Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    «Radius» – L’effet des rayons gamma sur les éclopés

    1 décembre 2017 | André Lavoie - Collaborateur | Cinéma
    «Radius» se présente comme la première tentative un peu brouillonne de deux cinéastes québécois résolus à explorer plus avant les genres qu’ils ont ici abordés avec modestie.
    Photo: Thomas Fricke «Radius» se présente comme la première tentative un peu brouillonne de deux cinéastes québécois résolus à explorer plus avant les genres qu’ils ont ici abordés avec modestie.

    Perdre la mémoire : quelle tragédie pour ceux et celles qui en souffrent, mais quel vaste vivier d’intrigues pour les cinéastes. Christopher Nolan doit d’ailleurs une partie de ses succès (Memento, Inception) à cette prémisse.

     

    Avec Radius, les cinéastes québécois Caroline Labrèche et Steeve Léonard (Sans dessein) ont flairé le bon filon, accablant non pas un, mais deux personnages avec cet immense trou noir dans la tête, dans lequel ils semblent se noyer. Ce n’est d’ailleurs pas leur seul souci, plongés qu’ils sont également dans un cauchemar éveillé où les vivants rejoignent les morts le temps d’un clignement d’oeil, s’écroulant au milieu de paysages dont seule la banalité apparaît foudroyante.

     

    Ce carnage soft sans effusion de sang, mis à part les yeux des victimes dignes de figures inquiétantes sorties d’un film de John Carpenter, est provoqué par la seule présence de Liam (Diego Klattenhoff), croyant à une épidémie après son réveil à la suite d’un terrible accident de voiture. Une série d’incidents lui fait peu à peu comprendre qu’il est la cause de tout ce désordre, mais l’arrivée inopinée de Jane (Charlotte Sullivan) bouscule ses (rares) certitudes : près, tout près, de cette autre éclopée sans mémoire, la malédiction disparaît.

     

    Les voilà tous les deux soudés, qu’ils le veuillent ou non, en quête de vérité et de rédemption, cherchant aussi à limiter des dégâts dont ils ignorent encore la cause, phénomène tout à la fois naturel et surnaturel. C’est d’ailleurs là que Radius cherche à se distinguer malgré son dénuement visuel, pigeant avec frugalité dans les dédales de l’horreur, ceux du fantastique (la dynamique méfiante du tandem rappelle parfois celle à la base de la série The X-Files), avec un bref détour du côté de la science-fiction, question de justifier les liens « électriques » qui unissent ce couple improbable en cavale.

     

    Le duo de cinéastes que forment Labrèche et Léonard a d’abord réussi à relever un premier pari, soit celui d’étirer de manière judicieuse une proposition initiale un peu mince. Le procédé mortel aurait pu le devenir pour nous, mais il est utilisé ici avec parcimonie, nécessité économique oblige, et dans un habile crescendo dont le caractère déroutant se lit parfaitement sur le visage hébété de Diego Klattenhoff.

     

    D’autres stratégies narratives s’avèrent nettement plus convenues, dont celle des bulletins télévisés et radiophoniques qui ponctuent leur périple imprévisible et livrent des doses parfois excessives d’informations pour faire progresser le récit. Non dépourvu de surprises (merci à cette mémoire fragmentée et à un montage qui l’est tout autant) et de revirements, dont certains expéditifs, Radius se présente comme la première tentative un peu brouillonne de deux cinéastes résolus à explorer plus avant les genres qu’ils ont ici abordés avec modestie.

    Radius
    ★★★
    Thriller de Caroline Labrèche et Steeve Léonard. Avec Diego Klattenhoff, Charlotte Sullivan, Brett Donahue, Nazariy Demkowicz. Canada, 2017, 87 minutes.












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires

    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.