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Cinéma - Aux États-Unis, La Marche de l'empereur devient triomphale

10 août 2005  Cinéma
Los Angeles — Succès sans précédent pour un film animalier étranger, La Marche de l'empereur est devenu cette semaine le deuxième documentaire le plus vu en salles aux États-Unis, derrière Fahrenheit 9/11.

Le film du Français Luc Jacquet a obtenu 7,1 millions de dollars de recettes le week-end dernier, ce qui lui permet d'atteindre 26,4 millions au total depuis sa sortie le 24 juin. Mais le plus remarquable est la hausse de 77 % des recettes par rapport au week-end précédent.

Le film figure désormais à la sixième place du classement du box-office, selon la société spécialisée Exhibitor Relations basée près de Los Angeles qui mesure la fréquentation des salles de cinéma des États-Unis et du Canada.

Distribué aux États-Unis par Warner Independent Pictures (WIP), une subdivision de la compagnie Warner Bros., le film, March of Penguins en version anglaise, y est sorti d'abord dans seulement quatre salles, deux à New York et deux à Los Angeles.

Précédé par une excellente critique, il a réalisé plus de 34 000 dollars de recettes par salle lors des trois premiers jours de son exploitation, soit cinq fois plus que le numéro un du box-office de l'époque, Batman Begins.

WIP avait misé sur le bouche-à-oreille, augmentant peu à peu le nombre d'écrans au cours de l'été. Stratégie payante puisque ce sont désormais 1867 cinémas dans tous les États-Unis qui montrent les aventures des manchots et leur émouvante lutte contre les éléments déchaînés de l'Antarctique pour la perpétuation de leur espèce.

«Nous passerons à plus de 2000 écrans vendredi prochain», a déclaré hier à l'AFP Laura Kim, vice-présidente de WIP, chargée du marketing et de la communication, se disant «ravie» par ces résultats inespérés du film.

Alors que la fréquentation des salles de cinéma nord-américaines est en plein marasme, «chaque semaine, les manchots nous surprennent», a dit Mme Kim.

Selon elle, ce succès s'explique par le fait que cet été, il existe «très peu de films que les parents peuvent aller voir avec leurs enfants, et que tant les parents que les enfants aiment».

«C'est un film destiné aux 5-80 ans, c'est à la fois un film romantique et un film que les enfants apprécient», a ajouté Mme Kim. En outre, «les épreuves que [les manchots empereur] traversent sont très semblables à celles de l'expérience humaine. [...] Ce n'est pas seulement un documentaire sur les manchots, c'est une histoire de survie», a-t-elle affirmé.

Le long métrage, fruit de longs mois de tournage par des températures polaires, est désormais le deuxième documentaire en terme de recettes dans l'histoire des États-Unis, devant le Bowling for Columbine de Michael Moore (21,5 millions de dollars), mais encore loin derrière le Fahrenheit 9/11 du même Moore, brûlot anti-Bush qui avait dépassé les 120 millions de dollars de recettes.

WIP, qui avait racheté avec National Geographic Films les droits de La Marche de l'empereur au festival de Sundance à Park City, Utah, en janvier dernier pour un million de dollars, a toutefois légèrement adapté le film au goût du public américain, en changeant la bande sonore et la narration.

Dans la version originale, les acteurs français Charles Berling et Romane Bohringer prêtaient leurs voix au couple de manchots. Dans la version anglaise, c'est le comédien Morgan Freeman qui commente l'histoire en voix off.

Sorti en France le 26 janvier, La Marche de l'empereur a attiré plus de 1,8 million de spectateurs.
 
 
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