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    Entre le père et la «puck»

    25 novembre 2017 |François Lévesque | Cinéma
    Une scène du film «Les Boys» de Louis Saia (1997), avec Rémy Girard, Marc Messier, Patrick Huard, Serge Thériault et Michel Barrette
    Photo: Super Écran Une scène du film «Les Boys» de Louis Saia (1997), avec Rémy Girard, Marc Messier, Patrick Huard, Serge Thériault et Michel Barrette

    Au Québec, le sport national, c’est le hockey. Normal, donc, que le cinéma d’ici s’y soit intéressé. Toile de fond ou sujet, le hockey peut être aussi bien dramatique que comique dans la cinématographie québécoise. Toutefois, s’il est un thème qui y est fréquemment associé, c’est celui de la paternité, ou enfin du rapport au père.

     

    Le récent Junior majeur, d’Éric Tessier, toujours à l’affiche, en constitue un bon exemple. Suite de Les pee-wee 3D (2012), Junior majeur conte les nouvelles aventures sur la glace du joueur étoile Janeau (Antoine Olivier Pilon), mais aussi celles de son ami Joey (Rémi Goulet), victime d’un père ambitieux (Claude Legault). Dans « l’infopublicitaire » Pour toujours les Canadiens, de Sylvain Archambault, le jeune joueur doué (Dhanaé Audet-Beaulieu) n’est pas en butte à un père exigeant, mais absent (Christian Bégin).

     

    Opérant sur un registre plus léger, la truculente série Les Boys, saga lucrative s’il en fut, allie quant à elle testostérone et rires gras. Au gré de cinq films (de qualité fort variable) réalisés par Louis Saïa, George Mihalka et Richard Goudreau entre 1997 et 2013, les membres hauts en couleur de cette équipe amateure (Marc Messier, Rémy Girard, Pierre Lebeau, Yvan Ponton, Roc Lafortune et cie) multiplient les frasques les plus improbables.

     

    Dernier volet en date, hormis la télésérie, Il était une fois Les Boys est campé dans les années 1960 et offre une genèse, les acteurs originaux tels Messier, Girard et Lebeau incarnant cette fois, oui, les papas des personnages qu’ils ont créés.

     

    Accents sociologiques

     

    Se déroulant lui aussi dans les années 1960, Histoires d’hiver, de François Bouvier (1999), s’attarde pour sa part aux émois sportifs (et sentimentaux) du jeune Martin (Joël Dalpé-Drapeau), un inconditionnel des Canadiens de Montréal. Charmante chronique tirée du roman de Marc Robitaille Des histoires d’hiver, avec des rues, des écoles et du hockey, le film comporte plusieurs sous-intrigues, dont l’une avec le père (Luc Guérin) qui, époque oblige, tente d’apprendre l’anglais pour impressionner son boss.

     

    L’anglais comme langue dominante dans un « Canada français » pas encore sorti de sa Grande Noirceur est l’un des principaux enjeux dans Maurice Richard, beau drame biographique de Charles Binamé (2005) magnifié par la présence de Roy Dupuis, parfait dans le rôle du Rocket. Le film culmine par la célèbre émeute de 1955 provoquée par la suspension controversée de Richard, et que d’aucuns perçoivent comme le début de la Révolution tranquille au Québec. Maurice Richard, père spirituel d’une nation ?

     

    Après le deuil

     

    Plus près de nous, Ça sent la coupe, de Patrice Sauvé (2017), propose un autre genre de récit d’apprentissage alors que Max, 35 ans, est contraint à un bilan existentiel dans la foulée du départ de sa copine. Paralysé émotionnellement, depuis la mort de son père, il ouvre chaque jour la boutique de souvenirs de hockey de ce dernier comme on visite un mausolée. D’après le roman de Matthieu Simard.

     

    La mort frappe également, qui plus est dès le commencement, dans Lance et compte : le film, de Frédérick D’Amours (2010). On y suit le parcours semé d’embûches de Guy Lambert (Jason Roy-Léveillée), joueur du National nommé capitaine à la suite du décès tragique de la moitié de l’équipe. En coulisse, son père, Pierre Lambert (Carl Marotte), jadis lui-même un joueur prodige, tente de l’aider.

     

    Il faut dire qu’à l’origine, le thème de la paternité était prévalant dans la télésérie phare imaginée en 1986 par Réjean Tremblay, du directeur général du National joué par Michel Forget qui devient le beau-père de Pierre, au coach irascible interprété par Yvan Ponton qui, au gré des saisons et téléfilms, adore puis renie Jimmy, son fiston gai.

     

    Le même Yvan Ponton qu’on retrouvera des années plus tard dans Les Boys en tant que coéquipier… gai. La boucle est bouclée.













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