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Festival des films du monde - Deux films qui portent l'estampille de la qualité

Odile Tremblay   3 septembre 2004  Cinéma
À la distribution du Septième Jour, Victoria Abril (à gauche), brûlante en toquée qui rumine un amour malheureux et sème la haine et la vengeance dans le coeur de ses frères. Source: Festival des films du monde
À la distribution du Septième Jour, Victoria Abril (à gauche), brûlante en toquée qui rumine un amour malheureux et sème la haine et la vengeance dans le coeur de ses frères. Source: Festival des films du monde
La journée était belle hier au dehors, déteignant même sur les écrans de la course au Grand Prix des Amériques. Deux bons films étaient au menu de la sélection officielle, dont le très bon Septième Jour, de Carlos Saura. On lui décernerait avec plaisir le Grand Prix des Amériques (parmi les oeuvres présentées jusqu'ici) si on était le jury.

La fluidité, la maîtrise de la réalisation mais aussi l'alliage de musique inspirée, de danse, de montée dramatique en crescendo, portent l'estampille de qualité de ce vieux routier du cinéma espagnol. Carlos Saura peut sauter d'un genre à l'autre avec la grâce d'un chat. Le Septième Jour est basé sur un fait divers, un massacre perpétré dans un village espagnol pour cause de chicanes de voisins nourries au fil des générations.

L'histoire est perçue à travers le regard d'une toute jeune fille (Johanna Cobo) qui part en quête des causes de la brouille de deux clans rivaux ayant causé la mort de son oncle et failli coûter la vie à son père. Avec des flash-backs, des incursions dans le futur, des danses et des chansons qui prennent parfois le relais de l'action, Le Septième Jour met son drame en place en posant les éléments d'un puzzle. À la distribution: Victoria Abril, brûlante en toquée qui rumine un amour malheureux et sème la haine et la vengeance dans le coeur de ses frères pour les inciter au meurtre.

C'est toute la mécanique du film qui roule avec aisance dans ses engrenages, avec un scénario bien structuré et des personnages dessinés à grandes lignes qui laissent sa place au mystère. La force de la scène du massacre villageois repose beaucoup sur un appui judicieux de la musique (tirée en partie de son dernier film, Salomé). La tragédie grimpera sur le dos de la légèreté à travers la danse des petites filles précédant l'arrivée des tueurs. C'est ce savant dosage d'ombre et de lumière qui confère sa valeur à ce très beau film de Saura.

Fuon, La Complainte du vent

Yoichi Higashi est, comme Saura, un cinéaste chevronné à qui on doit entre autres des oeuvres inspirées comme River With No Bridge, Village Of Dreams, Mon grand-père, etc. Fuon ou La Complainte du vent, sans être un film de puissance, constitue la fine chronique d'un lieu hanté, l'île d'Okinawa, au sud du Japon, qui fut le cadre de l'une des batailles les plus sanglantes de la Deuxième Guerre mondiale.

C'est en mettant en scène un de ces fantômes guerriers que le film brosse son action. Une jeune femme originaire d'Okinawa retourne y vivre avec son fils après avoir fui son mari violent. Une dame plus âgée vient en pèlerinage chercher l'ombre d'un amour de jeunesse, ancien kamikaze. Le crâne d'un militaire servira de lien entre les jeux des enfants, les fuites des unes et les souvenirs des autres. Tout cela s'entrelace en douceur avec des références au film L'Anguille de Shohei Imamura.

La Complainte du vent jongle avec la mort et les hantises des vivants. Le film est joué avec sensibilité par des interprètes convaincants en délicats portraits que le cinéaste a la grâce de ne pas appuyer.
 
 
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