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    «Bienvenue à la maison» — Sentiments usinés

    8 septembre 2017 |François Lévesque | Cinéma

    L’absence de chimie entre Alice (Reese Witherspoon) et Harry (Pico Alexander) est si patente que ça en devient fascinant.


    Après l’excellent Wild, mis en scène par Jean-Marc Vallée, puis le succès de la minisérie Little Big Lies, réalisée par le même Vallée pour le compte de HBO, on croyait la comédienne Reese Witherspoon revenue des bluettes insipides (Sweet Home Alabama, Et si c’était vrai…, Quatre Noël) où elle dilapida trop longtemps son talent après des débuts fameux dans des productions autrement plus stimulantes (Freeway, American Psycho, Élection). Eh bien non, en témoigne ce nouveau et insignifiant Bienvenue à la maison (Home Again).

     

    Witherspoon incarne Alice, une mère célibataire qui angoisse à la veille de célébrer son quarantième anniversaire. Que désire-t-elle pour la suite de son existence ? Et qui est-elle, au fond ?

     

    La crise existentielle, pourtant riche de possibles dramaturgiques, est expédiée aussi vite qu’elle est évoquée alors que le scénario introduit — fort maladroitement — l’intrigue concurrente.

     

    Déficit de crédibilité

     

    D’une part, on s’attache au parcours d’Alice, récemment séparée et qui vient d’emménager dans l’hacienda hollywoodienne que lui a léguée son défunt père cinéaste. Tout en s’occupant de ses deux filles, Alice essaie de mettre sur pied une compagnie de décoration.

     

    D’autre part, on assiste aux péripéties professionnelles de trois jeunots venus chercher gloire et fortune à L.A. Sans le sou, ils aboutiront dans la maison d’amis d’Alice.

     

    On a beau se dire qu’il s’agit d’un film dont le niveau de réalité se situe à peine au-dessus de celui d’un conte de fées, on n’arrive jamais à croire qu’un parent laisserait trois inconnus s’immiscer de la sorte dans le quotidien de ses enfants.

     

    Autre aspect problématique : l’acteur Pico Alexander, qui interprète Harry, l’apprenti réalisateur de 26 ans qui s’éprend d’Alice. La situation n’a en soit rien d’exceptionnel : Reese Witherspoon est belle, charismatique, et son regard pétille d’intelligence. Tout le contraire de son partenaire : aucune présence et des yeux de merlan frit. L’absence de chimie entre Witherspoon et Alexander est si patente que ça en devient étrangement fascinant.

     

    Chose certaine, l’idylle entre Alice et Harry, avec le spectre de l’ex (Michael Sheen) en guise de complication accessoire, ne convainc jamais. La vraisemblance, ou plutôt son absence, est toutefois le moindre des problèmes de Bienvenue à la maison.

     

    Le film est, à proprement parler, d’une profonde platitude. Peut-être cet ennui mortifère est-il à blâmer pour le fait que l’as directeur photo Dean Cundey (La chose, Retour vers le futur, Le parc jurassique) ait signé des images aussi peu inspirées.

     

    Curieux constat

     

    Les épisodes convenus s’enchaînent, entrecoupés de petits montages où les acteurs simulent humeurs et sentiments explicités par la musique. On sourit parfois, on bâille le plus souvent.

     

    Pour son premier film, Hallie Meyers-Shyer s’en tient au b.a.-ba de la grammaire cinématographique, peut-être pour avoir été trop gavée des comédies surannées écrites et réalisées par ses parents, Nancy Meyers (Quelque chose d’inattendu, C’est compliqué) et Charles Shyer (Baby boom, Le père de la mariée).

     

    D’ailleurs, la vision qu’elle offre d’Hollywood, où elle a grandi, demeure résolument du côté gentil de la satire. Quant à son héroïne, et sans gâcher la fin pour qui souhaiterait néanmoins voir le film, Hallie Meyers-Shyer ne semble pas être d’avis qu’Alice peut conjuguer amour et connaissance de soi. Comme si on ne pouvait pas aimer et être bien dans sa peau tout à la fois.

     

    Curieux constat pour une comédie romantique.

    Bienvenue à la maison (V.F. de Home Again)
    ★★
    Comédie romantique de Hallie Meyers-Shyer. Avec Reese Witherspoon, Pico Alexander, Jon Rudnitsky, Nat Wolff, Michael Sheen, Candice Bergen, Lake Bell. États-Unis, 2017, 97 minutes.












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