Une saison riche d'attentes
Le cinéma québécois brodera sur les thèmes de la famille de l'identité et du dépassement de soi
Source Christal Films
Familia, de Louise Archambault, est précédé d’une rumeur élogieuse.
La sortie hier du grand film de Bernard Émond La Neuvaine semble un oiseau de bon augure perché sur la rentrée du cinéma québécois. Une oeuvre de maturité et d'intelligence ouvre le bal. Allez vous en plaindre... Reste à souhaiter que La Neuvaine, diffusé sur sept écrans à peine à l'heure de sa sortie, puisse atteindre par la suite le public large qu'il mérite.
Le cinéma québécois — que l'on ne juge plus hélas! qu'à l'aune de ses succès publics tant il fracasse sans cesse des records d'audience — peut verser aussi dans la vraie qualité. C'est alors qu'on lui souhaiterait de remplir les salles... Pourtant, l'automne cinéma sera surtout marqué par l'enchaînement des trois festivals dans un centre-ville montréalais qui n'en demandait pas tant.
Sinon, à l'horizon, côté films, une cuvée éclectique se propose d'en servir pour tous les goûts, brodant sur les thèmes de la famille, de l'identité, du dépassement de soi, avec des échappées du côté du polar, du fantastique, et bien entendu de la comédie dans un Québec toujours mort de rire.
Pour tous les goûts
Familia, de Louise Archambault, est précédé d'une rumeur élogieuse. Sur fond de conflits générationnels et de legs familiaux, deux amies d'enfance (Sylvie Moreau et Macha Grenon) se redécouvrent alors que leurs adolescentes (Mylène Saint-Sauveur et Juliette Gosselin) s'émancipent et remettent en question celles qui les ont élevées (16 septembre).
Très attendu: L'Audition, premier long métrage du comédien Luc Picard (en compétition au Festival international de films de Montréal). Picard s'y met lui-même en scène aux côtés d'Alexis Martin, de Suzanne Clément, de Denis Bernard et de Julie McClemens. Le film raconte la vie d'une brute à gages qui rêve d'être acteur et dont la vie bascule à la suite d'une proposition d'audition et de la grossesse de sa femme (30 septembre).
À la fois acteur, scénariste et réalisateur de documentaires et de vidéoclips, Robin Aubert livre avec Saints-Martyrs-des-Damnés son premier long métrage. Fiction à saveur fantastique, le film aborde de mystérieuses disparitions dans un village reculé, avec enquête au menu. À la distribution: François Chénier, Isabelle Blais, Patrice Robitaile, Monique Mercure, Monique Miller, Hubert Loiselle, Mathilde Lavigne (14 octobre).
Amnésie - L'Énigme James Brighton, de Denis Langlois, est, comme son nom l'indique, une histoire d'amnésie: celle d'un Américain trouvé nu et sans mémoire dans un stationnement désaffecté du Vieux-Montréal en 1998. (Ça ressemble à l'histoire de Piano Man). Seuls souvenirs du héros: son nom: James Brighton, et son orientation sexuelle: il est homosexuel. Rebondissements, enquête, recherche d'identité, révélations. Sur ce thème des réminiscences envolées, Mémoires affectives de Francis Leclerc s'était révélé un très beau film. Denis Langlois nous avait déjà donné L'Escorte et Danny in the Sky, deux films qui abordaient avec une valeur inégale le monde homosexuel (30 septembre).
Au chapitre des productions très grand public, deux films québécois semblent vouloir ratisser gros: Maurice Richard de Charles Binamé et Les Boys 4 de Georges Mihalka. Ils ont en commun de porter des patins et de viser une clientèle surtout masculine, amateur de hockey en tous genres.
Légende des légendes, le «Rocket» reprend vie sous les traits de Roy Dupuis. À partir de l'émeute causée par la décision du président de la LNH de bannir le grand joueur de hockey des matchs des éliminatoires, la vie de Maurice Richard se reconstruit. L'enfance, l'ambition, la passion, les exploits, la figure emblématique pour des Québécois fatigués du petit pain national, qui relèvent la tête en voyant triompher leur Rocket. À ceux qui reprochaient au cinéma québécois de manquer de héros à servir bien cuits, Maurice Richard répondra «présent!» (7 octobre).
Réalisateur des trois premiers volets des Boys, Louis Saïa a passé la main, estimant que ses personnages avaient assez vécu. Qu'à cela ne tienne: après cinq ans d'absence, les patineurs du dimanche reviennent sur la glace dans Les Boys 4, réalisé par Georges Mihalka. L'enjeu de leur tournoi amateur sera cette fois de se mesurer aux joueurs de la Ligue nationale. De vraies étoiles: Martin Brodeur, Simon Gagné, Guy Lafleur, Stéphane Richer, Mike Bossy et compagnie, affronteront les habituels Marc Messier, Rémy Girard, Pierre Lebeau, Yvan Ponton, Patrick Labbé et autres interprètes sur patins.
Une cuvée de documentaires
Versant documentaire, dans Gilles Carle ou l'indomptable imaginaire, Charles Binamé interroge l'oeuvre et l'héritage du célèbre cinéaste de La Mort d'un bûcheron, à travers des entrevues et des extraits de films. Un court métrage de Gilles Carle, L'Âge de la machine, sera présenté en complément de programme (30 septembre).
Faisant écho au film Aurore, Les Voleurs d'enfance, de Paul Arcand, se veut une oeuvre coup-de-poing sur les enfants maltraités et abusés (7 octobre). La Rue zone interdite, de Gilbert Duclos, remonte le fil de la saga juridique vécue par l'auteur. Photographe de presse, Gilbert Duclos, après avoir pris et publié la photo d'une jeune femme assise sur le trottoir, fut traîné devant les tribunaux jusqu'à la Cour suprême. L'arrêt Duclos allait changer les règles du jeu en photographie du réel. Des entrevues s'entrecroisent (à Ex-Centris du 9 au 15 septembre).
L'aventure de prisonniers qui trouvent leur liberté dans l'expérience théâtrale et partent en tournée est racontée dans Prisonniers de Beckett de Michka Saäl (dates à déterminer).
André Gladu, dans Marron, explore pour la seconde fois la Louisiane des bayous, où les survivances francophones et africaines se marient sur les accords d'une musique unique au monde (à Ex-Centris du 16 au 25 sept.).
Pas de pays sans paysans, d'Ève Lamont, constitue une fable urbaine explorant les thèmes de l'exclusion et de la marginalité chez cinq jeunes stagiaires d'un centre de réinsertion socioprofessionnelle (à Ex-Centris, octobre).
Toujours sur le thème de la musique, Carole Laganière traque, avec Country, les cow-boys, musiciens, chanteurs et amateurs fous de country (dates à déterminer).
Dans Le Prix de la paix, Paul Cowan parcourt la République démocratique du Congo, explorant un pays ravagé par la guerre civile — trois millions de victimes en cinq ans — et les luttes de pouvoir à vif.
Bernard Émond, dans la foulée de sa Neuvaine, aura droit à une rétrospective de ses films à la Cinémathèque québécoise. Au programme, ses documentaires mais aussi ses fictions: La femme qui boit et 20h17, rue Darling. Du 24 septembre au 12 octobre.
Autre coup de chapeau de la Cinémathèque québécoise: celui qu'elle donne pour les 20 ans des Productions Virages, consacrées au documentaire. Le hit suprême de la boîte: À hauteur d'homme, de Jean-Claude Labrecque, avec Bernard Landry en vedette. Et je dirais même plus: Audi alteram partem et salut tout le monde!
Le cinéma québécois — que l'on ne juge plus hélas! qu'à l'aune de ses succès publics tant il fracasse sans cesse des records d'audience — peut verser aussi dans la vraie qualité. C'est alors qu'on lui souhaiterait de remplir les salles... Pourtant, l'automne cinéma sera surtout marqué par l'enchaînement des trois festivals dans un centre-ville montréalais qui n'en demandait pas tant.
Sinon, à l'horizon, côté films, une cuvée éclectique se propose d'en servir pour tous les goûts, brodant sur les thèmes de la famille, de l'identité, du dépassement de soi, avec des échappées du côté du polar, du fantastique, et bien entendu de la comédie dans un Québec toujours mort de rire.
Pour tous les goûts
Familia, de Louise Archambault, est précédé d'une rumeur élogieuse. Sur fond de conflits générationnels et de legs familiaux, deux amies d'enfance (Sylvie Moreau et Macha Grenon) se redécouvrent alors que leurs adolescentes (Mylène Saint-Sauveur et Juliette Gosselin) s'émancipent et remettent en question celles qui les ont élevées (16 septembre).
Très attendu: L'Audition, premier long métrage du comédien Luc Picard (en compétition au Festival international de films de Montréal). Picard s'y met lui-même en scène aux côtés d'Alexis Martin, de Suzanne Clément, de Denis Bernard et de Julie McClemens. Le film raconte la vie d'une brute à gages qui rêve d'être acteur et dont la vie bascule à la suite d'une proposition d'audition et de la grossesse de sa femme (30 septembre).
À la fois acteur, scénariste et réalisateur de documentaires et de vidéoclips, Robin Aubert livre avec Saints-Martyrs-des-Damnés son premier long métrage. Fiction à saveur fantastique, le film aborde de mystérieuses disparitions dans un village reculé, avec enquête au menu. À la distribution: François Chénier, Isabelle Blais, Patrice Robitaile, Monique Mercure, Monique Miller, Hubert Loiselle, Mathilde Lavigne (14 octobre).
Amnésie - L'Énigme James Brighton, de Denis Langlois, est, comme son nom l'indique, une histoire d'amnésie: celle d'un Américain trouvé nu et sans mémoire dans un stationnement désaffecté du Vieux-Montréal en 1998. (Ça ressemble à l'histoire de Piano Man). Seuls souvenirs du héros: son nom: James Brighton, et son orientation sexuelle: il est homosexuel. Rebondissements, enquête, recherche d'identité, révélations. Sur ce thème des réminiscences envolées, Mémoires affectives de Francis Leclerc s'était révélé un très beau film. Denis Langlois nous avait déjà donné L'Escorte et Danny in the Sky, deux films qui abordaient avec une valeur inégale le monde homosexuel (30 septembre).
Au chapitre des productions très grand public, deux films québécois semblent vouloir ratisser gros: Maurice Richard de Charles Binamé et Les Boys 4 de Georges Mihalka. Ils ont en commun de porter des patins et de viser une clientèle surtout masculine, amateur de hockey en tous genres.
Légende des légendes, le «Rocket» reprend vie sous les traits de Roy Dupuis. À partir de l'émeute causée par la décision du président de la LNH de bannir le grand joueur de hockey des matchs des éliminatoires, la vie de Maurice Richard se reconstruit. L'enfance, l'ambition, la passion, les exploits, la figure emblématique pour des Québécois fatigués du petit pain national, qui relèvent la tête en voyant triompher leur Rocket. À ceux qui reprochaient au cinéma québécois de manquer de héros à servir bien cuits, Maurice Richard répondra «présent!» (7 octobre).
Réalisateur des trois premiers volets des Boys, Louis Saïa a passé la main, estimant que ses personnages avaient assez vécu. Qu'à cela ne tienne: après cinq ans d'absence, les patineurs du dimanche reviennent sur la glace dans Les Boys 4, réalisé par Georges Mihalka. L'enjeu de leur tournoi amateur sera cette fois de se mesurer aux joueurs de la Ligue nationale. De vraies étoiles: Martin Brodeur, Simon Gagné, Guy Lafleur, Stéphane Richer, Mike Bossy et compagnie, affronteront les habituels Marc Messier, Rémy Girard, Pierre Lebeau, Yvan Ponton, Patrick Labbé et autres interprètes sur patins.
Une cuvée de documentaires
Versant documentaire, dans Gilles Carle ou l'indomptable imaginaire, Charles Binamé interroge l'oeuvre et l'héritage du célèbre cinéaste de La Mort d'un bûcheron, à travers des entrevues et des extraits de films. Un court métrage de Gilles Carle, L'Âge de la machine, sera présenté en complément de programme (30 septembre).
Faisant écho au film Aurore, Les Voleurs d'enfance, de Paul Arcand, se veut une oeuvre coup-de-poing sur les enfants maltraités et abusés (7 octobre). La Rue zone interdite, de Gilbert Duclos, remonte le fil de la saga juridique vécue par l'auteur. Photographe de presse, Gilbert Duclos, après avoir pris et publié la photo d'une jeune femme assise sur le trottoir, fut traîné devant les tribunaux jusqu'à la Cour suprême. L'arrêt Duclos allait changer les règles du jeu en photographie du réel. Des entrevues s'entrecroisent (à Ex-Centris du 9 au 15 septembre).
L'aventure de prisonniers qui trouvent leur liberté dans l'expérience théâtrale et partent en tournée est racontée dans Prisonniers de Beckett de Michka Saäl (dates à déterminer).
André Gladu, dans Marron, explore pour la seconde fois la Louisiane des bayous, où les survivances francophones et africaines se marient sur les accords d'une musique unique au monde (à Ex-Centris du 16 au 25 sept.).
Pas de pays sans paysans, d'Ève Lamont, constitue une fable urbaine explorant les thèmes de l'exclusion et de la marginalité chez cinq jeunes stagiaires d'un centre de réinsertion socioprofessionnelle (à Ex-Centris, octobre).
Toujours sur le thème de la musique, Carole Laganière traque, avec Country, les cow-boys, musiciens, chanteurs et amateurs fous de country (dates à déterminer).
Dans Le Prix de la paix, Paul Cowan parcourt la République démocratique du Congo, explorant un pays ravagé par la guerre civile — trois millions de victimes en cinq ans — et les luttes de pouvoir à vif.
Bernard Émond, dans la foulée de sa Neuvaine, aura droit à une rétrospective de ses films à la Cinémathèque québécoise. Au programme, ses documentaires mais aussi ses fictions: La femme qui boit et 20h17, rue Darling. Du 24 septembre au 12 octobre.
Autre coup de chapeau de la Cinémathèque québécoise: celui qu'elle donne pour les 20 ans des Productions Virages, consacrées au documentaire. Le hit suprême de la boîte: À hauteur d'homme, de Jean-Claude Labrecque, avec Bernard Landry en vedette. Et je dirais même plus: Audi alteram partem et salut tout le monde!
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