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Suspendus au trapèze

Deux jeunes Québécois renouvellent une des plus exigeantes disciplines de la piste pour le Cirque du Soleil

Stéphane Baillargeon   27 avril 2010  Cirque
Le petit miracle, le grand bijou, est servi par Louis-David Simoneau et Rosalie Ducharme, deux jeunes diplômés de l’École nationale de cirque du Canada.
Photo : Jacques Grenier - Le Devoir
Le petit miracle, le grand bijou, est servi par Louis-David Simoneau et Rosalie Ducharme, deux jeunes diplômés de l’École nationale de cirque du Canada.
Bien sûr, il ne faut présumer de rien, car un numéro ne fait pas un spectacle à lui tout seul. On attendra donc demain soir, à la première médiatique, pour porter un jugement complet sur Totem, le nouveau spectacle pour chapiteau du Cirque du Soleil.

Seulement, des préposés à la «plogue» (et j'en suis) qui ont vu des extraits à la conférence de presse promotionnelle il y a deux semaines comme certains invités des avant-premières consultés au cours des derniers jours semblent unanimes: le duo-trapèze de ce nouveau spectacle ambulant s'annonce comme une pure merveille, un cas rare de renouvellement d'une des plus vieilles, des plus nobles et des plus difficiles disciplines de la piste.

Le petit miracle, le grand bijou, est servi par Rosalie Ducharme et Louis-David Simoneau, deux jeunes diplômés (ils ont 21 ans) de l'École nationale de cirque du Canada. Elle a une base en gymnastique; il vient du théâtre amateur. Ensemble, ils ont cassé le moule du très exigeant appareil de voltige. D'ailleurs, ceci explique-t-il cela, leur innocence a-t-elle permis d'aller là où les autres pros n'avaient jamais repoussé la barre?

«Nous avons monté ce numéro en misant sur nos personnalités et nos talents, pas sur notre inexpérience, répond M. Simoneau. Le trapèze exige la maîtrise d'un langage de base. On a fait nos gammes, mais on ne voulait pas s'arrêter là. On a donc travaillé pour sortir des canevas.»

Pour faire court, disons que le renouvellement s'appuie sur des acrobaties explorant jusqu'aux limites les portés et les capacités verticales de l'appareil. «Nous avons évité les voies naturelles ou évidentes, explique Rosalie Ducharme. Par exemple, on cherche toujours à remonter vers la barre par un chemin inattendu. Cette façon de faire génère de nouvelles images.»

Il s'agit du seul numéro mettant en scène des artistes québécois. Il s'agit aussi d'un des sept numéros achetés clés en main (sur les dix de la programmation) par l'équipe regroupée autour du metteur en scène

Robert Lepage. Les trois autres ont été créés pour Totem. «On leur a envoyé une vidéo, et ils nous ont embauchés, explique Mme Ducharme. C'était notre numéro de finissants à l'École.»

Le choix s'inscrit dans une proposition narrative organisée autour de l'évolution de la vie sur Terre, montrant des êtres capables de ramper ou de sauter par exemple. Les trapézistes, eux volent et grimpent. Leurs collègues les ont surnommés «les inséparables», comme les oiseaux...

La première médiatique de Totem aura lieu demain soir à Montréal. Le spectacle devrait ensuite tourner pendant au moins une décennie à travers le monde.
 
 
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