Festival du film de Toronto - Noël en septembre
Une pléiade d'artistes est attendue dans la Ville reine
Toronto — Peut-être le temps est-il venu de cesser de comparer les festivals de Montréal et de Toronto. Les deux événements rivaux sont si opposés, en termes de rigueur, que cette comparaison devient insultante pour celui qui en fait constamment la preuve, c'est-à-dire Toronto.
Après 26 années d'activités, dont une douzaine sous la forme gargantuesque qu'on connaît (on amorçait toutefois l'an dernier une cure d'amaigrissement, soit cinq films de moins par an), le Festival international du film de Toronto est devenu la mecque d'Amérique du Nord en matière de cinéma, le lieu par lequel producteurs et distributeurs doivent passer s'ils espèrent développer un marché dans les Amériques, l'endroit où réalisateurs, acteurs et artisans doivent se montrer afin de mousser les ventes (du film aux distributeurs, puis de ces derniers au public) et rencontrer la presse.
Le Québec le reconnaît, lui qui offre la primeur du Nèg, de Robert Morin, au festival de la Ville-Reine. Deux secondes après le FFM, où elle a reçu le prix du public, Manon Briand viendra pour sa part présenter La Turbulence des fluides. Cela dit, outre un hommage-anniversaire à La Vraie Nature de Bernadette de Carle, ainsi que quelques courts métrages (dont La Dernière Voix, de Julien Fonfrède et Karim Hussain, programmateurs de Fant-Asia), le Québec, cette année, se fait tout petit.
Bons services
La France, quant à elle, agrandit un peu plus chaque année l'espace qu'on consacre ici à sa cinématographie, en échange de primeurs. Au-delà des films de Cannes (Marie-Jo et ses deux amours, de Guédiguian, à qui on rend hommage) et de Venise (L'Homme du train de Leconte), on attend avec impatience les nouveaux films de Benoît Jacquot (Adolphe), d'Yves Angelo (Sur le bout des doigts), de la scénariste de La Reine Margot Danièle Thompson (Décalage horaire, avec Binoche) et du tandem Olivier Ducastel et Jacques Martineau (Ma vraie vie à Rouen). Également très attendu ici: une nouvelle adaptation du roman de Stephen Zweig, 24 heures de la vie d'une femme, par Laurent Bouhnik, ainsi que Sex Is Comedy, le nouveau Catherine Breillat, qu'on dit sulfureux — mais lequel de ses films ne l'est pas?
Bien entendu, dans la Ville reine, le cinéma anglo-saxon est régent. Même que le rouleau compresseur hollywoodien connaît le chemin, qu'il ouvre pour son cortège de stars venues promouvoir les produits de la saison d'automne. D'ici dix jours, Toronto aura vu défiler Michelle Pfeiffer (White Oleander), Dustin Hoffman et Susan Sarandon (Moonlight Mile), Nick Nolte et son réalisateur Neil Jordan (The Good Thief), Julianne Moore et Todd Haynes (Far From Heaven). Dans une optique ironique de bon voisinage, la cinéaste canadienne d'origine indienne Deepa Mehta ouvre la section panorama Canada avec Hollywood/Bollywood, un documentaire très attendu sur les deux plus grosses usines à rêves du monde.
La moisson anglaise est toujours ici très importante (on attend les derniers films de Leigh, Loach et Frears), de même que la sélection européenne est découvreuse et pertinente. Il est par ailleurs possible de reconstituer (ou constituer, dans mon cas) le parcours du dernier festival de Cannes, dont les films principaux sont programmés ici, à l'exception notable de la Palme d'or (Le Pianiste, de Polanski), que son distributeur américain réserve pour les étrennes des Fêtes. Il devrait pourtant savoir qu'à Toronto, le Noël des cinéphiles a lieu cette année du 5 au 15 septembre.
Après 26 années d'activités, dont une douzaine sous la forme gargantuesque qu'on connaît (on amorçait toutefois l'an dernier une cure d'amaigrissement, soit cinq films de moins par an), le Festival international du film de Toronto est devenu la mecque d'Amérique du Nord en matière de cinéma, le lieu par lequel producteurs et distributeurs doivent passer s'ils espèrent développer un marché dans les Amériques, l'endroit où réalisateurs, acteurs et artisans doivent se montrer afin de mousser les ventes (du film aux distributeurs, puis de ces derniers au public) et rencontrer la presse.
Le Québec le reconnaît, lui qui offre la primeur du Nèg, de Robert Morin, au festival de la Ville-Reine. Deux secondes après le FFM, où elle a reçu le prix du public, Manon Briand viendra pour sa part présenter La Turbulence des fluides. Cela dit, outre un hommage-anniversaire à La Vraie Nature de Bernadette de Carle, ainsi que quelques courts métrages (dont La Dernière Voix, de Julien Fonfrède et Karim Hussain, programmateurs de Fant-Asia), le Québec, cette année, se fait tout petit.
Bons services
La France, quant à elle, agrandit un peu plus chaque année l'espace qu'on consacre ici à sa cinématographie, en échange de primeurs. Au-delà des films de Cannes (Marie-Jo et ses deux amours, de Guédiguian, à qui on rend hommage) et de Venise (L'Homme du train de Leconte), on attend avec impatience les nouveaux films de Benoît Jacquot (Adolphe), d'Yves Angelo (Sur le bout des doigts), de la scénariste de La Reine Margot Danièle Thompson (Décalage horaire, avec Binoche) et du tandem Olivier Ducastel et Jacques Martineau (Ma vraie vie à Rouen). Également très attendu ici: une nouvelle adaptation du roman de Stephen Zweig, 24 heures de la vie d'une femme, par Laurent Bouhnik, ainsi que Sex Is Comedy, le nouveau Catherine Breillat, qu'on dit sulfureux — mais lequel de ses films ne l'est pas?
Bien entendu, dans la Ville reine, le cinéma anglo-saxon est régent. Même que le rouleau compresseur hollywoodien connaît le chemin, qu'il ouvre pour son cortège de stars venues promouvoir les produits de la saison d'automne. D'ici dix jours, Toronto aura vu défiler Michelle Pfeiffer (White Oleander), Dustin Hoffman et Susan Sarandon (Moonlight Mile), Nick Nolte et son réalisateur Neil Jordan (The Good Thief), Julianne Moore et Todd Haynes (Far From Heaven). Dans une optique ironique de bon voisinage, la cinéaste canadienne d'origine indienne Deepa Mehta ouvre la section panorama Canada avec Hollywood/Bollywood, un documentaire très attendu sur les deux plus grosses usines à rêves du monde.
La moisson anglaise est toujours ici très importante (on attend les derniers films de Leigh, Loach et Frears), de même que la sélection européenne est découvreuse et pertinente. Il est par ailleurs possible de reconstituer (ou constituer, dans mon cas) le parcours du dernier festival de Cannes, dont les films principaux sont programmés ici, à l'exception notable de la Palme d'or (Le Pianiste, de Polanski), que son distributeur américain réserve pour les étrennes des Fêtes. Il devrait pourtant savoir qu'à Toronto, le Noël des cinéphiles a lieu cette année du 5 au 15 septembre.
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