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À voir à la télévision le mardi 29 juin - Perdu dans le paysage

André Lavoie   26 juin 2004  Cinéma
Difficile d'établir distinctement les limites du rêve et de la réalité dans les films du cinéaste belge André Delvaux. Ses personnages plongent souvent dans une inquiétante étrangeté dont ils ont bien du mal à s'échapper, au point même où certains d'entre eux préfèrent y renoncer.

Même avec la présence de deux stars françaises (Yves Montand et Anouk Aimée), Un soir, un train (1968) constitue un bon exemple de la belgitude, Delvaux traitant ici de thèmes éminemment liés à l'histoire de son pays: les tensions linguistiques et les mystères du surréalisme. Mathias Vreeman (Montand), linguiste réputé, n'est pas fâché de quitter la ville pendant quelque temps alors que celle-ci est perturbée par des manifestations de fanatiques flamands voulant expulser les étudiants francophones hors de l'Université de Louvain. Après une discussion orageuse avec Anne (Aimée), sa compagne d'origine française, Mathias effectue un voyage en train qui marquera sa vie à jamais.

Anne disparaît alors sans prévenir et, curieusement, le train s'arrête au milieu de nulle part... pour repartir sans lui. Avec deux compagnons d'infortune, Mathias tente de trouver de l'aide dans un village dont la langue est totalement incompréhensible au commun des mortels. Il finit par échouer dans un hôtel, lui aussi très étrange, où la mort a ses quartiers et qui ne se prive pas de danser avec ses jeunes clients.

Ce n'est pas la première fois que Delvaux brouille volontairement les pistes. De Rendez-vous à Bray à Benvenuta, il n'a cessé d'élargir les frontières de l'onirisme pour façonner une nouvelle réalité. En cela, il n'est pas si différent d'autres artistes belges, comme Folon et Magritte, qui ont largement repoussé les étroites limites de leur pays d'origine.

Un soir, un train

Télé-Québec, 22h
 
 
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