À voir à la télévision le mercredi 14 décembre - Fantasme nordiste
Clint Eastwood et le réalisateur Don Siegel, l'un de ses deux mentors — l'autre étant Sergio Leone —, se sont battus avec acharnement pour imposer la fin, étonnante du point de vue d'un admirateur de Dirty Harry, du 26e film de Siegel, The Beguiled (Les Proies, 1970). De là à y voir la raison principale de son échec commercial retentissant aux États-Unis, et par ricochet le culte dont il fait l'objet chez les cinéphiles européens, il n'y a qu'un pas...
Au-delà de sa stupéfiante conclusion, que je me garderai bien de vous dévoiler, il y a un plaisir jouissif à voir ce bon vieux macho d'Eastwood se transformer en victime vulnérable parmi une bande de femmes qui salivent devant leur protégé. Mais la situation n'a rien d'amusant, du moins au départ. Pendant la guerre de Sécession, le caporal John McBirney (Eastwood), un nordiste blessé et isolé, est secouru par une fillette qui le conduit dans la pension où elle habite, dirigée d'une main de fer par Mme Martha (Geraldine Page, qui ne s'en laisse jamais imposer). Des soldats sudistes le recherchent, elle pourrait le leur livrer, mais quelque chose la retient...
Ses blessures s'aggravent (dans une scène hallucinante, on mettra un terme à certaines de ses souffrances de façon draconienne, et tranchante) mais cela n'altère en rien son charme, du moins pour des femmes trop heureuses de prendre soin d'un homme tel que McBirney. Et même s'il fait toujours figure d'ennemi, le militaire de carrière comprend que sa survie passe aussi par la séduction, et il en use auprès des pensionnaires de l'établissement. Tout le film repose sur ces regards équivoques, ces situations sexuellement explosives, et cette ambiguïté autour de l'homme que l'on veut davantage protéger que dénoncer... Mais la guerre, peu importe où elle fait ses ravages, reprend parfois vite ses droits, même dans le coeur des femmes.
Cinéma / Les Proies
Historia, 22h
Au-delà de sa stupéfiante conclusion, que je me garderai bien de vous dévoiler, il y a un plaisir jouissif à voir ce bon vieux macho d'Eastwood se transformer en victime vulnérable parmi une bande de femmes qui salivent devant leur protégé. Mais la situation n'a rien d'amusant, du moins au départ. Pendant la guerre de Sécession, le caporal John McBirney (Eastwood), un nordiste blessé et isolé, est secouru par une fillette qui le conduit dans la pension où elle habite, dirigée d'une main de fer par Mme Martha (Geraldine Page, qui ne s'en laisse jamais imposer). Des soldats sudistes le recherchent, elle pourrait le leur livrer, mais quelque chose la retient...
Ses blessures s'aggravent (dans une scène hallucinante, on mettra un terme à certaines de ses souffrances de façon draconienne, et tranchante) mais cela n'altère en rien son charme, du moins pour des femmes trop heureuses de prendre soin d'un homme tel que McBirney. Et même s'il fait toujours figure d'ennemi, le militaire de carrière comprend que sa survie passe aussi par la séduction, et il en use auprès des pensionnaires de l'établissement. Tout le film repose sur ces regards équivoques, ces situations sexuellement explosives, et cette ambiguïté autour de l'homme que l'on veut davantage protéger que dénoncer... Mais la guerre, peu importe où elle fait ses ravages, reprend parfois vite ses droits, même dans le coeur des femmes.
Cinéma / Les Proies
Historia, 22h
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