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À voir à la télévision le samedi 3 décembre - Un certain goût pour la mort

André Lavoie   3 décembre 2005  Cinéma
L'expression anglaise «monster's ball» évoque le dernier soir d'un condamné à mort... Dans Monster's Ball (Le Bal du monstre, 2001), du cinéaste américain d'origine suisse Marc Forster, tandis qu'un des personnages, de race noire, fait ses derniers pas dans ce triste corridor, les autres, plus ou moins liés à lui — par devoir policier ou par nécessité familiale —, ressemblent à des êtres en sursis. Leur existence de misère s'apparente à une condamnation au malheur perpétuel.

Devant ce scénario signé Milo Addica et Will Rokos, plusieurs ne voyaient, au mieux, qu'une version afro-américaine de Dead Man Walking, raison parmi d'autres pour expliquer que le projet s'est baladé d'un producteur à l'autre pendant six ans. Et pourtant, dans les mains de Marc Forster, Monster's Ball ne fait pas qu'exposer en pleine lumière le racisme qui ronge le sud des États-Unis. Qu'ils aient la peau noire ou blanche, c'est le même mal de vivre qui les pousse au désespoir... ou dans les bras de l'autre. Et celui de Hank (Billy Bob Thornton, sensible et prodigieux) comme celui de Leticia (Halle Berry, auréolée d'un Oscar pratiquement accidentel à en juger par ses nombreux choix douteux... ) sont chargés de fantômes, de cadavres, d'amertume.

Ils vivent tous les deux dans une petite ville de Géorgie. Hank travaille comme gardien de prison avec son fils Sonny (Heath Ledger); Leticia travaille comme serveuse dans un minable «diner» et, avec son fils Tyrell (Coronji Calhoun), s'astreint à rendre visite à son mari bientôt condamné à mort. Le suicide de Sonny, un garçon sensible devant l'horreur des exécutions, et la mort accidentelle de Tyrell serviront de catalyseur à une union improbable, que le film se garde bien d'expliciter. Comment va réagir Leticia lorsqu'elle découvrira que celui qui la touche a précipité son mari dans la mort? Loin des réconciliations larmoyantes, et jamais baigné d'un psychologisme simpliste, Monster's Ball décrypte les méandres de la solitude et de l'amour, véritable bouée de sauvetage.

Cinéma / Le Bal du monstre

Télé-Québec, 22h30






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