitait la semaine dernière que tout le monde s'en soit tiré sans coups ni blessures. «En fait, l'exercice le plus dur, ç'a été de tous retourner vivre en même temps chez nos parents pendant six semaines!»












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