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    «Blade Runner 2049», page par page, par Tanya Lapointe

    Tanya Lapointe a documenté en entier la production du film de Denis Villeneuve

    12 octobre 2017 |François Lévesque | Cinéma
    La neige en flocons de papier est l'une des anecdotes racontées dans «The Art and Soul of Blade Runner 2049», de Tanya Lapointe et Denis Villeneuve. 
    Photo: Alcon Entertainment La neige en flocons de papier est l'une des anecdotes racontées dans «The Art and Soul of Blade Runner 2049», de Tanya Lapointe et Denis Villeneuve. 

    « J’ai vu tant de choses que vous ne pourriez pas croire… » Cette courte citation se trouve inscrite (en anglais) au tout début de l’ouvrage The Art and Soul of Blade Runner 2049, dans lequel Tanya Lapointe documente la production passionnante du film de Denis Villeneuve, présentement à l’affiche. Des mots empruntés au célèbre monologue de Rugter Hauer dans le Blade Runner de 1982, en l’occurrence, mais qui ont résonné avec une pertinence renouvelée tout au long de la démarche de la journaliste. Présente de la conception à la postproduction de Blade Runner 2049, elle a vu, de fait, rien de moins que la magnificence en train de prendre forme.
     

    The Art and Soul of Blade Runner 2049 (Alcon Entertainment, 220 pages) est à la fois un « making-of » du film en bonne et due forme ET un beau livre ; une mine d’informations qui plaira sûrement aux geeks ET un survol cinématographique accessible. La somme d’esquisses et de photos présentées sur papier glacé ravit l’oeil. L’esprit n’est pas en reste, les confidences des principaux artisans permettant de bonifier l’expérience cinéma.

     

    « L’idée d’un livre était là dès le départ », explique Tanya Lapointe. Cela, tant de son côté que de celui de Denis Villeneuve, mais la réalité du tournage, avec ses aléas, les rattrapa vite. Lorsque, plus tard, la maison de production Alcon lui demanda si la rédaction d’un livre sur la production pouvait l’intéresser, Tanya Lapointe replongea aussitôt dans ses notes. C’était l’occasion de revenir à son métier premier, tout en préservant la trace d’un processus créatif singulier et qui plus est déployé sur le canevas immense d’une superproduction.

     

    « Le réflexe de documenter était d’emblée très fort, précise-t-elle. Je savais que je me trouvais en présence d’un projet unique. C’est un peu un rêve que je réalise là. Enfant, je lisais sans arrêt, et je voulais écrire. Mais j’étais déjà consciente que je devais avoir quelque chose à raconter. Avec la production de ce film-là, oui, je pense que j’ai quelque chose à raconter. »

     

    Position privilégiée

     

    On le sait, Tanya Lapointe est en couple avec Denis Villeneuve. Or il faut comprendre qu’avec Blade Runner 2049, elle fut embauchée par Alcon comme adjointe du cinéaste. C’était un mandat clé, exigeant, qu’il lui incombait de remplir.

    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir «Le réflexe de documenter était d’emblée très fort, précise Tanya Lapointe. Je savais que je me trouvais en présence d’un projet unique.»
     

    Avant, pendant et après le tournage, elle était celle que tout un chacun venait voir avec des demandes précises en sachant que c’était là le meilleur moyen d’être entendu par Denis Villeneuve, pris au quotidien avec mille requêtes et préoccupations nouvelles.

     

    « J’étais la gardienne de la bulle créatrice de Denis tout en étant au service du film, dont la production devait aller rondement. J’étais là tout le temps. À titre d’exemple, au commencement, Denis s’est enfermé avec le directeur photo Roger Deakins, pour déterminer le look du film. Avec eux se trouvait Sam Hudecki, un graphiste torontois qui dessinait au fur et à mesure les flashs et les concepts que Denis et Roger énonçaient. Ça, cette partie embryonnaire du processus, personne d’autre qu’eux n’y a eu accès. Sauf moi, car j’étais dans la pièce. »

     

    Elle fut le proverbial petit oiseau qui voit tout, en somme.

     

    De souvenirs et de rêves

     

    Parmi les temps forts évoqués dans le livre : ce moment lors duquel le comédien Ryan Gosling résuma spontanément leur démarche à tous.

     

    « On tournait à Budapest, se souvient Tanya Lapointe. Le quatrième jour, Denis discutait avec Ryan, qui a dit soudain : “Denis, j’ai l’impression qu’on est en train de faire un film qu’on a déjà vu quand on était enfants, et qu’on essaie de déterrer.” Comme si c’était un exercice d’archéologie de mettre au jour ce film-là ; des fouilles dans leurs souvenirs, dans leurs rêves… »

     

    Le thème du souvenir est au demeurant primordial dans l’univers de Blade Runner, avec d’une part les humains qui se définissent à partir des réminiscences de leur vie et, d’autre part, les réplicants, ces humanoïdes de synthèse traités en esclaves, qui se voient implanter une fausse mémoire. Quant aux rêves, parmi les anecdotes réunies, il en est justement une qui relate comment Hampton Fancher, coscénariste de Blade Runner et de Blade Runner 2049, permit à Denis Villeneuve de s’affranchir des contraintes créatrices induites par son admiration pour le film originel.

     

    « On a rêvé ce film-là : fais-en autant avec ce film-ci », lui suggéra en substance Fancher.

     

    Et voilà qu’à terme, d’un rêve à l’autre, c’est au tour de Tanya Lapointe de réaliser le sien.













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