Cinéma - Michael Moore réussit son entrée dans la campagne présidentielle
29 juin 2004
Cinéma
Photo : Agence Reuters
Michael Moore a fait une tournée des cinémas ce week-end pour rencontrer ses fans. Il a même signé des autographes sur les billets de ceux-ci.
Washington — Avec une première place inattendue au box-office ce week-end, le documentaire anti-Bush de Michael Moore, Fahrenheit 9/11, a réussi son entrée dans la campagne pour la présidentielle américaine, mais son influence sur l'électorat devrait être limitée, selon des experts.
«Les chiffres m'ont vraiment surpris, comme tout le monde», a réagi Michael Moore en apprenant que son film avait gagné 21,8 millions de dollars pour son premier week-end de sortie.
«Fahrenheit bat tous les records», titrait hier le quotidien USA-Today qui, au diapason de ses confrères, s'étonnait des performances du film: premier documentaire à prendre la première place au box-office, meilleure fréquentation pour un film diffusé sur moins de 1000 écrans depuis 1982, meilleure fréquentation pour un vainqueur de la Palme d'or du festival de Cannes (depuis Pulp Fiction en 1994)... Hollywood tablait sur une recette d'environ 10 millions de dollars pour une sortie sur 868 écrans.
«Un tel succès m'a étonné. C'est phénoménal», a commenté hier Carroll Doherty, de l'institut de recherche Pew à Washington, en remarquant toutefois qu'aucun film à grand budget n'était sorti ce week-end.
Provocateur, Michael Moore a remercié tous ceux qui avaient fait, volontairement ou involontairement, l'énorme promotion ayant précédé la sortie de son brûlot dénonçant la politique du président George W. Bush après les attentats du 11 septembre 2001. La polémique a notamment été entretenue par le groupe Disney, qui a refusé de le diffuser avant l'élection, et plusieurs mouvements conservateurs, comme Move America Forward qui a cherché à convaincre les exploitants de salles de boycotter ce long métrage «anti-américain».
Ils ont ainsi «encouragé plus de gens à aller voir le film», s'est félicité le réalisateur à la casquette.
Michael Moore s'est déclaré surpris que le film ait fait salles combles dans plusieurs «États rouges», la couleur traditionnelle du Parti républicain de George W. Bush. Le film, a-t-il assuré, «va convaincre de nombreux électeurs indécis, indépendants, voire républicains».
Les experts se montrent plus prudents. «Il est trop tôt pour déterminer s'il aura une véritable influence sur les élections. Il faudrait que son succès se confirme pendant plusieurs semaines», souligne Stephen Hess, spécialiste de l'opinion publique à l'institut Brookings. Il qualifie cependant d'«unique» son impact, notant qu'aucun autre film n'avait jusqu'à présent pesé sur une campagne électorale aux États-Unis.
Carroll Doherty «ne s'attend pas» non plus à ce que Fahrenheit puisse influencer l'issue du scrutin du 2 novembre. «D'abord parce qu'il sort quatre mois avant l'élection et, ensuite, parce que l'électorat américain est aujourd'hui très polarisé», explique-t-il.
Selon une récente étude de Pew, le nombre d'électeurs indécis est, à 21 %, plus faible que lors des précédentes élections présidentielles, notamment en 2000 où ils représentaient 32 % de l'électorat.
Tout en proclamant son désir de voir Bush battu, Michael Moore affirme ne pas rouler pour le démocrate John Kerry. Il préfère donner comme «conseil» à ses spectateurs de s'inscrire sur les listes électorales, boudées par une forte proportion d'Américains.
«Les chiffres m'ont vraiment surpris, comme tout le monde», a réagi Michael Moore en apprenant que son film avait gagné 21,8 millions de dollars pour son premier week-end de sortie.
«Fahrenheit bat tous les records», titrait hier le quotidien USA-Today qui, au diapason de ses confrères, s'étonnait des performances du film: premier documentaire à prendre la première place au box-office, meilleure fréquentation pour un film diffusé sur moins de 1000 écrans depuis 1982, meilleure fréquentation pour un vainqueur de la Palme d'or du festival de Cannes (depuis Pulp Fiction en 1994)... Hollywood tablait sur une recette d'environ 10 millions de dollars pour une sortie sur 868 écrans.
«Un tel succès m'a étonné. C'est phénoménal», a commenté hier Carroll Doherty, de l'institut de recherche Pew à Washington, en remarquant toutefois qu'aucun film à grand budget n'était sorti ce week-end.
Provocateur, Michael Moore a remercié tous ceux qui avaient fait, volontairement ou involontairement, l'énorme promotion ayant précédé la sortie de son brûlot dénonçant la politique du président George W. Bush après les attentats du 11 septembre 2001. La polémique a notamment été entretenue par le groupe Disney, qui a refusé de le diffuser avant l'élection, et plusieurs mouvements conservateurs, comme Move America Forward qui a cherché à convaincre les exploitants de salles de boycotter ce long métrage «anti-américain».
Ils ont ainsi «encouragé plus de gens à aller voir le film», s'est félicité le réalisateur à la casquette.
Michael Moore s'est déclaré surpris que le film ait fait salles combles dans plusieurs «États rouges», la couleur traditionnelle du Parti républicain de George W. Bush. Le film, a-t-il assuré, «va convaincre de nombreux électeurs indécis, indépendants, voire républicains».
Les experts se montrent plus prudents. «Il est trop tôt pour déterminer s'il aura une véritable influence sur les élections. Il faudrait que son succès se confirme pendant plusieurs semaines», souligne Stephen Hess, spécialiste de l'opinion publique à l'institut Brookings. Il qualifie cependant d'«unique» son impact, notant qu'aucun autre film n'avait jusqu'à présent pesé sur une campagne électorale aux États-Unis.
Carroll Doherty «ne s'attend pas» non plus à ce que Fahrenheit puisse influencer l'issue du scrutin du 2 novembre. «D'abord parce qu'il sort quatre mois avant l'élection et, ensuite, parce que l'électorat américain est aujourd'hui très polarisé», explique-t-il.
Selon une récente étude de Pew, le nombre d'électeurs indécis est, à 21 %, plus faible que lors des précédentes élections présidentielles, notamment en 2000 où ils représentaient 32 % de l'électorat.
Tout en proclamant son désir de voir Bush battu, Michael Moore affirme ne pas rouler pour le démocrate John Kerry. Il préfère donner comme «conseil» à ses spectateurs de s'inscrire sur les listes électorales, boudées par une forte proportion d'Américains.
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