Festival des Films du monde - La touche du cinéaste Paul Cox
Bon, on a dépassé la mi-festival, et peu de films de la compétition se sont imposés jusqu'ici. J'en attendais beaucoup du film de l'Australien Paul Cox, Human Touch, sans doute parce que ce prolifique cinéaste a su imposer une oeuvre atypique en Australie, à contre-courant d'un système qui balise tout. Et certains de ses films (Man of Flowers, Illumination) avaient su me toucher en profondeur. Alors, quoi?
Ce Human Touch est pourtant pétri de potentiel, des pistes s'ouvrent, des scènes parfois flamboyantes (merveilleuse visite d'une grotte qui évoque une cathédrale) s'inscrivent en nous avant d'être hélas remplacées trop vite par des images moins inspirées. On sent un climat qui veut s'instaurer, une hauteur qui ne parvient pas à se gravir elle-même. À travers l'histoire d'Anna (Jacqueline McKenzie), choriste et amoureuse d'un peintre (Chris Haywood) qui traverse la vie en chantant, on est invité à un voyage intérieur. La rencontre d'un artiste plus âgé (Aaron Blabey) apprendra à la dame à mieux se connaître, ce qui transformera sa vie et sa perception d'elle-même.
Entre sensualité, quête de spiritualité et plongée intérieure, les relations se nouent, se dénouent, s'affrontent, mais la mollesse de la réalisation empêche la chimie de lever. Les éléments sont au poste, Jacqueline McKenzie dégage la fragilité inquiète qui convient au rôle, mais, faute d'énergie rythmique, de passions poussées à leur paroxysme, le film s'étiole et manque d'eau. Nous aussi.
Around the Bend
Là où Paul Cox livrait hier une oeuvre d'auteur, alanguie, certes, mais d'auteur tout de même, on pouvait mettre en question la présence en compétition du film américain Around the Bend, de Jordan Roberts. Encore, si deux de ses stars, Christopher Walken et Michael Caine, étaient venues au FFM, ç'aurait créé de l'animation. On ne se mettrait pas à bouder deux grands acteurs reconnus quand la visite est rare. Mais le réalisateur est venu sans eux.
Around the Bend est très américain dans sa facture. Par ici les émotions viriles qui peinent à s'exprimer et dont la musique prend le relais. C'est un univers d'hommes, celui de quatre générations: arrière-grand-père en fin de parcours (Caine), grand-père prodigue qui réapparaît après sa sortie de prison (Walken), père (Josh Lucas) un peu godiche et petit garçon (Jonah Bobo) charmant comme tout.
La conversation entre hommes étant parfois difficile, c'est à travers un étrange jeu de piste funéraire que l'arrière-grand-père enverra ses descendants disperser ses cendres le long des routes américaines. Bien sûr, Michael Caine et Christopher Walken sont capables de donner toute la gomme à l'heure de livrer leurs émotions, ce qui rejette à l'ombre l'insignifiant Josh Lucas. Mais de toute façon, les rôles n'étaient pas à la hauteur des interprètes.
Les dialogues sont vraiment trop simplistes. On voit venir les péripéties de loin, les émotions ne parviennent pas à poindre, même aux moments-chocs (mort de l'arrière-grand-père), et les règles des formules d'Hollywood sont trop présentes pour qu'on parle ici d'oeuvre à saveur indépendante. On rit parfois à certains gags. Il s'agit après tout d'une comédie funéraire destinée à apprivoiser la mort en lui offrant de nouveaux rituels. Mais au finish, Around the Bend aurait eu bien besoin de tirer dehors ses formules toutes faites pour suivre un blues à la Paris, Texas et chercher l'âme des personnages plutôt que leurs gestes dérisoires.
Ce Human Touch est pourtant pétri de potentiel, des pistes s'ouvrent, des scènes parfois flamboyantes (merveilleuse visite d'une grotte qui évoque une cathédrale) s'inscrivent en nous avant d'être hélas remplacées trop vite par des images moins inspirées. On sent un climat qui veut s'instaurer, une hauteur qui ne parvient pas à se gravir elle-même. À travers l'histoire d'Anna (Jacqueline McKenzie), choriste et amoureuse d'un peintre (Chris Haywood) qui traverse la vie en chantant, on est invité à un voyage intérieur. La rencontre d'un artiste plus âgé (Aaron Blabey) apprendra à la dame à mieux se connaître, ce qui transformera sa vie et sa perception d'elle-même.
Entre sensualité, quête de spiritualité et plongée intérieure, les relations se nouent, se dénouent, s'affrontent, mais la mollesse de la réalisation empêche la chimie de lever. Les éléments sont au poste, Jacqueline McKenzie dégage la fragilité inquiète qui convient au rôle, mais, faute d'énergie rythmique, de passions poussées à leur paroxysme, le film s'étiole et manque d'eau. Nous aussi.
Around the Bend
Là où Paul Cox livrait hier une oeuvre d'auteur, alanguie, certes, mais d'auteur tout de même, on pouvait mettre en question la présence en compétition du film américain Around the Bend, de Jordan Roberts. Encore, si deux de ses stars, Christopher Walken et Michael Caine, étaient venues au FFM, ç'aurait créé de l'animation. On ne se mettrait pas à bouder deux grands acteurs reconnus quand la visite est rare. Mais le réalisateur est venu sans eux.
Around the Bend est très américain dans sa facture. Par ici les émotions viriles qui peinent à s'exprimer et dont la musique prend le relais. C'est un univers d'hommes, celui de quatre générations: arrière-grand-père en fin de parcours (Caine), grand-père prodigue qui réapparaît après sa sortie de prison (Walken), père (Josh Lucas) un peu godiche et petit garçon (Jonah Bobo) charmant comme tout.
La conversation entre hommes étant parfois difficile, c'est à travers un étrange jeu de piste funéraire que l'arrière-grand-père enverra ses descendants disperser ses cendres le long des routes américaines. Bien sûr, Michael Caine et Christopher Walken sont capables de donner toute la gomme à l'heure de livrer leurs émotions, ce qui rejette à l'ombre l'insignifiant Josh Lucas. Mais de toute façon, les rôles n'étaient pas à la hauteur des interprètes.
Les dialogues sont vraiment trop simplistes. On voit venir les péripéties de loin, les émotions ne parviennent pas à poindre, même aux moments-chocs (mort de l'arrière-grand-père), et les règles des formules d'Hollywood sont trop présentes pour qu'on parle ici d'oeuvre à saveur indépendante. On rit parfois à certains gags. Il s'agit après tout d'une comédie funéraire destinée à apprivoiser la mort en lui offrant de nouveaux rituels. Mais au finish, Around the Bend aurait eu bien besoin de tirer dehors ses formules toutes faites pour suivre un blues à la Paris, Texas et chercher l'âme des personnages plutôt que leurs gestes dérisoires.
- » ffm
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