Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous

    La fabrique de rêves du réalisateur Michel Gondry

    Grâce à L’usine de films amateurs de Michel Gondry à Montréal, tout le monde peut se faire son cinéma

    31 août 2017 |Manon Dumais | Cinéma
    Le réalisateur français Michel Gondry dans les décors de son Usine de films amateurs implantée jusqu’au 15 octobre au complexe Dompark
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Le réalisateur français Michel Gondry dans les décors de son Usine de films amateurs implantée jusqu’au 15 octobre au complexe Dompark

    Lancée en 2008, à New York, L’usine de films amateurs (UFA) de Michel Gondry se promène à travers le monde, de Tokyo à Johannesbourg, en passant par Paris et São Paulo. Cette fois, c’est à Montréal qu’elle débarque. Afin de souligner le 375e anniversaire de la métropole, Chromatic accueille ainsi l’UFA au complexe Dompark, ancienne usine textile du quartier Saint-Henri.

     

    Dans un studio comportant 15 décors inspirés des films de Michel Gondry (Du soleil plein la tête, La science des rêves, L’écume des jours) et du Montréal des années 1970, et des costumes fournis par le Costumier, des groupes supervisés par des médiateurs bénévoles auront trois heures pour faire un film de A à Z.

     

    Une fois le film amateur tourné selon la méthode « tourné-monté », l’équipe le regarde et se voit remettre un DVD de son oeuvre. Même pas besoin d’avoir de l’expérience dans le domaine ni d’être un cinéphile averti pour se faire son cinéma.

    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Le studio comporte 15 décors inspirés des films de Michel Gondry et du Montréal des années 1970. 
     

    « Je dirais à la limite que les gens qui sont trop cinéphiles, ou trop techniciens dans la profession, se posent trop de questions et que, finalement, c’est moins bien. C’est-à-dire que plus les gens sont éloignés du milieu, plus ils ont un apport enrichissant et surprenant dans le processus parce qu’il n’y a pas cette notion de vouloir imiter une forme d’expression qui existe déjà. Il y a vraiment une notion d’utiliser l’outil pour raconter des histoires », affirme Michel Gondry, rencontré dans un (décor de) cabaret.

     

    Retour aux sources

     

    Avec ses décors en deux dimensions, ses maquettes et ses paysages défilant sur écran, l’UFA a des airs de terrain de jeu. N’ayant droit qu’à une seule prise par plan, les réalisateurs d’un jour doivent faire preuve d’ingéniosité et de débrouillardise. D’une certaine manière, ils font l’expérience des balbutiements du cinéma, d’une époque où un simple incident, comme la manivelle d’une caméra qui bloque, donnait lieu à unmoment magique.

    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir
     

    « Je viens de regarder la fin du film du premier groupe et il y avait des scènes où l’on voit des gens qui entrent dans le cabaret, et ensuite, on les voit y entrer à nouveau. Dans les films de Méliès, cet élément existait. À l’époque, rien n’était inscrit pour dire que l’action ne devait pas se répéter. Le langage cinématographique s’est fait à la mesure du temps qui passait ; aujourd’hui, on l’a assimilé et on le tient pour acquis », raconte Michel Gondry.

     

    « Il y a eu un avant, juste après la notion de la caméra, où il y avait une liberté de faire tout ce qu’on voulait parce qu’on ne savait pas encore ce qui allait être la méthode la plus efficace pour raconter une histoire. De ce côté-là, L’usine ressemble à Méliès, avec ce côté inventif, mais quand même, Méliès, c’était extrêmement pointu », rappelle-t-il.

     

    Le plaisir de jouer

     

    Si Michel Gondry a eu cette idée de fou de mettre sur pied ce laboratoire, ce n’était pas pour créer de nouveaux cinéastes ou des chefs-d’oeuvre impérissables. « Je fais attention à ne pas dire que je prétends faire de l’art. Au début, j’ai un peu montré L’usine comme étant une oeuvre d’art en soi et je me suis fait un peu casser. Le monde de l’art contemporain est quand même très élitiste. »

     

    En fait, ce concept de création lui est venu sur le plateau du film Soyez sympas, rembobinez, où Jack Black et Mos Def incarnaient des commis d’un vidéoclub qui faisaient des remakes de films-cultes avec des bouts de ficelle, et en se rappelant le plaisir qu’il avait à tourner des films avec ses frères, ses cousins et ses amis quand il était adolescent.

     

    « L’idée, c’était de faire un système qui produit des films sans qu’on y prête attention, en s’amusant. C’est pas des vrais films, mais des films pour ceux qui les font. Il n’y a pas de plateforme pour les voir, car ce n’est pas fait pour ça ; la plateforme, c’est L’usine. J’ai créé cette usine pour démontrer une chose : que les gens avaient de la créativité, qu’ils pouvaient se gérer eux-mêmes s’ils étaient intéressés par le résultat. Ce que je remarque, c’est que si chaque film est différent, l’enthousiasme, l’inventivité et la créativité sont les mêmes partout », conclut Michel Gondry.

    En conversation avec Michel Gondry au Centre Phi, Espace A, ce jeudi à 18 h. L’usine de films amateurs de Michel Gondry à Montréal, au complexe Dompark du 1er septembre au 15 octobre.












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires

    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.