Télévision - Un peu plus loin, un peu plus haut
Ce n'est pas d'hier que la migration des oiseaux suscite une réelle fascination, et tellement de légendes. Aristote croyait que les oiseaux se transformaient selon les saisons; les anciens naturalistes étaient convaincus qu'ils filaient tout droit... vers la Lune. On en sait maintenant un peu plus sur les déplacements de ces voyageurs ailés, certains, comme les sternes arctiques, pouvant parcourir une distance de 20 000 kilomètres pour s'installer, temporairement, sous des cieux plus cléments.
Après avoir exploré avec succès, et à titre de producteur, le monde des insectes (Microcosmos, de Claude Nuridsany et Marie Perennou, 1996), Jacques Perrin a décidé d'entreprendre une autre aventure, cette fois dans les nuages, et sur les cinq continents. Dans Le Peuple migrateur (2002), il effectue un véritable ballet animal où se mélangent cygnes, cigognes, condors, grues du Japon, grands pélicans blancs d'Afrique, bergeronnettes, etc. Ce sont eux les vedettes de ce qui est, selon Perrin, ni une fiction ni un documentaire, mais une «fable naturelle».
Cette «fable», d'une beauté exceptionnelle, n'est pas l'oeuvre d'un seul homme, car l'entreprise apparaît, chiffres à l'appui, colossale: un budget de production de 33,2 millions de dollars, 14 directeurs photo,
17 pilotes, cinq équipes de tournage et 175 lieux explorés dans le monde. Mais ce n'est pas dans ce formidable déploiement d'effectif que Le Peuple migrateur trouve son véritable souffle, et devient un exercice cinématographique allant bien au-delà de la simple observation minutieuse et respectueuse d'un phénomène naturel. Pendant plus de trois ans, près de 1000 oiseaux, dès leur sortie de l'oeuf, ont été pris en charge par des hommes et des femmes qui faisaient office de mère. Ainsi, les oiseaux s'habituaient à leur présence, et plus tard à celle du ronron des avions ultra-légers motorisés qui allaient transporter un caméraman n'ayant pas peur des tournages casse-gueule!
Cette imposante logistique est décrite avec précision par Jacques Perrin lui-même dans un «making of» que Radio-Canada a eu la bonne idée de programmer après la présentation du film, tout de suite après le téléjournal. Bonne idée puisque, si le spectateur est d'abord surpris par la proximité de la caméra avec ses sujets, cette prouesse passe au second rang grâce aux prodigieuses chorégraphies aériennes exécutées par plus de 20 espèces différentes. Et que dire des décors, aussi spectaculaires les uns que les autres: certains reconnaîtront les abords du cap Tourmente, près de Québec, d'autres s'émerveilleront devant le caractère majestueux du Sahara, de la muraille de Chine, du mont Saint-Michel, du Château Frontenac... ou encore des tours jumelles du World Trade Center à New York.
Les passionnés de documentaires animaliers, ceux produits dans la plus pure tradition du genre, seront toutefois déçus par la minceur des informations données, le narrateur se faisant très discret et les sous-titres se contentant de nommer les espèces, les destinations et les distances parcourues. À ce minimalisme s'oppose la remarquable opulence de la partition musicale de Bruno Coulais, sans aucun doute l'une de ses plus réussies avec celle, quel hasard, de Microcosmos. Et après avoir vu Le Peuple migrateur, nos envies irrésistibles de voler prennent une nouvelle dimension, car la migration est «la promesse d'un retour», promesse qui s'avère périlleuse, harassante, et romantique seulement pour ceux qui regardent du sol...
Le Peuple migrateur
Dimanche 29 mai à 20h sur les ondes de Radio-Canada
Le Peuple migrateur - Le making of
À 22h30, après le téléjournal
Après avoir exploré avec succès, et à titre de producteur, le monde des insectes (Microcosmos, de Claude Nuridsany et Marie Perennou, 1996), Jacques Perrin a décidé d'entreprendre une autre aventure, cette fois dans les nuages, et sur les cinq continents. Dans Le Peuple migrateur (2002), il effectue un véritable ballet animal où se mélangent cygnes, cigognes, condors, grues du Japon, grands pélicans blancs d'Afrique, bergeronnettes, etc. Ce sont eux les vedettes de ce qui est, selon Perrin, ni une fiction ni un documentaire, mais une «fable naturelle».
Cette «fable», d'une beauté exceptionnelle, n'est pas l'oeuvre d'un seul homme, car l'entreprise apparaît, chiffres à l'appui, colossale: un budget de production de 33,2 millions de dollars, 14 directeurs photo,
17 pilotes, cinq équipes de tournage et 175 lieux explorés dans le monde. Mais ce n'est pas dans ce formidable déploiement d'effectif que Le Peuple migrateur trouve son véritable souffle, et devient un exercice cinématographique allant bien au-delà de la simple observation minutieuse et respectueuse d'un phénomène naturel. Pendant plus de trois ans, près de 1000 oiseaux, dès leur sortie de l'oeuf, ont été pris en charge par des hommes et des femmes qui faisaient office de mère. Ainsi, les oiseaux s'habituaient à leur présence, et plus tard à celle du ronron des avions ultra-légers motorisés qui allaient transporter un caméraman n'ayant pas peur des tournages casse-gueule!
Cette imposante logistique est décrite avec précision par Jacques Perrin lui-même dans un «making of» que Radio-Canada a eu la bonne idée de programmer après la présentation du film, tout de suite après le téléjournal. Bonne idée puisque, si le spectateur est d'abord surpris par la proximité de la caméra avec ses sujets, cette prouesse passe au second rang grâce aux prodigieuses chorégraphies aériennes exécutées par plus de 20 espèces différentes. Et que dire des décors, aussi spectaculaires les uns que les autres: certains reconnaîtront les abords du cap Tourmente, près de Québec, d'autres s'émerveilleront devant le caractère majestueux du Sahara, de la muraille de Chine, du mont Saint-Michel, du Château Frontenac... ou encore des tours jumelles du World Trade Center à New York.
Les passionnés de documentaires animaliers, ceux produits dans la plus pure tradition du genre, seront toutefois déçus par la minceur des informations données, le narrateur se faisant très discret et les sous-titres se contentant de nommer les espèces, les destinations et les distances parcourues. À ce minimalisme s'oppose la remarquable opulence de la partition musicale de Bruno Coulais, sans aucun doute l'une de ses plus réussies avec celle, quel hasard, de Microcosmos. Et après avoir vu Le Peuple migrateur, nos envies irrésistibles de voler prennent une nouvelle dimension, car la migration est «la promesse d'un retour», promesse qui s'avère périlleuse, harassante, et romantique seulement pour ceux qui regardent du sol...
Le Peuple migrateur
Dimanche 29 mai à 20h sur les ondes de Radio-Canada
Le Peuple migrateur - Le making of
À 22h30, après le téléjournal
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