Pays-Bas - Prison à vie pour l'islamiste assassin du cinéaste Theo van Gogh
27 juillet 2005
Cinéma
Amsterdam — Le tribunal d'Amsterdam a condamné hier un jeune islamiste maroco-néerlandais, Mohammed Bouyeri, à la réclusion à perpétuité pour l'assassinat du cinéaste Theo van Gogh, soulignant le choc créé aux Pays-Bas par cet «acte terroriste».
Mohammed Bouyeri, un fils d'immigrés marocains né et élevé à Amsterdam, avait avoué lors de son procès avoir tué Theo van Gogh «par conviction religieuse», au nom d'une vision très violente de l'islam.
Arrière-petit-neveu du peintre Vincent van Gogh et polémiste connu pour ses critiques contre l'islam, Theo van Gogh avait été abattu et égorgé en plein centre d'Amsterdam, le 2 novembre 2004, alors qu'il faisait de la bicyclette.
«L'attentat terroriste contre Theo van Gogh a suscité des sentiments très forts de peur et d'insécurité dans la société», a souligné le président de la chambre Udo Willem Bentinck.
«L'accusé a juré lors du procès qu'il referait la même chose s'il était libéré [...] Il n'y a donc qu'une seule peine adaptée à ce crime, la prison à vie», a ajouté le juge.
«La société doit être protégée de la meilleure manière possible contre l'accusé», a-t-il souligné.
Aux Pays-Bas, la prison à vie est appliquée à la lettre et les détenus finissent en principe leurs jours derrière les barreaux, à moins d'une grâce accordée par la reine. Depuis la Seconde Guerre mondiale, seuls deux condamnés à perpétuité ont été graciés.
Vêtu d'une djellaba grise, barbe noire bien fournie et keffieh noir et blanc sur la tête, Mohammed Bouyeri est resté quasiment impassible à l'énoncé de cette peine qui l'envoie, à 27 ans, pour le reste de ses jours en prison.
Il a juste hoché la tête puis a quitté la salle d'audience sans un regard pour la famille de Theo van Gogh — parents, soeurs et fils du cinéaste — présents dans la salle.
Il sera maintenu à l'écart des autres détenus pour purger sa peine afin d'éviter qu'il tente de recruter pour le Djihad violent, a précisé à l'AFP le ministère de la Justice.
Les magistrats ont rappelé que Bouyeri «était obsédé par la violence et par une idéologie totalitaire» née d'une interprétation radicale de l'islam. «À ses yeux, Theo van Gogh était un ennemi de l'islam et devait être tué», ont-il précisé.
Le verdict n'apporte guère de réponses sur les raisons qui ont fait basculer ce jeune homme d'origine marocaine, relativement bien intégré, vers l'islamisme violent.
Lors des audiences, un spécialiste des questions islamiques, Ruud Peters, avait évoqué le malaise des enfants de la deuxième génération d'immigrés, qui se replient parfois «vers une identité religieuse».
«Il y a des similitudes entre Mohammed Bouyeri et les auteurs présumés des attentats à Londres», a souligné le spécialiste français de l'islam Olivier Roy, dans un entretien à la télévision néerlandaise NOS.
À Londres, certains des kamikazes présumés étaient aussi des Britanniques d'origine étrangère décrits comme plutôt bien intégrés.
Bouyeri a également été reconnu coupable de tentative de meurtre contre huit agents de police et d'entrave au travail de la parlementaire Ayaan Hirsi Ali pour l'avoir menacée de mort dans un pamphlet poignardé sur le corps de Van Gogh.
Mme Hirsi Ali est la scénariste d'un court-métrage de Theo Van Gogh dénonçant les violences faites aux femmes au nom du Coran. Elle avait dû se cacher durant plusieurs mois.
Bouyeri est suspecté d'avoir fait partie d'une cellule terroriste, le groupe Hofstad, active aux Pays-Bas et à l'international, mais il n'était pas jugé pour ces faits lors de ce procès.
Il a quatorze jours pour faire appel de son verdict. Selon un de ses avocats, il ne devrait cependant pas user de ce droit mais aucune décision définitive n'a été prise.
Mohammed Bouyeri, un fils d'immigrés marocains né et élevé à Amsterdam, avait avoué lors de son procès avoir tué Theo van Gogh «par conviction religieuse», au nom d'une vision très violente de l'islam.
Arrière-petit-neveu du peintre Vincent van Gogh et polémiste connu pour ses critiques contre l'islam, Theo van Gogh avait été abattu et égorgé en plein centre d'Amsterdam, le 2 novembre 2004, alors qu'il faisait de la bicyclette.
«L'attentat terroriste contre Theo van Gogh a suscité des sentiments très forts de peur et d'insécurité dans la société», a souligné le président de la chambre Udo Willem Bentinck.
«L'accusé a juré lors du procès qu'il referait la même chose s'il était libéré [...] Il n'y a donc qu'une seule peine adaptée à ce crime, la prison à vie», a ajouté le juge.
«La société doit être protégée de la meilleure manière possible contre l'accusé», a-t-il souligné.
Aux Pays-Bas, la prison à vie est appliquée à la lettre et les détenus finissent en principe leurs jours derrière les barreaux, à moins d'une grâce accordée par la reine. Depuis la Seconde Guerre mondiale, seuls deux condamnés à perpétuité ont été graciés.
Vêtu d'une djellaba grise, barbe noire bien fournie et keffieh noir et blanc sur la tête, Mohammed Bouyeri est resté quasiment impassible à l'énoncé de cette peine qui l'envoie, à 27 ans, pour le reste de ses jours en prison.
Il a juste hoché la tête puis a quitté la salle d'audience sans un regard pour la famille de Theo van Gogh — parents, soeurs et fils du cinéaste — présents dans la salle.
Il sera maintenu à l'écart des autres détenus pour purger sa peine afin d'éviter qu'il tente de recruter pour le Djihad violent, a précisé à l'AFP le ministère de la Justice.
Les magistrats ont rappelé que Bouyeri «était obsédé par la violence et par une idéologie totalitaire» née d'une interprétation radicale de l'islam. «À ses yeux, Theo van Gogh était un ennemi de l'islam et devait être tué», ont-il précisé.
Le verdict n'apporte guère de réponses sur les raisons qui ont fait basculer ce jeune homme d'origine marocaine, relativement bien intégré, vers l'islamisme violent.
Lors des audiences, un spécialiste des questions islamiques, Ruud Peters, avait évoqué le malaise des enfants de la deuxième génération d'immigrés, qui se replient parfois «vers une identité religieuse».
«Il y a des similitudes entre Mohammed Bouyeri et les auteurs présumés des attentats à Londres», a souligné le spécialiste français de l'islam Olivier Roy, dans un entretien à la télévision néerlandaise NOS.
À Londres, certains des kamikazes présumés étaient aussi des Britanniques d'origine étrangère décrits comme plutôt bien intégrés.
Bouyeri a également été reconnu coupable de tentative de meurtre contre huit agents de police et d'entrave au travail de la parlementaire Ayaan Hirsi Ali pour l'avoir menacée de mort dans un pamphlet poignardé sur le corps de Van Gogh.
Mme Hirsi Ali est la scénariste d'un court-métrage de Theo Van Gogh dénonçant les violences faites aux femmes au nom du Coran. Elle avait dû se cacher durant plusieurs mois.
Bouyeri est suspecté d'avoir fait partie d'une cellule terroriste, le groupe Hofstad, active aux Pays-Bas et à l'international, mais il n'était pas jugé pour ces faits lors de ce procès.
Il a quatorze jours pour faire appel de son verdict. Selon un de ses avocats, il ne devrait cependant pas user de ce droit mais aucune décision définitive n'a été prise.
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