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    Cent ans du Ouimetoscope

    La Cinémathèque québécoise célèbre le centenaire de la première salle de cinéma de Montréal, le 13 janvier prochain

    7 janvier 2006 |Odile Tremblay | Cinéma
    Le 1er janvier 1906, il y a cent ans et des poussières, Léo-Ernest Ouimet, pionnier du septième art en nos terres, ouvrait le Ouimetoscope, premier cinéma permanent de Montréal, qui connut un succès boeuf. Précisons que Ouimet s'était déployé tous azimuts, en amont comme en aval de cette industrie du septième art alors montante: exploitant de salle, distributeur, réalisateur, producteur.

    Ça méritait bien un coup de chapeau. Que lui accorde la Cinémathèque québécoise le 13 janvier à 18h30 à la salle Claude-Jutra, en images, en boniments, en extraits sonores, etc., pour une soirée d'époque qu'animera l'historien et professeur de cinéma Germain Lacasse, avec au piano Gabriel Bilodeau et à la chanson Claire Lefrenière, musicologue spécialisée dans les chansons urbaines de la Belle Époque.

    «Je peux difficilement me coller à ce que disaient les bonimenteurs de l'époque. Ceux-ci utilisaient souvent les textes de catalogues, résumés de films fournis par les producteurs comme Pathé aux exploitants de salles», explique Germain Lacasse.

    Il se propose plutôt de commenter les courts métrages, de les remettre dans leur contexte historique, etc.

    Fils d'agriculteur, né à Saint-Martin-de-Laval en 1877, d'abord électricien, Léo-Ernest Ouimet avait rencontré, alors qu'il préparait des éclairages pour le Théâtre national et le parc Sohmer de Montréal, des projectionnistes ambulants qui l'avaient mis au parfum du nouvel art dont il perçut très tôt les possibilités. Précisons que Ouimet, après avoir connu la gloire, succomba au mirage américain. En 1923, il produit à Hollywood Why Get Married?. Toujours en 1923, Ouimet connut des revers à son retour au pays. Il devait tristement finir comme gérant d'une succursale de la Commission des liqueurs du Québec jusqu'à sa mort à 80 ans, en 1957.

    Autant le dire tout de suite: des films tournés par Léo-Ernest Ouimet, il ne subsiste pas grand-chose. Germain Lacasse vous expliquera que les pellicules au nitrate de l'époque, si inflammables, rendaient les bobines suspectes aux compagnies d'assurances et au service des incendies de la ville. De fait, les oeuvres partaient parfois en flammes en combustion spontanée. «Il est possible qu'il ait détruit lui-même certains de ses films avant son départ pour les États-Unis en 1922», précise Germain Lacasse.

    De rares fragments

    Mes espérances en 1908, le seul film entier du pionnier conservé à ce jour, ancêtre des vidéos maison, sera présenté lors de cette soirée-hommage. On y voit les enfants du cinéaste jouer avec le gramophone et l'activer, danser, sauter. Puis la petite famille est captée au jardin avec maman à la couture, petit garçon à la lecture du Canard, un journal satirique, petite fille à la poupée de chiffon, etc. Durée de Mes espérances en 1908: trois minutes.

    Des fragments des bandes d'actualité de Ouimet subsistent également, comme La Chute du Pont de Québec (1907), Le Congrès eucharistique de Montréal (1910), L'Incendie de Trois-Rivières (1908), qui font partie du programme.

    S'y ajoutent des films que Ouimet, avec son chapeau d'exploitant de salles, montrait dans son cinéma après être allé se ravitailler à Paris et à New York. Tels L'Assassinat du duc de Guise par André Calmettes (1908) et la comédie Max a un duel de Max Linder (1911). Des extraits du documentaire d'André Gladu La Conquête du grand écran montreront Léo-Ernest Ouimet en train de saluer à la ronde.

    Si Mes espérances en 1908 met en scène les enfants de Ouimet, Léon Bélanger, son neveu, a filmé en 1948 ses propres enfants jouant avec Ouimet alors âgé de 70 ans, présenté aussi à la Cinémathèque. La boucle est bouclée.

    «Pour les photos du Ouimetoscope, on s'est concentrés sur l'époque de l'ouverture avant 1910», précise Germain Lacasse. Le cinéma a connu bien des avatars, changement de nom, transformation complète avant sa fermeture au cours des années 1990.

    L'historien du cinéma, bonimenteur pour la soirée, précise que des inédits seront au programme, non pas en matière de films, mais de musique. «Ouimet a également produit des partitions de musique en feuilles avec illustrations que les gens jouaient chez eux», issues de la collection du Ouimetoscope. Les spectateurs pourront entendre et regarder à travers les images fixes, entre autres, La Complainte du Pont de Québec de Raoul Collet ainsi que La Polka du Ouimetoscope et Le Ouimetchiche de Miro.

    Claire Lafrenière va les chanter accompagnée par Réal Léveillée. Autre activité de la soirée-hommage: un programme-souvenir d'époque préparé par l'historien Jacques Clairoux sera offert aux spectateurs. Louis Bélanger, petit-neveu du pionnier, distribuera les authentiques bonbons Bélanger que les spectateurs de 1906 achetaient pour contourner l'interdiction des spectacles payants le dimanche. La Cinémathèque prévient que ce spectacle, qui n'est présenté qu'une fois tous les cent ans, est un must.

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