Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    De grandes rivalités réincarnées dans le film d'ouverture du TIFF

    8 septembre 2017 | Odile Tremblay à Toronto | Cinéma
    De gauche à droite: le cinéaste Janus Metz, les acteurs Shia LaBeouf, Stellan Skarsgard et Sverrir Gudnason, en conférence de presse jeudi à Toronto
    Photo: Chris Donovan La Presse canadienne De gauche à droite: le cinéaste Janus Metz, les acteurs Shia LaBeouf, Stellan Skarsgard et Sverrir Gudnason, en conférence de presse jeudi à Toronto

    Grand tralala et séances bondées, chic auditoire trempé par les ondées qui inondent les festivaliers à intervalles. Rien pour couper la frénésie au Bell Lightbox, comme aux chics palaces Princess of Whale et Royal Thompson Hall. La rue King a été fermée entre University et Spadina. Les badauds y mangent dans les gargotes improvisées en croquant les vedettes. Les mégafêtes se préparent à tous les banquets. C’est parti pour dix jours de cinéma et de people dans le nombril de Toronto.

     

    Le film Borg/McEnroe de Janus Metz, cinéaste suédois d’Armadillo, lançait le bal jeudi du Festival international du film de Toronto (TIFF). Film de tennis et de rivalités au sommet et sur le terrain, il roule autour du célèbre match de tennis de Wimbledon entre le champion en titre, le Suédois Björn Borg (joué par Sverrir Gudnason) et le bouillant Américain John McEnroe (incarné par Shia LaBeouf).

     

    Denis Shapovalov créant un regain d’intérêt pour cette discipline, à sa sortie chez nous, le film pourra en profiter.

     

    Un journaliste a demandé après la projection à Shia LaBeouf s’il connaissait notre étoile montante du court.

     

    — Jamais entendu parler.

     

    Allez, ça viendra…

     

    Shapovalov allait assister quelques heures plus tard à la projection de gala du film.

     

    Un rôle catharsis pour LaBeouf


    Shia LaBeouf, lui-même un peu caractériel, est parfait en McEnroe, gars qui a du mal à accepter de perdre et pique des crises homériques. Sverrir Gudnason a tout le flegme apparent de son homologue. Le match est demeuré fameux par la somme de ses revirements.

     

    Pour tout dire, sans rêver aux Oscar, le film est vraiment pas mal, plein de tensions, surtout lors du fameux match, également avec incursions dans la vie stressante et l’enfance des héros, particulièrement celle de Borg, au nom demeuré légendaire en Suède encore plus qu’ailleurs. Ses angoisses sont palpables. C’est le fils du champion qui tient le rôle de son père enfant.

     

    Stellan Skarsgard, immense acteur, incarne avec une intériorité puissante le manager de Borg. Le côté humain du film est bien rendu. Si les amateurs de tennis y trouveront leur compte, le côté rock star des champions en représentation constante devrait plaire à un auditoire plus large.

     

    Shia LaBeouf affirme s’être reconnu dans son personnage. Tous deux doivent témoigner de leurs vies agitées sur toutes les tribunes, alors qu’ils voudraient parler de leur art. « Ce rôle fut une catharsis pour moi. McEnroe était un incompris. Comme Mozart. Alors j’ai revu Amadeus. »

    Photo: Nathan Denette La Presse canadienne La nouvelle star du tennis canadien, Denis Shapovalov, a foulé le tapis rouge du TIFF jeudi pour voir le film d’ouverture.

    Plus qu’un biofilm


    Le cinéaste nous affirme avoir voulu faire davantage qu’un biofilm, en offrant quelque chose d’universel qui transcende l’intrigue et le match.

     

    « J’ai réalisé que ça n’avait aucun sens, de faire un film de tennis, nous a précisé Janus Metz. Tout est dans la vérité des personnages. Deux icônes aux caractères marqués, mais vulnérables, deux humains venus de sociétés très différentes se révèlent et s’affrontent. »

     

    Avec deux heures de pratique par jour, des mois durant, Sverrir Gudnason, néophyte au tennis, a continué à jouer et dit avoir compris la psyché d’un athlète. « Au moment du grand match, Borg se trouvait dans une mauvaise position,dit-il. Il gagnait tout le temps. Comme chacun attendait sa victoire, l’échec lui semblait inenvisageable. »

     

    Quant à Shia LaBeouf, qui s’était cassé le pied en cours de pratiques, il précise avoir vécu les scènes de tennis comme une chorégraphie, une sorte de danse, sans prétendre lancer vraiment les balles, mais plongé dans une intériorité : « McEnroe se battait pour gagner. Borg avait une touche. Comme un artiste. Deux mondes… »

     

    Odile Tremblay est à Toronto à l’invitation du festival.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires

    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.