Festival des films du monde - Un survol de fin de parcours
Une scène de Perdre est une question de méthode. — Festival des films du monde
Le Devoir n'a pas publié durant deux jours. Il nous fut donc impossible de commenter les derniers films en compétition. Certains ont pourtant atterri au palmarès. D'autres en ont été écartés à l'étonnement général. Un survol des oeuvres de fin de course s'imposait.
Je ne veux pas m'étendre longtemps sur le film slovène La Banlieue de Vinko Möderndofer, portrait on ne peut plus noir d'une faune masculine flouée, misérable, violente et raciste. Que de tels personnages existent dans la vraie vie, on n'en doute guère. Ces «monstres ordinaires» composent aussi une atroce métaphore de la xénophobie et d'une absence totale de repères moraux. Que ces quinquagénaires s'amusent à tirer sur des chiens pour se désennuyer, à filmer les ébats amoureux de leurs voisins, à battre leurs proches ou à torturer un étranger, ils sont la représentation à petite échelle du fascisme. Les images sont à peine supportables et le traitement de l'histoire n'est pas assez puissant pour faire avaler ses terribles propos.
Perdre est une question de méthode
Un bon thriller doublé d'une satire sur la corruption de la société colombienne, triplé d'une pièce d'humour. Perdre est une question de méthode, grand oublié du palmarès, a été très goûté du public. Cette enquête impossible menée par un journaliste (Daniel Gimenez Cacho) commence par la découverte d'un corps empalé, avant de suivre son fil dans un bordel, un club de nudistes, les antichambres de politiciens, une salle de presse, et le bureau d'un colonel obèse. Le tout en faisant équipe avec une jeune et belle prostituée Quica (Martina Garcia). Les péripéties sont trépidantes, les dialogues très drôles et le discours final du Colonel franchement désopilant. Ce film trop longuet mais efficace, repose sur sa bonne satire qui tire en plein dans le mille et son humour noir, souvent délicieux.
Le Chef du stationnement
Le film chinois Le Chef du stationnement Dan Zhanjun a récolté deux honneurs hier: Prix du jury (étonnant) ex aequo avec l'Américain Around the Bend et prix d'interprétation (mérité) pour Fan Wei qui jouait de finesse et d'amour patient dans un rôle ingrat. Il incarnait un père divorcé responsable d'un grand ado turbulent et amoureux d'une belle fleuriste apparemment divorcée d'un mari violent. Ce dernier reviendra semer la bisbille et tout ira de mal en pis. Sur une trame axée sur les développements psychologiques, Dan Zhanju a su créer des personnages forts, prisonniers de la mécanique logique de leurs actions. Cela dit, le film demeurait assez lourd, et son rythme languissait. D'où l'étonnement de le voir monter si haut au palmarès avec le prix du jury.
Journées à la campagne (Dias de campo)
Le cinéaste franco-chilien Raul Ruiz tourne beaucoup, et s'aventure souvent sur les rives de l'insolite. Journées à la campagne, réalisé à Santiago avec une caméra numérique, explore l'univers de personnages du passé, apparemment morts, qui se remémorent leur jeunesse envolée. Dans leur entourage: des amis et des domestiques qui appartiennent aux deux mondes. Le film rappelle des oeuvres précédentes de Ruiz sans vraiment apporter un son neuf. Cet univers monde insolite finit par tourner en rond dans son bocal, faute de personnages vraiment inspirants. Et puis l'image vidéo n'est pas belle. Plutôt floue et sans contrastes. Reste cette touche indéfinissable du climat trouble qui porte la marque de Ruiz et intrigue quand même par la bande.
Je ne veux pas m'étendre longtemps sur le film slovène La Banlieue de Vinko Möderndofer, portrait on ne peut plus noir d'une faune masculine flouée, misérable, violente et raciste. Que de tels personnages existent dans la vraie vie, on n'en doute guère. Ces «monstres ordinaires» composent aussi une atroce métaphore de la xénophobie et d'une absence totale de repères moraux. Que ces quinquagénaires s'amusent à tirer sur des chiens pour se désennuyer, à filmer les ébats amoureux de leurs voisins, à battre leurs proches ou à torturer un étranger, ils sont la représentation à petite échelle du fascisme. Les images sont à peine supportables et le traitement de l'histoire n'est pas assez puissant pour faire avaler ses terribles propos.
Perdre est une question de méthode
Un bon thriller doublé d'une satire sur la corruption de la société colombienne, triplé d'une pièce d'humour. Perdre est une question de méthode, grand oublié du palmarès, a été très goûté du public. Cette enquête impossible menée par un journaliste (Daniel Gimenez Cacho) commence par la découverte d'un corps empalé, avant de suivre son fil dans un bordel, un club de nudistes, les antichambres de politiciens, une salle de presse, et le bureau d'un colonel obèse. Le tout en faisant équipe avec une jeune et belle prostituée Quica (Martina Garcia). Les péripéties sont trépidantes, les dialogues très drôles et le discours final du Colonel franchement désopilant. Ce film trop longuet mais efficace, repose sur sa bonne satire qui tire en plein dans le mille et son humour noir, souvent délicieux.
Le Chef du stationnement
Le film chinois Le Chef du stationnement Dan Zhanjun a récolté deux honneurs hier: Prix du jury (étonnant) ex aequo avec l'Américain Around the Bend et prix d'interprétation (mérité) pour Fan Wei qui jouait de finesse et d'amour patient dans un rôle ingrat. Il incarnait un père divorcé responsable d'un grand ado turbulent et amoureux d'une belle fleuriste apparemment divorcée d'un mari violent. Ce dernier reviendra semer la bisbille et tout ira de mal en pis. Sur une trame axée sur les développements psychologiques, Dan Zhanju a su créer des personnages forts, prisonniers de la mécanique logique de leurs actions. Cela dit, le film demeurait assez lourd, et son rythme languissait. D'où l'étonnement de le voir monter si haut au palmarès avec le prix du jury.
Journées à la campagne (Dias de campo)
Le cinéaste franco-chilien Raul Ruiz tourne beaucoup, et s'aventure souvent sur les rives de l'insolite. Journées à la campagne, réalisé à Santiago avec une caméra numérique, explore l'univers de personnages du passé, apparemment morts, qui se remémorent leur jeunesse envolée. Dans leur entourage: des amis et des domestiques qui appartiennent aux deux mondes. Le film rappelle des oeuvres précédentes de Ruiz sans vraiment apporter un son neuf. Cet univers monde insolite finit par tourner en rond dans son bocal, faute de personnages vraiment inspirants. Et puis l'image vidéo n'est pas belle. Plutôt floue et sans contrastes. Reste cette touche indéfinissable du climat trouble qui porte la marque de Ruiz et intrigue quand même par la bande.
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