Le cinéphile rompu à l’univers clinique de Michael Haneke tiendra pour acquis que le titre Happy End est ironique. En effet, l’auteur de Caché n’est pas friand des dénouements heureux. C’est pourtant ce qu’il offre ici, en cela que les deux personnages principaux, une enfant homicide et son arrière-grand-père en mal d’en finir, obtiennent ce qu’ils désirent à la fin. L’argument : l’implosion d’une riche famille industrielle dont les membres affichent divers niveaux de sociopathologie. Le lieu : un Calais où la crise migratoire est d’autant plus criante qu’elle n’est jamais nommée. L’éminent cinéaste recourt à toutes ses techniques de prédilection, mais son scénario s’avère plus explicite que de coutume ; on sent la démonstration. Qui plus est, en tentant de faire naître de l’empathie envers ceux qui n’en éprouvent pas, Haneke ne parvient qu’à susciter l’indifférence. Là réside la véritable ironie de Happy End.

Notre critique complète

Horaire en salles

Happy End

★★★

Drame de Michael Haneke. Avec Fantine Harduin, Isabelle Huppert, Jean-Louis Trintignant, Mathieu Kassovitz, Franz Rogowski, Toby Jones. France, Autriche, 2017, 108 minutes.