À voir à la télévision le mercredi 2 juin - Invitation au voyage
Le Rio de Janeiro du cinéaste brésilien Walter Salles dans Gare centrale ne ressemble pas à celui que veulent promouvoir les autorités locales; dans une atmosphère qui n'a rien de carnavalesque, les habitants de la ville subissent tous sa misère endémique et son rythme infernal.
Dora (la merveilleuse Fernanda Montenegro) ne s'en tire pas trop mal, enseignante à la retraite qui, pour grossir ses maigres revenus, s'est installée en plein milieu d'une gare pour rédiger des lettres pour ses nombreux clients analphabètes. Les lettres ne se rendent pas toujours à leur destinataire, la mégère s'amusant à lire celles-ci à ses voisines ou tout simplement à les expédier au panier. Elle devra mettre de côté son cynisme et sa méchanceté pour venir en aide au petit Josue (Vincius de Oliveira, découvert par le cinéaste à l'aéroport de Rio où il était cireur de chaussures) dont la mère, une de ses fidèles clientes, est morte dans un bête accident de la route.
Cette vieille chipie et ce petit garçon vont s'engager dans une grande traversée du Brésil, mais pas celui de la fête perpétuelle et des cartes postales aux décors exotiques. Partis à la recherche du père de Josue, nous allons découvrir à travers les yeux des deux voyageurs un pays marqué par la pauvreté mais aussi par la ferveur religieuse, aux grandes étendues désertiques où poussent de nouvelles habitations et où s'entassent des travailleurs exploités. Leurs péripéties deviennent autant de symboles de l'évolution anarchique d'un gigantesque pays où l'opulence côtoie le dénuement. Ce climat d'oppression avait pratiquement réussi à faire de Dora un engrenage de cette tyrannie ordinaire, mais le film s'engage surtout sur des chemins intérieurs, Walter Salles décrivant avec une subtilité délicate la transformation progressive d'une femme amère en être humain découvrant les vertus de l'authenticité et de la dignité. Un voyage que personne ne devrait manquer.
Gare Centrale
Télé-Québec, 21h
Dora (la merveilleuse Fernanda Montenegro) ne s'en tire pas trop mal, enseignante à la retraite qui, pour grossir ses maigres revenus, s'est installée en plein milieu d'une gare pour rédiger des lettres pour ses nombreux clients analphabètes. Les lettres ne se rendent pas toujours à leur destinataire, la mégère s'amusant à lire celles-ci à ses voisines ou tout simplement à les expédier au panier. Elle devra mettre de côté son cynisme et sa méchanceté pour venir en aide au petit Josue (Vincius de Oliveira, découvert par le cinéaste à l'aéroport de Rio où il était cireur de chaussures) dont la mère, une de ses fidèles clientes, est morte dans un bête accident de la route.
Cette vieille chipie et ce petit garçon vont s'engager dans une grande traversée du Brésil, mais pas celui de la fête perpétuelle et des cartes postales aux décors exotiques. Partis à la recherche du père de Josue, nous allons découvrir à travers les yeux des deux voyageurs un pays marqué par la pauvreté mais aussi par la ferveur religieuse, aux grandes étendues désertiques où poussent de nouvelles habitations et où s'entassent des travailleurs exploités. Leurs péripéties deviennent autant de symboles de l'évolution anarchique d'un gigantesque pays où l'opulence côtoie le dénuement. Ce climat d'oppression avait pratiquement réussi à faire de Dora un engrenage de cette tyrannie ordinaire, mais le film s'engage surtout sur des chemins intérieurs, Walter Salles décrivant avec une subtilité délicate la transformation progressive d'une femme amère en être humain découvrant les vertus de l'authenticité et de la dignité. Un voyage que personne ne devrait manquer.
Gare Centrale
Télé-Québec, 21h
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