Le Vénérable W.

Avec ce documentaire percutant, le cinéaste Barbet Schroeder clôt sa « trilogie du mal ». Son sujet : le moine birman Ashin Wirathu, chantre de la purification ethnique, accusé par le Time d’avoir donné naissance à un « terrorisme bouddhiste ». Ivre de pouvoir, Wirathu se livre avec une candeur qui donne froid dans le dos. Islamophobe convaincu, il voit dans la minorité musulmane de Birmanie, les Rohingyas, des violeurs et des terroristes-nés. Wirathu serait à l’origine d’un génocide perpétré contre eux entre 2012 et 2016. Sur le front géopolitique, Schroeder accomplit d’ailleurs un travail pédagogique remarquable. Au monologue empoisonné du protagoniste, le cinéaste oppose le point de vue de journalistes et d’activistes. Dans les rues et les campagnes birmanes, le cinéaste trouve matière à cinéma alors que sa mise en scène se déploie. Rares, ces moments d’élévation esthétique exacerbent la laideur du propos du moine.

Notre critique complète

Horaire en salles

Le Vénérable W.

★★★★

Documentaire de Barbet Schroeder. Suisse, France, 2017, 95 minutes.