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    Critique

    «Petit format»: à hauteur de lilliputien

    Alexander Payne fait preuve d’audace pour ses premiers pas du côté de l’anticipation

    23 décembre 2017 |Odile Tremblay | Cinéma
    La première partie du film se délecte sur effets spéciaux parfois trop accusés au jeu des oppositions d’échelles. Dans le meilleur des mondes de l’infiniment petit, la trame s’effiloche parfois puis reprend du souffle.
    Photo: Paramount Pictures La première partie du film se délecte sur effets spéciaux parfois trop accusés au jeu des oppositions d’échelles. Dans le meilleur des mondes de l’infiniment petit, la trame s’effiloche parfois puis reprend du souffle.
    Alexander Payne, brillant cinéaste d’ironie habile à manier tous les paradoxes de l’Amérique (Sideways, Nebraska, The Descendants), ne s’était jamais aventuré dans les eaux de l’anticipation sur effets spéciaux et mégabudget, et fait preuve d’audace pour ses premiers pas dans le genre. Ce Petit format ne plaira pas à tous, avec les folles prémisses de son scénario (pas toujours fluide au demeurant), mais il est parsemé de scènes jubilatoires qui valent bien le détour.

    Moins à l’aise que dans ses satires contemporaines, mais explorant les mêmes thèmes : choc des classes sociales, allégorie du pouvoir qui corrompt, trahisons domestiques, causes militantes à double tranchant et rêve d’un monde meilleur sous le bras.

    Ici, Matt Damon (que sa bouille d’innocent aide à enfourcher les situations les plus invraisemblables sans sombrer dans le ridicule) joue l’Américain moyen du futur qui se laisse convaincre avec son épouse (Kristen Wiig) de participer à un programme de miniaturisation en vogue. Des villages lilliputiens poussent à l’initiative de chercheurs norvégiens afin, prétendument, de désengorger la planète en danger de surpopulation. Avant tout parce que la réduction d’un humain à quelques pouces permet d’accroître un train de vie : grosses cabanes, diamants pour les mesdames, champagne et surconsommation aiguë, sans mauvaise conscience écologique.

    La première partie du film se délecte sur effets spéciaux parfois trop accusés au jeu des oppositions d’échelles, culminant dans la salle d’éveil après l’opération du personnage sur des gags visuels désopilants et un revirement imprévu qui change le cours de l’histoire. Dans le meilleur des mondes de l’infiniment petit, la trame s’effiloche parfois puis reprend du souffle. Des clés manquent pour comprendre comment oiseaux, insectes et microbes, désormais géants, ne sont pas des menaces par-delà les murs-écrans. L’invraisemblance, même assumée, irrite parfois l’esprit du spectateur. Qu’importe ?

    À son habitude, Christoph Waltz vole le show et son personnage de métèque miniaturisé, aventurier, sans scrupule et tombeur de ces dames est de loin la figure forte du film, un peu calquée sur Onassis, avec ricanements et jubilation manifeste de l’acteur fétiche de Tarantino, perle baroque de ce Petit format.

    La romance du héros avec une clèbre dissidente vietnamienne unijambiste (Hong Chau, étonnante de vitalité et de punch) devenue femme de ménage dans l’eldorado miniature apporte la couleur militante à cette satire, sans toujours convaincre. Le film, qui joue sur trop de cordes, perd ici et là son souffle, avec un dénouement bien gentillet, sans qu’on lui retire pour autant ses mérites d’originalité, quelques sommets comiques et les rebondissements constants de sa dystopie.












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