Cinéma - Suprême parodie
Huit femmes assure la clôture du 26e FFM lundi prochain, mais prend dès le lendemain l'affiche à Ex-Centris, avant d'atterrir la semaine suivante sur plusieurs écrans du Québec. Sa distribution à elle seule vaut le détour: que François Ozon soit parvenu à réunir des actrices de si haut vol et de tant de générations différentes relève en soi du tour de force. Danielle Darrieux, mais aussi Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Emmanuelle Béart, Fanny Ardant, Virginie Ledoyen, Ludivine Sagnier et Firmine Richard sont les huit femmes confinées dans ce manoir au cours des années 1950. Laquelle est la meurtrière du lot? Classique thriller à la Agatha Christie, inspiré d'une pièce de théâtre de Robert Thomas, le film constitue un huis clos truffé de clins d'oeil et respecte la règle théâtrale des trois unités, toujours à des fins ludiques, pour le plaisir de la référence.
François Ozon est un jeune prodige du cinéma français capable de tâter avec succès de tous les styles. Quand on a livré comme lui au cinéma des oeuvres aussi différentes que Sitcom, Gouttes d'eau sur pierres brûlantes et Sous le sable, on ne commet pas de maladresses. Lorsqu'on parodie les genres, c'est en toute connaissance de cause.
Ceux qui avaleront Huit femmes au premier degré (de grâce! évitez cette peau de banane!) détesteront ce film. À travers cette satire de l'univers d'Hercule Poirot mais aussi des comédies musicales follement kitsch, des mélos où les héroïnes sont plus femmes et plus glamour que nature, la fantaisie est reine. Il faut entrer dans un tel univers acidulé comme on pénètre dans le délire des Parapluies de Cherbourg, avec un petit sourire aux lèvres, pour en goûter tout le sel.
Tout est stylisé et improbable ici: costumes et profils des femmes, chansons aussi, car sur les lieux du crime, ces dames entonneront à tour de rôle leur petite rengaine et esquisseront des pas de danse. L'intrigue est on ne peut plus simple: le père de famille a été poignardé. Qui de l'épouse, de la soeur, des deux filles, de la belle-mère, de la belle-soeur, de la cuisinière, de la femme de chambre est coupable? Car chacune possède son secret qui finit par se dévoiler. Et derrière chaque secret, se tapit un mobile.
Glaciale Isabelle Huppert en vierge et martyre au caractère impossible, impériale Catherine Deneuve en veuve pas très éplorée, ironique Danielle Darrieux en vieille femme indigne, mordante Fanny Ardant en soeur évaporée. Ce sont surtout les filles du mort (incarnées par Virginie Ledoyen et Ludivine Sagnier) qui font des étincelles de jeu en parvenant à allier le naturel et la distanciation. Et même si Catherine Deneuve semble un peu pataude en danseuse, même si Emmanuelle Béart a l'air de tout sauf d'une femme de chambre, le film glisse sur la patinoire de toutes ses parodies en une sorte d'hommage amusé au cinéma, au théâtre, à la littérature d'hier, réconciliant les arts et les genres sur un air de folie douce.
François Ozon est un jeune prodige du cinéma français capable de tâter avec succès de tous les styles. Quand on a livré comme lui au cinéma des oeuvres aussi différentes que Sitcom, Gouttes d'eau sur pierres brûlantes et Sous le sable, on ne commet pas de maladresses. Lorsqu'on parodie les genres, c'est en toute connaissance de cause.
Ceux qui avaleront Huit femmes au premier degré (de grâce! évitez cette peau de banane!) détesteront ce film. À travers cette satire de l'univers d'Hercule Poirot mais aussi des comédies musicales follement kitsch, des mélos où les héroïnes sont plus femmes et plus glamour que nature, la fantaisie est reine. Il faut entrer dans un tel univers acidulé comme on pénètre dans le délire des Parapluies de Cherbourg, avec un petit sourire aux lèvres, pour en goûter tout le sel.
Tout est stylisé et improbable ici: costumes et profils des femmes, chansons aussi, car sur les lieux du crime, ces dames entonneront à tour de rôle leur petite rengaine et esquisseront des pas de danse. L'intrigue est on ne peut plus simple: le père de famille a été poignardé. Qui de l'épouse, de la soeur, des deux filles, de la belle-mère, de la belle-soeur, de la cuisinière, de la femme de chambre est coupable? Car chacune possède son secret qui finit par se dévoiler. Et derrière chaque secret, se tapit un mobile.
Glaciale Isabelle Huppert en vierge et martyre au caractère impossible, impériale Catherine Deneuve en veuve pas très éplorée, ironique Danielle Darrieux en vieille femme indigne, mordante Fanny Ardant en soeur évaporée. Ce sont surtout les filles du mort (incarnées par Virginie Ledoyen et Ludivine Sagnier) qui font des étincelles de jeu en parvenant à allier le naturel et la distanciation. Et même si Catherine Deneuve semble un peu pataude en danseuse, même si Emmanuelle Béart a l'air de tout sauf d'une femme de chambre, le film glisse sur la patinoire de toutes ses parodies en une sorte d'hommage amusé au cinéma, au théâtre, à la littérature d'hier, réconciliant les arts et les genres sur un air de folie douce.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

